Torche
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[modifier] Littérature
[modifier] Nouvelle
[modifier] Renée Vivien, La Dame à la Louve, 1904
Brune comme une Noisette
La torche ensanglanta le fleuve de reflets écarlates. On aurait cru voir dans l’eau l’embrasement d’un palais. Les deux rives se détachaient en sanguine. Les arbres érigeaient des feuillages rouges, ainsi qu’en octobre… C’était aussi beau qu’un paysage d’enfer. Seulement, en fait de damnés, il n’y avait que moi. Et je ne crois pas avoir commis de péché assez grandiose pour mériter cette mise en scène splendide.
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La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, Brune comme une Noisette, p. 155
[modifier] Prose poétique
[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958
Être naturel
Ni morte ni vive, elle est la fleur qui naît de la poitrine des morts et du songe des vivants. La grande fleur qui lentement chaque matin ouvre les yeux et regarde sans reproche le jardinier qui la coupe. A l'intérieur de sa tige tronquée le sang afflue lentement et monte dans l'air, torche silencieuse qui flambe sur les ruines de Mexico. Tout est naissance infinie.
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Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Être naturel — III, p. 106