Scandale

Citations « Scandale » sur Wikiquote, le recueil de citations libre
Aller à : Navigation, rechercher

Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Essai

[modifier] Léon Bloy, Sur la tombe de Huysmans, 1913

Huysmans et son dernier Livre

Depuis le scandale des Sœurs Vatard, Huysmans est en pleine jouissance d’une étiquette que rien ne pourra décoller. Son nom est devenu synonyme de « pornographe », absolument comme celui du signataire de ces pages est évocateur de tout vocable scatologique. Nul remède à ces identiques radotages. On userait les plus célestes dictionnaires à raconter l’empyrée que l’augurale formule ne varierait pas. Dans une fin de siècle aussi profondément hypocrite, où le signe de la pensée paraît avoir enterré la pensée défunte, le plus légitime emploi de certains mots est un attentat que nul ne pardonne, et jusqu’à la plus défoncée des immémoriales catins récupère, un instant, sa virginité pour s’en indigner, dans son puisard !

  • Sur la tombe de Huysmans, Léon Bloy, éd. Paris, coll. Collection des Curiosités littéraires, 1913, Avant la Conversion : Huysmans et son dernier Livre, p. 27


[modifier] Manifeste

[modifier] René Crevel, Note en marge du jeu de la vérité, 1934

Le scandale, non seulement n’est pas à fuir, mais encore, mais au contraire, il doit être reconnu d’utilité publique. Il ne s’ensuit d’ailleurs pas qu’il faille s’y limiter, le limiter à lui-même. Vouloir le scandale pour le scandale, ce serait encore choisir une retraite, ce serait pétrifier une phase, arrêter un mouvement, donc se castrer du possible, du nouveau et déclarer la guerre au temps à venir. Ce serait, en somme, tirer de simples feux d’artifices contre un état de choses à réduire sans pitié.

  • « Note en marge du jeu de la vérité », René Crevel, Documents 34, nº 20, Avril 1934, p. 23


[modifier] Roman

[modifier] Wilkie Collins, La dame en blanc, 1860

Au lieu d'être bref – et il aurait dû sentir que c'était là ce que je souhaitais – il m'expliqua, avec des phrases ampoulées, qu'il existait un désaccord assez grave entre ma nièce et son mari, que miss Halcombe n'avait rien exagéré dans sa lettre, et que, en effet, le seul moyen d'éviter un scandale était de séparer momentanément les époux, en offrant l'hospitalité à lady Glyde... Tout s'arrangerait finalement... Il en était certain... Il ferait entendre raison à sir Percival... Lady Glyde était innocente, mais il le disait en rougissant – c'était précisément pourquoi sa présence sous le toit de son mari ne faisait qu'envenimer les choses, etc.
— D'après votre réponse à miss Halcombe, dit-il encore, j'ai conclu que vous redoutiez des complications avec sir Percival et comme, ainsi qu'on en a l'habitude pour toutes choses à Blackwater Park, on a pris mon conseil à ce sujet, je suis venu – à la place de miss Halcombe, notre pauvre malade – vous certifier sur l'honneur que sir Percival ne viendra pas rôder autour de votre maison tant que sa femme y sera. Étant son meilleur ami, je le connais mieux que vous, Mr Fairlie. Ses affaires sont plutôt mauvaises pour le moment. Offrez-lui sa liberté : il partira pour le Continent, je vous le jure ! C'est clair, n'est-ce pas ? Bon! Avez-vous d'autres questions à me poser ? Je suis ici pour vous répondre, monsieur. Demandez-moi ce que vous voulez, je vous prie.
J'étais harassé de l'entendre parler sans arrêt.
— Je vous remercie et je vous crois sur parole, monsieur. Lorsque j'irai mieux, j'espère avoir le plaisir de vous revoir.
Comme il se levait, je me dis qu'il allait partir... mais, hélas ! il continua à propager ses microbes dans ma chambre !

  • La dame en blanc (1860), Wilkie Collins, éd. Le Masque, coll. Labyrinthes, 2010 (ISBN 978-2-7024-3501-4), partie II, L'histoire continue, racontée par Frederick Fairlie, Esquire, de Limmeridge House, p. 301


[modifier] Médias

[modifier] Presse

[modifier] Jean Malrieu, Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques, 1964

Les yeux ouverts, les yeux fermés, je vois, je sais. A l'heure où le désir s'échappe comme d'un loup qui couvre mon visage, cette femme nue au coin du bois anonyme et violée et précise et familière, est-ce celle sublimée et subtile qui s'avance et grandit et me choisit et me livre et me délivre dans la lumière oblique de ce qui est plus que ma vie ? Elle se détache et se confond avec celle qui habite entre mes bras. La meilleure. La révélée. La femme est flamme. Elle est nue comme une amande. Il y a des champs d'ivoire dans l'amour. Elle est chaste comme je suis chaste : un scandale d'innocence. C'est toujours l'âge du premier amour. Et voici que je tremble. Tout est chair. Sexe de l'iode, des lèvres, des sacs à fermoir, des rives, des rivages de ce lac calme où nous prenons dimensions. Si j'ouvre les yeux, je suis nageur qui fait provision d'oxygène pour mieux plonger dans le délire. Je me rassure, j'étais seul. Soudain, je suis tous. Je dois fonder quelque ville, quelque part. Puis la respiration devient broussaille. Je rejoins le réel, l'imaginaire, la mort attelée dans le dos.

  • Réponse de Jean Malrieu à l'interrogation suivante : Comment se caractérisent vos représentations imaginaires dans l'acte d'amour ? Justifient-elles un jugement de valeur ? Sont-elles spontanées ou volontaires ? se succèdent-elles dans un ordre fixe ? Lequel ? — Il est clairement question d'une enquête initiée par la revue surréaliste La Brèche en décembre 1964.
  • « Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques », Jean Malrieu, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 92
Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Boîte à outils