Vérité
La vérité (du latin vērĭtatem, accusatif de vērĭtas, « vérité », dérivé de verus, « vrai ») est la qualité de ce qui est vrai.
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[modifier] Enseignement
[modifier] Cours d'histoire philosophique de la pensée
[modifier] Michel Foucault, « Il faut défendre la société » — Cours au Collège de France, 1976
Il n'y a pas d'exercice du pouvoir sans une certaine économie des discours de vérité fonctionnant dans, à partir de et à travers ce pouvoir. Nous sommes soumis par le pouvoir à la production de la vérité et nous ne pouvons exercer le pouvoir que par la production de la vérité.
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« Il faut défendre la société », Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. Hautes Etudes, 1997 (ISBN 978-2-02-023169-5), Cours du 14 janvier 1976, p. 22
Pour marquer simplement non pas le mécanisme même de la relation entre pouvoir, droit et vérité, mais l'intensité du rapport et sa constance, disons ceci : nous sommes astreints à produire la vérité par le pouvoir qui exige cette vérité et qui en a besoin pour fonctionner ; nous avons à dire la vérité, nous sommes contraints, nous sommes condamnés à avouer la vérité ou à la trouver. Le pouvoir ne cesse de questionner, de nous questionner ; il ne cesse d'enquêter, d'enregistrer ; il institutionnalise la recherche de la vérité, il la professionnalise, il la récompense. Nous avons à produire la vérité comme, après tout, nous avons à produire des richesses, et nous avons à produire la vérité pour pouvoir produire des richesses. Et d'un autre côté, nous sommes également soumis à la vérité, en ce sens que la vérité fait loi ; c'est le discours vrai qui, pour une part au moins, décide ; il véhicule, il propulse lui-même des effets de pouvoir.
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« Il faut défendre la société », Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. Hautes Etudes, 1997 (ISBN 978-2-02-023169-5), Cours du 14 janvier 1976, p. 22
C'est l'appartenance à un camp — la position décentrée — qui va permettre de déchiffrer la vérité, de dénoncer les illusions et les erreurs par lesquelles on vous fait croire — les adversaires vous font croire — que l'on est dans un monde ordonné et pacifié. « Plus je me décentre, plus je vois la vérité ; plus j'accentue le rapport de force, plus je me bats, plus effectivement la vérité va se déployer devant moi, et dans cette perspective de combat, de la survie ou de la victoire. »
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« Il faut défendre la société », Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. Hautes Etudes, 1997 (ISBN 978-2-02-023169-5), Cours du 21 janvier 1976, p. 45
Ou la vérité donne la force, ou la vérité déséquilibre, accentue les dissymétries et fait pencher finalement la victoire d'un côté plutôt que de l'autre : la vérité est un plus de force, tout comme elle ne se déploie qu'à partir d'un rapport de force.
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« Il faut défendre la société », Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. Hautes Etudes, 1997 (ISBN 978-2-02-023169-5), Cours du 21 janvier 1976, p. 46
[modifier] Histoire
[modifier] John Dickie, Cosa Nostra — La mafia sicilienne de 1860 à nos jours, 2004
Tommaso Buscetta a beaucoup insisté sur l'importance d'une règle spécifique de Cosa Nostra, règle ayant trait à la vérité. Grâce à lui, nous savons maintenant que la vérité est une denrée particulièrement précieuse et dangereuse pour les mafiosi. Quand un homme d'honneur est initié par la mafia sicilienne, il jure, entre autres, de ne jamais mentir à d'autres initiés, qu'ils soient ou non membres de la même Famille. Un homme d'honneur qui a menti s'aperçoit très vite qu'il a pris un raccourci vers le bain d'acide. Cependant, un mensonge bien déguisé peut se révéler une arme puissante dans la guerre permanente pour le pouvoir qui se livre à l'intérieur de l'organisation. Le résultat est simple : une paranoïa aiguë.
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Cosa Nostra — La mafia sicilienne de 1860 à nos jours, John Dickie (trad. Anne-Marie Carrière), éd. Perrin, coll. Tempus, 2007 (ISBN 978-2-262-02727-8), partie Introduction, p. 30
[modifier] Littérature
[modifier] Critique
[modifier] Charles-Augustin Sainte-Beuve, Mes Poisons, 1926
Si l'on se mettait à se dire tout haut les vérités, la société ne tiendrait pas un seul instant ; elle croulerait de fond en comble avec un épouvantable fracas comme le temple des Philistins sous les bras de Samson, comme ces galeries souterraines des mines ou ces passages périlleux des montagnes où il ne faut pas élever la voix sous peine d'avalanches.
