Vieille

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[modifier] Littérature

[modifier] Nouvelle

[modifier] Joyce Mansour, Infiniment... sur le gazon, 1963

« Tu aurais pu attendre de me mettre en terre avant de me narguer comme ça, tous les jours à l'heure de la sieste. Moi qui n'ai jamais regardé un autre homme que ton père », disait-elle quand je me levais précipitamment sans entamer le dessert pour appeler l'ascenseur, répondre au téléphone, fermer la fenêtre, m'habiller, me déshabiller, m'agiter enfin en attendant l'arrivée bruyante de mon amant. La vieille se plaignait mais, le moment venu, c'était toujours elle qui ouvrait la porte à Arnaud. Bégayante, la langue alourdie par une épaisse couche de honte, ma mère aux jambes de crapaud et sexe à grosses mailles ne pouvait s'empêcher de le saluer avec le cérémonial dû à un roi. « Elle se surpasse, ta vieille », dit Arnaud le jour où elle lui offrit spontanément là, dans l'entrée, sous la lampe en fer forgé et le portrait du général, la pipe et les pantoufles de mon père. Geste qui n'empêcha nullement celui-ci de se promener, vêtu seulement des cuisses poilues de sa brune compagne drapées artistiquement autour de son cou et, de son éternelle cigarette, vite allumée, salement éteinte, jamais posée sans intention de faire mal, nu sous les yeux horrifiés de ma mère.

  • « Infiniment... sur le gazon », Joyce Mansour, La Brèche, nº 4, Février 1963, p. 62


[modifier] Charles Bukowski, Nouveaux contes de la folie ordinaire, 1967

La Grand défonce

Et puis tu regardes la vieille peau : sans dents, sans yeux, sans cervelle, sans âme, sans cul, sans bouche, sans couleur, sans nerfs, sans rien, rien qu'un bâton, et tu te demandes ce que son thé, ses biscuits, son église et son petit pavillon ont fait pour ELLE.


[modifier] Prose poétique

[modifier] Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924

J'ai vu de loin s'avancer les belles millionnaires avec leur caravane de chameaux galonnés porteurs d'or. Je les ai attendues, impassible et tourmenté. Avant même de m'atteindre, elles se transformèrent en petites vieilles poussiéreuses et les chameliers en ganaches.


L'espace d'une minute je considérai les différents aspects de cette importante question, j'évoquai les vieilles femmes des côtes réduites à rechercher la compagnie des hippocampes et qui, lorsque l'étreinte a été trop longue, remontent lentement à la surface. Les molitors les repêchent à l'aube et cela fait une tombe de plus et une femme de moins.


[modifier] Roman

[modifier] Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900

La Foscarina regarda la rieuse avec étonnement, car elle l’avait oubliée ; et cette femme, assise là sur ce banc de pierre jauni par les lichens, avec ces mains tordues, avec cette scintillation d’or et d’ivoire entre les lèvres minces, avec ces petits yeux glauques sous les paupières flasques, avec cette voix enrouée et ce rire clair, la fit penser à une de ces vieilles fées palmipèdes qui vont par la forêt suivies d’un crapaud obéissant.

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. II. L'empire du silence, p. 733
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