Représentation

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Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Roman

[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937

J'en suis quitte brusquement avec ces représentations antérieures qui menaçaient tout à l'heure de me réduire, je me sens libérée de ces liens qui me faisaient croire encore à l'impossibilité de me dépouiller, sur le plan affectif, de mon personnage de la veille. Que ce rideau d'ombres s'écarte et que je me laisse conduire sans crainte vers la lumière ! Tourne, sol, et toi, grande nuit, chasse de mon coeur tout ce qui n'est pas la foi en mon étoile nouvelle !


[modifier] Médias

[modifier] Presse

[modifier] Jacques Abeille, Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques, 1964

Les représentations imaginaires oscillent précisément entre ces deux pôles : des représentations « Sadiennes » avec accumulation de détails d'une violence à peine supportable alternant régulièrement avec des bouffées de la tendresse la plus ineffable qui révèle l'objet de mon amour dans toute sa pureté et dans toute sa souveraineté. Evidemment cette succession de représentations constitue un rythme qui va se précipitant jusqu'à une synthèse finale.
Ce rythme, tout comme la forme de cette synthèse même, échappent à mon contrôle. Il m'est possible de stimuler les représentations mais ni de les provoquer, ni de les éviter, ni même de les inhiber.
[...] Seules les forces vives de l'imagination constituent la sauvegarde de mon amour.
Elles orchestrent à elles seules cette généreuse synthèse. Se succédant régulièrement — imbriquées l'une dans l'autre — mouvement de l'amour.

  • Réponse de Jacques Abeille à l'interrogation suivante : Comment se caractérisent vos représentations imaginaires dans l'acte d'amour ? Justifient-elles un jugement de valeur ? Sont-elles spontanées ou volontaires ? se succèdent-elles dans un ordre fixe ? Lequel ? — Il est clairement question d'une enquête initiée par la revue surréaliste La Brèche en décembre 1964.
  • « Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques », Jacques Abeille, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 84


Les représentations érotiques sont l'image de l'acte d'amour (en même temps elles en constituent le nerf), c'est-à-dire la transmutation de deux éléments en une unité par le rythme. Il va de soi que ce rythme demeure enfoui en moi pour affleurer à chaque occasion favorable, c'est-à-dire à l'occasion de toute représentation imaginaire. Il structure entièrement le spectacle intérieur. Je n'ai jusqu'à présent pas pu trouver d'autre fondement à ce rythme que celui du désir, de l'érotique, de l'amour. Au reste il m'a toujours semblé difficile de trouver une séquence du spectacle intérieur qui puisse prétendre échapper totalement à l'érotisme.

  • Réponse de Jacques Abeille à l'interrogation suivante : Le spectacle intérieur conserve-t-il dans la vie quotidienne la trace des représentations qui s'offrent à vous dans l'acte d'amour ? — Il est clairement question d'une enquête initiée par la revue surréaliste La Brèche en décembre 1964.
  • « Premières réponses à l'enquête sur les représentations érotiques », Jacques Abeille, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 84


[modifier] Psychologie

[modifier] Jean Gortais, Processus de la schizophrénie, 2002

Dans la schizophrénie, selon [ Freud ], la différenciation entre représentation de mot et représentation de chose est mise à mal en raison de la façon dont le schizophrène traite les mots comme des choses. Se pose alors ici la question d'un échec de la fonction d'abstraction et de l'étroitesse voire de l'impossibilité d'accès à la polysémie du langage. Lorsque les mots peuvent être pris pour des choses, ils sont alors susceptibles de devenir magiques ou terrifiants.

  • Processus de la schizophrénie (2002), Catherine Azoulay/Catherine Chabert/Jean Gortais/Philippe Jeammet, éd. Dunod, coll. Psycho Sup, 2002 (ISBN 2-10-004780-9), chap. I « Approche historique d'une psychopathologie psychanalytique de la schizophrénie (Jean Gortais) », 4. Narcissisme et perte de réalité, p. 17


[modifier] Marie Anaut, La Résilience — Surmonter les traumatismes, 2003

Le fonctionnement psychique de la résilience suppose de recourir à des mécanismes de défense adaptés mais également de faire un travail de mise en sens. Ainsi, le fonctionnement psychique de la résilience passe par l'activation du processus de mentalisation, qui fait appel aux représentations psychiques et à la symbolisation des affects (De Tychey, 2001), la mentalisation permettant de mettre en pensée les excitations internes.

