Traumatisme
Un traumatisme désigne un évènement le plus souvent grave vécu par le sujet mais qui reste inintégrable ou inassimilable par celui-ci.
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[modifier] Psychanalyse
[modifier] Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010
Libertinage et prédation
Dans les familles, la dépendance et la vulnérabilité sont « naturelles » ; l'adulte en tire profit. Il est question que la victime sente sa dépendance et l'exagère si nécessaire. La vulnérabilité serait soulignée en « rappelant » qu'elle existe depuis « toujours ». Le pervers-narcissique n'aime pas prononcer le mot traumatisme, car celui-ci suppose une circonstance, le hasard de rencontres fortuites. Il faut que toute expérience de vie apparaisse difficile pour la victime car pour elle, c'est dans sa nature de se trouver fragile.
Une autre vulnérabilité y est rattachée : sa dépendance du regard social ; la victime a une estime de soi en quête de complétude et de confirmation. Le pervers fera le nécessaire pour faire croire que sa compagnie est la meilleure garantie pour renforcer son moi.
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Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie II. Libertinage et prédation, chap. Psychopathologie du prédateur et de sa famille, La naissance du concept de prédation morale, p. 122
[modifier] Psychologie
[modifier] Jean Gortais, Processus de la schizophrénie, 2002
[...] l'accès hystérique traduit avant tout une mise en échec des défenses du moi par l'entremise envahissante du souvenir traumatique, à la différence de l'hystérie de conversion et de la névrose de contrainte qui parviennent à déconnecter l'affect et la représentation.
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Processus de la schizophrénie (2002), Catherine Azoulay/Catherine Chabert/Jean Gortais/Philippe Jeammet, éd. Dunod, coll. Psycho Sup, 2002 (ISBN 2-10-004780-9), chap. I « Approche historique d'une psychopathologie psychanalytique de la schizophrénie (Jean Gortais) », 4. Narcissisme et perte de réalité, p. 16
[modifier] Marie Anaut, La Résilience — Surmonter les traumatismes, 2003
La résilience évoque la récupération après un traumatisme. Elle fait référence à la capacité humaine de se confronter, intégrer et être transformé par les expériences aversives.
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La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), Introduction, p. 7
Au premier abord, la résilience peut se définir comme un processus dynamique qui implique la réorganisation psychique après un traumatisme et permet le développement normal en dépit des risques. Il s'agit de sortir vainqueur d'une épreuve qui aurait pu être traumatique, mais, la résilience ne se résume pas à une procédure adaptative face au danger. Elle implique que le sujet puisse se reconstruire et reprendre un développement malgré l'adversité, ce qui suppose le ressaisissement de soi après un traumatisme.
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La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), Introduction, p. 7
La mise en évidence de phénomène réputé résilient ne signifie pas que la souffrance du sujet soit négligée ou négligeable. Les individus résilients ne sont pas invulnérables et conservent une cicatrice de leurs blessures. En fait, le sujet qui a été blessé va reprendre un autre type de développement et pourra garder trace du traumatisme, sans pour autant être anéanti par les effets délétères.
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La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), Introduction, p. 9
Dans la même lignée que les observations réalisées sur le stress, certains auteurs distinguent les réactions qui suivent des traumatismes uniques, de celles consécutives à des traumatismes répétés. Dans ce dernier cas, il semble que, loin de se sédimenter chez tous les individus, la répétition les conduirait à une sorte d'habituation aux événements traumatiques, se traduisant par une diminution des réactions de stress. Ainsi certains auteurs considèrent que chaque épreuve surmontée avec succès améliore la capacité de l'individu de faire face à l'épreuve suivante.
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La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), partie 1. De la vulnérabilité à la résilience, chap. 2. Vulnérabilité, stress et traumatismes, 2.2 Stress et variabilité individuelle, p. 20
Il y aura traumatisme lorsque le moi se trouve submergé par une intensité émotionnelle qui dépasse les possibilités d'intégration psychique ; lorsque les mécanismes de défense mobilisables ne sont plus suffisants pour préserver le sujet. Le moi pourra ainsi se trouver désorganisé par l'intensité émotionnelle d'un événement brutal. Mais il le sera tout autant (De Tychey, 2001) face à des carences répétées, ou à une accumulation d'événements adverses ou d'éprouvés d'angoisse qui, par leur adjonction, confèrent une intensité traumatique au contexte de vie. La vulnérabilisation peut donc résulter de la rencontre avec un traumatisme, unique ou multifactoriel, dont l'intensité met à mal le moi du sujet et ses capacités de réponse.
