Yacht
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[modifier] Littérature
[modifier] Prose poétique
[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927
Le nouveau corsaire vêtu d’un smoking est à l’avant de son yacht rapide qui de son sillage blanc singeant les princesses des cours périmées, heurte dans sa course tantôt le corps des naufragés errant depuis des semaines, tantôt, enveloppé d’un ridicule drapeau, le corps de celui qui décéda avant d’arriver au port [...], tantôt la troublante arête-squelette d’une sirène défunte pour avoir, une nuit, traversé sans son diadème de méduses les eaux d’une tempête éclairées par un phare puissant perdu loin des côtes et proie des oiseaux fantômes.
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La liberté ou l'amour ! (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), IV. La brigade des jeux, p. 39
[modifier] Récit de voyage
[modifier] Guy de Maupassant, La Vie errante, 1890
La Côte italienne
En revenant à bord du yacht j’aperçois tout à coup, le long du quai, dans une balancelle napolitaine, sur une immense table tenant tout le pont, quelque chose d’étrange comme un festin d’assassins. Sanglants, d’un rouge de meurtre, couvrant le bateau entier d’une couleur et, au premier coup d’œil, d’une émotion de tuerie, de massacre, de viande déchiquetée, s’étalent, devant trente matelots aux figures brunes, soixante ou cent quartiers de pastèques pourpres éventrées.
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La Vie errante, Guy de Maupassant, éd. P. Ollendorff, 1890, La Côte italienne, p. 29