Toute-puissance
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[modifier] Littérature
[modifier] Prose poétique
[modifier] René Char, Fureur et mystère, 1948
Partage formel
Ce dont le poète souffre le plus dans ses rapports avec le monde, c'est du manque de justice interne. La vitre-cloaque de Caliban derrière laquelle les yeux tout-puissants et sensibles d'Ariel s'irritent.
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Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), Partage formel, p. 65
[modifier] Psychanalyse
[modifier] Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010
Libertinage, le plaisir et la joie
[Le pervers] sait se servir de la flatterie narcissique car il sait par expérience combien les humains en son friands, et capables de se dépouiller de ce qu'ils chérissent pourvu qu'ils obtiennent un surplus d'adulation ou approchent des personnes en vue. [Il] se présente lui-même comme supérieur, quoiqu'en réalité il nourrisse sa toute-puissance du décalage entre son autosuffisance affichée et le manque d'estime de soi chez la victime. Ses agissements tendent précisément à accentuer ce décalage.
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Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Les libertins sont-ils des pervers ?, Bornes et étendue de la perversion, p. 20
[modifier] Psychologie
[modifier] Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, Les Perversions sexuelles et narcissiques, 2005
Perversions narcissiques
« Dérive » manipulatoire de la séduction narcissique, la perversion narcissique appartient à un registre plus public (familial, social) que la perversion sexuelle, d'ordre plus privé. Les manoeuvres semant la confusion dans l'esprit de l'autre relèvent d'un registre de disqualification des sensations, des émotions ou des pensées de l'autre, victime de la séduction perverse qui « l'enferme » dans la toute-puissance du pervers. Chez la victime, cette disqualification des émotions et de la pensée crée une « dé-fantasmatisation », une « désymbolisation » et détruit les différences entre les registres psychiques, créant une confusion sur laquelle « joue » le pervers narcissique.
Ces disqualifications apparaissent volontiers dans le champ de la communication, de l'omission de qualification (une mère se plaint que son enfant ne fait pas de sport, s'il en fait, elle dit alors qu'il ferait mieux de faire de la musique), de la surestimation narcissique mensongère de l'objet (flatterie) qui a pour but de contrôler celui-ci... Un autre procédé est l' induction (Eiguer, 1996) : la victime se laisse abuser, parce qu'elle peut se trouver dans une situation de faiblesse, de fragilité. Le pervers le perçoit et va alors faire éprouver à la victime des sentiments inhabituels pour elle mais qui appartiennent au sujet pervers. Utilisant l'identification projective, il délègue et dépose dans l'autre des affects et des idées dont il souhaite se débarrasser. Pousser la victime parfois jusqu'à la faute pour ensuite la critiquer et la mettre à sa merci, tel est le but pervers du « détournement » de toute relation.
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Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie IV. Perversions narcissiques, chap. 1. Pourquoi l'extension du terme ?, 1.4 Perversion narcissique a) Pathologie de l'agir de parole, p. 105
[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006
Conclusion
La pulsion d’emprise pousse le moi à dominer le monde dans un sentiment de toute puissance qui ignore le sort et jusqu’à l’existence même d’un objet encore mal différencié. Cruelle, la pulsion d’emprise poursuit son but égoïste en se protégeant d’un objet pour lequel elle ne connaît aucune pitié. Elle est par la suite pondérée, dans une structure de personnalité équilibrée, par l’intégration dans le surmoi des interdits parentaux qui permettent, en contrôlant les exigences instinctuelles du çà, une adaptation sociale harmonieuse du sujet.
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La relation d'emprise dans le soin, 2006, Conclusion, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.