Voyage

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Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou professionnel (affaires). Le voyage s'est considérablement développé et démocratisé, au cours du XXe siècle avec l'avènement de moyens de transports modernes et de plus en rapides et confortables, le chemin de fer d'abord, puis l'automobile et l'avion.

Littérature[modifier]

Albert Caraco[modifier]

À quoi bon voyager ? […] Nous verrons en tout lieu la contrefaçon de l'Europe, les monuments aux morts, l'adoration plus ou moins perpétuelle du drapeau, les foules qui se donnent en spectacle et qui défilent devant elles-mêmes, le labyrinthe des bureaux emplis de bureaucrates soucieux de compliquer la vie pour légitimer leur présence, nous verrons en tout lieu des hommes avortés, moins hommes que nos singes, Européenns de pacotille et qui nous dégoûteront de nous-mêmes. A quoi bon voyager ?


Claude Lévi-Strauss[modifier]

Un voyage s'inscrit simultanément dans l'espace, dans le temps, et dans la hiérarchie sociale. Chaque impression n'est définissable qu'en les rapportant solidairement à ces trois axes, et comme l'espace possède à lui seul trois dimensions, il en faudrait au moins cinq pour se faire du voyage une représentation adéquate.


Charles Baudelaire[modifier]

Les foules

Il n'est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art ; et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain, une ribote de vitalité, à qui une fée a insufflé dans son berceau le goût du travestissement et du masque, la haine du domicile et la passion du voyage.


Victor Hugo[modifier]

Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant.


Marcel Proust[modifier]

Le seul véritable voyage, le seul bain de jouvence, ce ne serait pas d'aller vers de nouveaux paysages, mais d'avoir d'autres yeux.

  • Propos recueillis par Serge Sanchez concernant le dernier roman de Jean-Claude Guillebaud, La Traversée du monde — Guillebaud cite ici un passage de La Prisonnière de Marcel Proust parut à titre posthume en 1925.
  • « « Le voyage contraint à ne pas tricher » », Jean-Claude Guillebaud, Le Magazine Littéraire, nº 493, Janvier 2010, p. 35


Alexandre Najjar[modifier]

Comme la lecture, l’écriture est un voyage.

  • Kadicha, Alexandre Najjar, éd. Plon, 2011, p. 13


Jean Raspail[modifier]

On les appelait voyageurs, ou engagés du grand portage. Par les fleuves, les lacs, les rivières qui formaient une trame naturelle dans l'immensité nord-américaine, au XVIIe et XVIIIe siècles, convoyant à bord de leurs canots des explorateurs et des missionnaires, des marchands ou des officiers du roi, des soldats en tricorne gris des compagnies franches de la Marine, des pelleteries, des armes, des outils, renouvelant jour après jour, les mains crochées sur l'aviron, des exploits exténuants, ils donnèrent à la France un empire qui aurait pu la contenir sept fois. A chacun de leurs voyages, ils en repoussaient encore les frontières, vers le nord-ouest, vers l'ouest, vers le sud.

  • Incipit
  • En canot sur les chemins d'eau du roi, Jean Raspail, éd. Albin Michel, 2005 (ISBN 2-226-16824-9), p. 9


Sylvain Tesson[modifier]

Un soir, avec Gras, nous nous retrouvâmes sur le pont avant. Des baleines soupiraient à la proue du bateau, nageaient mollement, roulaient sur le côté : la vie des gros.
– Il faut renouer avec le voyage, mon vieux. J'en ai marre de cette croisière de Mormons, dis-je.
– Un vrai voyage, c'est quoi ? dit-il.
– Une folie qui nous obsède, dis-je, nous emporte dans le mythe ; une dérive, un délire quoi, traversé d'Histoire, de géographie, irrigué de vodka, une glissade à la Kerouac, un truc qui nous laissera pantelants, le soir, en larmes sur le bord d'un fossé. Dans la fièvre...


Philosophie[modifier]

Roger-Pol Droit[modifier]

N'importe quel voyage fait que les choses changent : matières, fonctions, emplacements, manières d'être. Petites différences, décalages infinitésimaux, qui font que l'on est ailleurs.

  • Dernières nouvelles des choses, Roger-Pol Droit, éd. Odile Jacob, 2003, p. 178


Sciences exactes[modifier]

Physique[modifier]

Paul Virilio[modifier]

Ce qui est venu avec l'engin rapide ce ne sont même plus les hasards du voyage, c'est la surprise de l'accident […].

  • Esthétique de la disparition (1989), Paul Virilio, éd. Galilée, coll. folio essais, 1994, p. 109


Articles connexes[modifier]

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