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La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), partie 1. De la vulnérabilité à la résilience, chap. 2. Vulnérabilité, stress et traumatismes, 2.3 Vulnérabilité, traumatisme et vulnérabilisation, p. 21
Nous pouvons dire que la résilience fait référence aux ressources développées par une personne, un groupe ou une communauté, pour tolérer et dépasser les effets délétères ou pathogènes des traumatismes et vivre malgré l'adversité, en gardant une qualité de vie avec le moins de dommage possible.
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La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), partie 2. A la rencontre de la résilience, chap. 1. Emergence du concept de résilience, 1.1 Définitions de la résilience, p. 35
La métaphore de l'huître perlière illustre bien comment, parfois, c'est à partir d'une expérience souffrante que l'on peut actualiser des forces demeurées jusqu'alors latentes et inconnues. La résilience apparaît ainsi comme résultant d'un processus paradoxal dans lequel la confrontation au traumatisme et la blessure viennent étayer la créativité.
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La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), partie 2. A la rencontre de la résilience, chap. 6. Métaphores et illustrations de la résilience, 6.2 L'oxymoron du «merveilleux malheur» (Cyrulnik), p. 54
[...] le coping s'apparente plus à la première phase de la résilience, qui est centrée surtout sur des mécanismes adaptatifs, alors que le processus de résilience s'effectue au terme de la seconde phase qui implique l'intégration du traumatisme et la réparation.
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La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), partie 3. Articulations théoriques de la résilience, chap. 1. Concepts associés à la résilience et approches connexes, 1.7 Coping et résilience : convergences et différences, p. 64
[...] si certains individus face à l'adversité semblent rendus vulnérables par l'exposition aux traumas, d'autres vont se construire dans la résilience et sortir renforcés par l'expérience traumatique qui leur donne un regain d'énergie, un ressort psychologique. On peut dire que par le traumatisme le sujet entre en résilience.
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La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), partie 3. Articulations théoriques de la résilience, chap. 4. Approches psychodynamiques et processus intrapsychiques, 4.2 Variabilité des réponses face aux traumas, p. 81
D'un point de vue clinique, l'événement ou la situation pathogène entraînent une perturbation chez le sujet ; ce qui peut se traduire par un dysfonctionnement du Moi, dans le sens que le trauma déclenche un conflit dans le Moi. La force du Moi sera liée à la capacité du sujet à mettre en place des mesures défensives face à cette effraction émotionnelle. Ainsi toute blessure physique ou morale ne peut systématiquement être assimilé à un traumatisme avec des répercussions à long terme. Il y aura traumatisme durable, lorsque l'excès d'excitation déborde les capacités de liaisons représentatives et de pensées de l'appareil psychique. Le traumatisme et la résilience dépendront donc, chez l'individu, de sa capacité à faire des liaisons représentatives permettant de dépasser le conflit psychique.
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La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), partie 3. Articulations théoriques de la résilience, chap. 4. Approches psychodynamiques et processus intrapsychiques, 4.3 Théories dynamiques de la résilience et contextes traumatogènes, p. 81
[modifier] François Marty, Les grands concepts de la psychologie clinique, 2008
Les états limites
Pour J. Bergeret (1975), il existe une structure névrotique, une structure psychotique et une voie a-structurelle constituant l'état limite. Ce défaut de structuration provient d'un traumatisme affectif précoce, réel et désorganisant empêchant l'accès à l'oedipe et entravant, par conséquent, la constitution du surmoi. Après une pseudo-latence prolongée, sorte d'aménagement du moi cherchant à limiter les effets du traumatisme, le sujet va s'installer dans un « tronc commun aménagé » dont les caractéristiques sont l'angoisse de perte d'objet, la relation d'objet anaclitique et le clivage du moi. En dehors des désorganisations aiguës, l'évolution du tronc commun se fait le plus souvent vers deux types d'aménagements relativement stables : l'aménagement caractériel et l'aménagement pervers.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 3 Les conceptions des principaux courants psychanalytiques contemporains, p. 235
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