Sol

Citations « Sol » sur Wikiquote, le recueil de citations libre
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Littérature[modifier]

Prose poétique[modifier]

André Gide, Les Nouvelles Nourritures, 1919[modifier]

Viens ! de toutes les échelles de soie que tu lances du zénith à la terre, je saisirai la plus charmante ! Je ne tiens plus au sol, je me balance
à l'extrémité d'un rayon.

  • « Les Nouvelles Nourritures », André Gide, Littérature, nº 1, Mars 1919, p. 2


Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924[modifier]

Le chemin de fer roulait dans une plaine marécageuse où les soleils successifs avaient, au fond des mares, laissé un peu de leur fugitif éclat, l'intangible lune gaufré le sol herbu et les étoiles lointaines cristallisés l'extrémité des chardons d'eau qui sont, comme chacun sait, de couleur violette.


André Breton, Poisson soluble, 1924[modifier]

Le vertige les mène, elles ne se retournent guère sur nous mais nous frappons le sol du sabot de notre cheval chaque fois que nous voulons signifier à telle ou telle que nous serions aise de la remonter à la surface. De la foulée s'échappent alors une nuée de poissons volants qui montrent le chemin aux belles imprudentes.


Roman[modifier]

André Breton, L'Amour fou, 1937[modifier]

J'en suis quitte brusquement avec ces représentations antérieures qui menaçaient tout à l'heure de me réduire, je me sens libérée de ces liens qui me faisaient croire encore à l'impossibilité de me dépouiller, sur le plan affectif, de mon personnage de la veille. Que ce rideau d'ombres s'écarte et que je me laisse conduire sans crainte vers la lumière ! Tourne, sol, et toi, grande nuit, chasse de mon coeur tout ce qui n'est pas la foi en mon étoile nouvelle !


Boris Vian, L'écume des jours, 1947[modifier]

Il voyait, par l'embrasure de la double porte, les garçons et les filles. Une douzaine dansaient. La plupart, debout les uns à côté des autres, restaient, les mains derrière le dos, par paires du même sexe, et échangeaient des impressions peu convaincantes d'un air peu convaincu.

  • L'écume des jours (1947), Boris Vian, éd. Pauvert, 1963 (ISBN 2-7202-1311-02), XI., p. 41


Benjamin Péret, Mort aux vaches et au champ d'honneur, 1953[modifier]

Il était environ quatre heures de l'après-midi, M. Charbon frappa trois fois la terre de son front. D'un nuage qui se trouvait à grande hauteur au-dessus de nous, une pluie de fraises s'abattit.
— Toujours le coeur ! fit M. Charbon. Il est en sécurité maintenant et il se moque de nous.
Je regardai le sol autour de nous et je m'aperçus que les fraises y avaient dessiné des lettres. Je lus : La vie est courte.

  • Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l'action (1991), Jean-Luc Rispail, éd. Gallimard, coll. Découverte Gallimard Littérature, 2000 (ISBN 2-07-053140-6), chap. Témoignages et documents, Benjamin Péret, Mort aux vaches et au champ d'honneur, ch. IV, 1953, p. 153