Rythme

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Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Nouvelle

[modifier] Renée Vivien, La Dame à la Louve, 1904

Les Soeurs du silence

Aux pieds du monastère, l’abîme bleuissait, plus attirant que le flot méditerranéen. Les fenêtres étaient larges, et, toujours grandement ouvertes sur la mer, elles contenaient toute la courbe glorieuse de l’Arc-en-Ciel. Lorsque l’orgue répandait la tempête de ses foudres et de ses tonnerres, lorsque les violons sanglotaient toute l’angoisse divine, les vagues mêlaient aux chants l’éternité de leur rythme monocorde.

  • La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, Les Soeurs du silence, p. 54


[modifier] Prose poétique

[modifier] René Char, Fureur et mystère, 1948

Louis Curel de la Sorgue

Sorgue qui t'avances derrière un rideau de papillons qui pétillent, ta faucille de doyen loyal à la main, la crémaillère du supplice en collier à ton cou, pour accomplir ta journée d'homme, quand pourrais-je m'éveiller et me sentir heureux au rythme modelé de ton seigle irréprochable ?

  • Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), Louis Curel de la Sorgue, p. 41


[modifier] Roman

[modifier] Renée Dunan, La Culotte en jersey de soi, 1923

Ça et là, un genou cambre le tissu transparent et luit comme un fruit, tandis que les bouches arquées découvrent les dents nettes, au rythme des mots lents suivis de gestes rares et félins.


[modifier] Théâtre

[modifier] Jean Giraudoux, Amphitryon 38, 1929

Jupiter : Tu la suis d'abord, la mortelle, d'un pas étoffé et égal aux siens, de façon à ce que tes jambes se déplacent du même écart, d'où naissent dans la base du corps le même appel et le même rythme ?
Mercure : Forcément, c'est la première règle.


[modifier] Médias

[modifier] Presse

[modifier] Jacques Abeille, Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques, 1964

Les représentations imaginaires oscillent précisément entre ces deux pôles : des représentations « Sadiennes » avec accumulation de détails d'une violence à peine supportable alternant régulièrement avec des bouffées de la tendresse la plus ineffable qui révèle l'objet de mon amour dans toute sa pureté et dans toute sa souveraineté. Evidemment cette succession de représentations constitue un rythme qui va se précipitant jusqu'à une synthèse finale.
Ce rythme, tout comme la forme de cette synthèse même, échappent à mon contrôle. Il m'est possible de stimuler les représentations mais ni de les provoquer, ni de les éviter, ni même de les inhiber.
[...] Seules les forces vives de l'imagination constituent la sauvegarde de mon amour.
Elles orchestrent à elles seules cette généreuse synthèse. Se succédant régulièrement — imbriquées l'une dans l'autre — mouvement de l'amour.

  • Réponse de Jacques Abeille à l'interrogation suivante : Comment se caractérisent vos représentations imaginaires dans l'acte d'amour ? Justifient-elles un jugement de valeur ? Sont-elles spontanées ou volontaires ? se succèdent-elles dans un ordre fixe ? Lequel ? — Il est clairement question d'une enquête initiée par la revue surréaliste La Brèche en décembre 1964.
  • « Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques », Jacques Abeille, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 84


[modifier] Philosophie

[modifier] Gaston Bachelard, L'Eau et les rêves, 1942

Nietzsche a instruit patiemment sa volonté de puissance par ses longues marches dans la montagne, par sa vie en plein vent sur les sommets. Sur les sommets, il a aimé : « L'âpre divinité de la roche sauvage ». La pensée dans le vent ; il a fait de la marche un combat. Mieux, la marche est son combat. C'est elle qui donne le rythme énergétique de Zarathoustra. Zarathoustra ne parle pas assis, il ne parle pas en se promenant, comme un péripatéticien. Il donne sa doctrine en marchant énergiquement. Il la jette aux quatre vents du ciel.

  • L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière (1942), Gaston Bachelard, éd. Le Livre de Poche, coll. Biblio Essais, 1993 (ISBN 978-2-253-06100-7), partie II, chap. VIII L'eau violente, p. 183
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