Talon
Sommaire |
[modifier] Littérature
[modifier] Poésie
[modifier] Annie Le Brun, Le Carreau sans coeur, 1964
Quand je tiens sous la lanière de mes talons de sarcelles les lions apprivoisés dans la conque du téléphone
Vous souriez.
-
« Le Carreau sans coeur », Annie Le Brun, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 59
[modifier] Prose poétique
[modifier] Francis Picabia, Histoire de voir, 1922
Les années passent, les boutiques ont des rideaux de mousseline. L'hystérie est accroupie sur ses talons, serrant dans ses mains une vipère en bois ; une bague est accrochée à la queue et dans le nez de ce petit serpent est incrusté un diamant ; dans ce diamant on peut voir, en le mettant tout près de son oeil, une femme agenouillée, elle parle et nous dit : « Demain sera moins beau qu'un secret, moins beau qu'un mauvais conseil, demain est un promontoire de pierres, de feuilles mortes, de flaques d'eau où la mélancolie à pas lents et sans lumière, sans chaleur et sans couleur, veut bleuir les fenêtres des sentiments chrétiens. »
-
« Histoire de voir », Francis Picabia, Littérature Nouvelle Série, nº 6, Novembre 1922, p. 17
[modifier] René Crevel, Le Pont de la mort, 1926
Enfin, les prostituées ont compris que les pieds n'étaient pas faits pour des tortures de velours noir mais pour une nudité de peau à même une nudité de sable. Alors les talons, sur lesquels, depuis des siècles, elles chaviraient, tous les talons se sont brisés, et des fleurs sans semence ont jailli du macadam. Parce que nul mensonge ne pouvait plus être toléré, fût-il celui si mince des semelles de ficelle, les voyous ont jeté plus loin que l'horizon leurs espadrilles.
-
« Le Pont de la mort », René Crevel, La Révolution Surréaliste, nº 7, 15 juin 1926, p. 28