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Mes Poisons, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. La Table Ronde, 2006 (ISBN 2-7103-2862-3), chap. I. En guise de préface, p. 9
Anecdotes sur Chateaubriand et ses deux Floridiennes, sur Byron et ses deux Albanais.
Oserai-je jamais moi-même imprimer cela ? Quand on arrive à une certaine note de vérité, on offense les gens jusqu'à les faire crier : ils vous lapideraient, s'ils pouvaient.
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Mes Poisons, Charles-Augustin Sainte-Beuve, éd. La Table Ronde, 2006 (ISBN 2-7103-2862-3), chap. III. Jugements divers, p. 30
[modifier] Essai
[modifier] André Gide, Ainsi soit-il ou Les Jeux sont faits, 1952
Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent.
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Ainsi soit-il ou Les Jeux sont faits, André Gide, éd. Gallimard, 1952, p. 174
Citation choisie citation du jour pour le 10 avril 2010.
[modifier] Manifeste
[modifier] René Crevel, Note en marge du jeu de la vérité, 1934
Au jeu surréaliste de la vérité, alors que, de part et d’autre, le manque de retenue est la règle que nulle ombre d’exception ne saurait venir confirmer, l’interrogé mettra d’autant moins de réticence à répondre que l’interrogateur aura visé, avec une plus minutieuse et lucide cruauté, le point entre tous sensible, parmi l’enchevêtrement des rapports physiques et des faits concrets aptes à surprendre sinon à choquer l’auditoire. Les premières confidences serviront de tenailles pour taillader les fils de fer barbelés de l’inhibition.
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« Note en marge du jeu de la vérité », René Crevel, Documents 34, nº 20, Avril 1934, p. 21
Il faut qu’il y ait tremblement de terre et d’heures. Il ne suffit donc pas de chronométrer, d’arpenter l’anecdote. Dire la vérité, c’est non seulement rendre compte des actes qui ont trouvé leurs dimensions à la fois précises et mouvantes dans le temps et l’espace, mais c’est aussi, c’est surtout laisser deviner quels seraient les fruits du désir enfin rendu au soleil d’une liberté objective et s’y riant des scrofules, des hontes, des peurs, des déviations subjectives, à quoi toujours condamne la nécessité aveugle tant qu’elle n’est pas connue.
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« Note en marge du jeu de la vérité », René Crevel, Documents 34, nº 20, Avril 1934, p. 21
La nuit, de son phosphore, nourrit le soleil du jour à naître. Déterminateur non moins que déterminé, le rêve, dans les labyrinthes de ses volutes les plus particulières, désigne leurs chemins aux vérités générales, aux décisions qu’elles commandent.
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« Note en marge du jeu de la vérité », René Crevel, Documents 34, nº 20, Avril 1934, p. 23
[modifier] Poésie
[modifier] René Char, Fureur et mystère, 1948
Le Météore du 13 août
Ma convoitise est infinie. Rien ne m'obsède que la vie.
Étincelle nomade qui meurt dans son incendie.
Aime riveraine. Dépense ta vérité. L'herbe qui cache l'or de ton amour ne connaîtra jamais le gel.
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Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie LE POEME PULVERISE (1945-1947), Le Météore du 13 août, p. 203
[modifier] Prose poétique
[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924
La vérité s'appuie sur les joncs mathématiques de l'infini et tout s'avance à l'ordre de l'aigle en croupe, tandis que le génie des flotilles végétales frappe dans ses mains et que l'oracle est rendu par des poissons électriques fluides.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 4, p. 39
[modifier] Joyce Mansour, Dolman le maléfique, 1961
Sans remords et sans repos, il ne se fatiguait jamais de lui-même ; il aplatissait ses prunelles sur chaque centimètre de son corps interchangeable et soupirait de bonheur tant il trouvait profonde sa vérité. Son désir coulait en longues rigoles meurtrières vers la victime du moment qui finissait toujours par se démener à ses pieds dénuée de pudeur et prête, sous ses yeux impitoyables, oui, prête, mais sans vainqueur. Alors Dolman riait silencieusement.
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« Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 49
[modifier] Roman
[modifier] André Pieyre de Mandiargues, La Marge, 1967
Mêlé à la cohue, Sigismond est entré dans ce qui lui paraît une sorte de corridor à ciel ouvert, le ciel comme un ruban d'obscurité au-dessus de la violente illumination des baies latérales. Épaves est le nom que parfois l'on donne aux bestiaux égarés, il s'est souvenu de cela en voyant dériver les hommes de la bouche d'un bar à celle d'une cafétéria, à celle d'un couloir d'estaminet, à celle d'une impasse, à celle d'un autre bar, et si les hommes vont au Robador avec l'illusion d'être des chasseurs à la recherche de proies, la vérité, se dit-il, est plutôt qu'ils sont eux-mêmes à prendre et que leur démarche flottante les offre sans déni au licou. N'est-ce pas leur meilleur plaisir que de s'exposer ou de se proposer à l'agression féminine ?
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La Marge, André Pieyre de Mandiargues, éd. Gallimard, coll. Folio, 1967 (ISBN 2-07-037294-4), chap. II, p. 65
[modifier] Orson Scott Card, La Stratégie Ender, 1985
Parfois, il était plus facile de se fier aux mensonges qu'à la vérité.
- (en) Sometimes lies were more dependable than the truth.
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La Stratégie Ender, Orson Scott Card (trad. Daniel Lemoine), éd. Librairie Générale Française, 1989 (ISBN 2-253-05004-0), p. 12 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Amin Maalouf, Léon l'Africain, 1986
Que ceux qui détiennent la vérité la relâchent !
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Léon l'Africain, Amin Maalouf, éd. Le livre de poche, 1986, p. 432 (texte intégral sur Wikisource)
Citation choisie citation du jour pour le 13 août 2010.
[modifier] Théâtre
[modifier] Jean Cocteau, La Machine infernale, 1934
Anubis : Beaucoup d'hommes naissent aveugles et ils ne s'en aperçoivent que le jour où une bonne vérité leur crève les yeux.
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La Machine infernale, Jean Cocteau, éd. Livre de poche, 1962, p. 77
[modifier] Bertolt Brecht, La Vie de Galilée, 1938
Galilée : […] qui ne connaît la vérité n’est qu’un imbécile. Mais qui, la connaissant, la nomme mensonge, celui-là est un criminel !
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La Vie de Galilée, Bertolt Brecht (trad. Éloi Recoing), éd. L’Arche, 1990 (ISBN 2-85181-248-3), scène 9, p. 85-86
[modifier] Médias
[modifier] Presse
[modifier] Littérature, Enquête — Pourquoi écrivez-vous ?, 1920
J'écris : 1° pour posséder.
Posséder la vérité des choses apparue à mes sens et à ma raison. En exprimant cette vérité, je la fais mienne, mes vues sont le lien qui la rassemble. Dans Aristote cela se nomme imitation. Il faut en concevoir l'essentiel. Imiter c'est recréer l'objet, partant s'en emparer autant qu'il se puisse concevoir. C'est un plaisir incomparable, un attrait souverain, auquel deux causes ont part : l'intelligence de l'objet, son rendu ; l'une est lumière, l'autre puissance ; la seconde trouvant dans la première son guide, la première trouvant dans la seconde son épreuve et son complément. Corot disait : Oh ! la belle vache ; je vais la peindre. Crac ! la voilà.
2° pour persuader.
Le vrai des choses entré dans l'intelligence, l'objet fait esprit, devient communicable. Nécessairement il tend à se communiquer. L'universel de la pensée qui l'informe est comme un ressort qui pousse à l'infini. Tous les hommes sont appelés à jouir de ce que je possède. Nouvelle épreuve des lumières qui président à l'imitation, nouvel exercice de la puissance qu'elle suppose. Persuader dérive de posséder. Il en est la suite nécessaire ; il procède du même attrait. Ceux qui les séparent, qui dépeignent le plaisir d'écrire comme indépendant de l'approbation, prennent un trait d'orgueil ou de dépit pour l'essence des choses.
Tel est le goût d'écrire, tel en est le démon. Des deux causes que je viens de dire, dans un sens général, on peut nommer la première poésie, la seconde aura nom éloquence. L'une donne naissance à l'art en soi, la seconde en répand l'effet.
- Louis Dimier donne suite à une enquête concernant son statut d'écrivain menée par le mensuel surréaliste Littérature, ce sur plusieurs numéros.
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« Notre enquête — Pourquoi écrivez-vous ? », Louis Dimier, Littérature, nº 11, Décembre 1920, p. 22
[modifier] Philosophie
[modifier] Denis Diderot, Pensées philosophiques, 1746
On doit exiger de moi que je cherche la vérité, mais non que je la trouve.
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Pensées philosophiques, Denis Diderot, éd. -, 1746, p. 49
[modifier] Friedrich Engels, Anti-Dühring, 1878
Si jamais l'humanité en arrivait à ne plus opérer qu'avec des vérités éternelles, des résultats de pensée ayant une validité souveraine et un droit absolu à la vérité, cela voudrait dire qu'elle est au point où l'infinité du monde intellectuel est épuisée en acte comme en puissance, et ainsi accompli le fameux prodige de l'innombrable nombré.
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Anti-Dühring, Friedrich Engels (trad. Emile Bottigelli), éd. Editions sociales, 1971, chap. IX. La morale et le droit. Vérités éternelles, p. 118
[modifier] Gaston Bachelard, La Philosophie du non, 1940
Pour que nous ayons quelque garantie d'être du même avis, sur une idée particulière, il faut, pour le moins, que nous n'ayons pas été du même avis. Deux hommes, s'ils veulent s'entendre vraiment, ont dû d'abord se contredire. La vérité est fille de la discussion, non pas fille de la sympathie.
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La Philosophie du non, Gaston Bachelard, éd. PUF, 1962, p. 134
[modifier] Propos de moralistes
[modifier] Marcel Jouhandeau, De l'abjection, 1939
Mais la notion de la vérité s'est tellement abaissée que si vous dites la vérité, on vous accuse de vouloir étonner ou scandaliser. Ce qui manque à l'esprit, c'est la hardiesse et la nuance, l'une excluant l'autre ; et l'une et l'autre sont nécessaires à l'appréhension et à l'expression de la vérité.
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De l'abjection, Marcel Jouhandeau, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 2006 (ISBN 2-07-07743-X), p. 26
[modifier] Psychanalyse
[modifier] Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010
Libertinage et prédation
La position affectionnée par le prédateur est celle d' initiateur. Les jouissances qu'il propose sont : sauver l'honneur, atteindre un progrès dans sa carrière, une place dans la société, sortir de sa « médiocrité », obtenir un bénéfice au niveau de l' ego en somme.
Il prétend dévoiler « une vérité sur lui-même à son élève » (Baranger et al.). Son action s'accompagne d'un discours où il disqualifie la morale commune et vante les avantages narcissiques, libidinaux et matériels, des options illicites.
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Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie II. Libertinage et prédation, chap. Invitation à la débauche, L'initiateur corrupteur. Anatomie du discours, p. 136
[modifier] Psychologie
[modifier] Paul-Claude Racamier, Pensée perverse et décervelage, 1992
Préambule
Des sujets qui, plutôt que de souffrir des peines ordinaires, font souffrir des tourments extraordinaires au moi des autres ; [...] des noyaux pervers gâchant tout alentour les charmes de la libido et les vertus de la vérité ; une pensée s’exerçant à tarir le courant de la pensée : rien de plus contraire à l’esprit de la psychanalyse, rien de plus difficile à comprendre ; et pourtant rien de plus important à connaître dans les rouages interpsychiques des familles, des institutions, des groupes et même des sociétés.
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Pensée perverse et décervelage, 1992, Préambule, dans [1], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.
De la pensée perverse au désordre de pensée
Envers la vérité en général et toute vérité en particulier la pensée perverse use d’une remarquable désinvolture. Plus que quiconque peut-être, nous sommes, nous autres psychanalystes, des têtes chercheuses de vérité : de vérité psychique [...].
De tels efforts sont dérisoires au regard de la pensée perverse. Vérité ou mensonge, peu lui importe : c’est l’efficience qui compte : il s’agit seulement, et en toute « innocence », de savoir si les dires sont crédibles, et s’ils vont passer la rampe. Pour le pervers, ce qui est dit est vrai, et ce qui n’est pas dit n’est pas vrai.
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Pensée perverse et décervelage, 1992, De la pensée perverse au désordre de pensée, dans [2], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.
Noyaux pervers
[...] si habile en discrédits que soit un pervers, il finit un jour par se discréditer lui-même. Aidons-le : un bon coup de pouce. La vérité, disions-nous, n’a qu’un filet de voix, mais il est irrésistible : et voici qu’enfin, telle une rivière résurgente, elle refait surface. Il faut l’entendre.
Le moment est venu pour l’institution de se mobiliser dans un sursaut de santé.
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Pensée perverse et décervelage, 1992, Noyaux pervers Le noyau mis en scène, dans [3], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.
[...] je pense, oui je pense avec force et avec ténacité à la victoire de la vérité qui se libère sur les mensonges qui purulent ; de l’authentique sur le toc ; de la connaissance qui se gagne sur l’imbécillité qui se pavane ; et des charmes de la créativité libidinale sur les miasmes inféconds de la perversité.
Oui, je pense avec ferveur à la qualité de l’esprit.
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Pensée perverse et décervelage, 1992, Noyaux pervers Lever de rideau sur un final, dans [4], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.