  • La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), partie 3. Articulations théoriques de la résilience, chap. 4. Approches psychodynamiques et processus intrapsychiques, 4.4 Les phases du processus psychique de la résilience, p. 84


[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006

Modèle cognitivo-comportemental

L’instigateur de la relation d’emprise force l’intimité de sa victime par ses indiscrétions. Il envahit son psychisme, colonise son imaginaire. En s’attaquant à l’enveloppe qui délimite et protège la victime, à sa représentation du dedans et du dehors, du soi et du non-soi, il détruit son sentiment d’intégrité individuelle.
[...] il rend caduque la notion d’identité. Il fragilise également les relations de la victime avec son environnement, par manipulation, déstabilisation et dénigrement. Enfin, en prédateur, il l’isole du groupe pour l’affaiblir avant de la mettre à bas.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, Modèle cognitivo-comportemental : Pratiques relationnelles ou praxis Effraction, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.


[modifier] François Marty, Les grands concepts de la psychologie clinique, 2008

Les pulsions

Les traces en emprise et le souvenir de l'expérience de la satisfaction se soutiennent mutuellement. L'évocation d'une représentation est porteuse d'un certain plaisir, d'une charge libidinale organisée qui reproduit, bien qu'atténuée, une part de l'expérience de la satisfaction ; on pourrait parler ici de satisfaction mnésique plutôt que d'« hallucination de la satisfaction » ; le souvenir apporte une satisfaction limitée mais réelle : un plaisir.


Les pulsions sont acquises ; on peut les considérer comme les modules du psychisme, comme les premières unités différenciées de son fonctionnement. Toute expérience nouvelle de satisfaction obtenue en synergie avec les investissements en emprise vient constituer une représentation nouvelle ou renforcer une représentation existante. Dans cette optique on peut considérer que la satisfaction nourrit le psychisme.


La provocation de succédanés de satisfaction, par l'usage de drogues par exemple, affaiblit à la fois le registre de l'emprise et celui des représentations.


Dans l'ordinaire du fonctionnement psychique, lorsque la tension libidinale, l'excitation psychique, atteint un certain niveau, nous mettons d'abord en oeuvre notre système de représentations, nous cherchons d'abord à puiser dans nos réserves, à vivre sur nous-mêmes : la seule évocation de représentations peut assurer, pendant un temps, un certain plaisir et l'homéostasie de notre fonctionnement psychique. Ce recours à nos représentations nous permet une autonomie plus ou moins longue sans le secours d'un objet extérieur.


La projection

La défense est un mécanisme engendrant une série d'opérations qui d'une part participe à la constitution du moi, d'autre part, protège celui-ci des effets délétères de la pulsion ou de ses représentations. La défense contribue à maintenir un équilibre du niveau d'excitation interne qui permet la fonctionnalité de l'instance moïque. Ce shéma relativement simple nécessite cependant une inscription dans un contexte complexe dans lequel interfèrent au moins trois facteurs ou éléments que je ne fais que citer : d'abord l'indissociabilité de la défense et de la pulsion, ensuite la distinction freudienne entre défenses normales et pathologiques, enfin, mais en deçà, la question de l'émergence du déplaisir dans l'appareil psychique.


Les mécanismes de défense

Le refoulement correspond au fait d'écarter et de maintenir hors de la conscience une représentation ; c'est un des destins de la pulsion, de son représentant. L'instance refoulante est la partie inconsciente du moi qui obéit aux ordres du surmoi, de l'idéal du moi et même du moi idéal. Le mécanisme du refoulement est dit alors secondaire.


Dans la psychose, le moi psychotique, entré en conflit avec le monde extérieur, opère un déni de réalité perceptive et remplace celle-ci par une (néo)réalité hallucinatoire ou délirante plus avantageuse pour le ça alors que le névrosé refoule certaines représentations pulsionnelles pour résoudre son conflit avec le ça.


La névrose

L'hystérique cherche indéfiniment à combler un manque fondamental, lié à une dépression sous-jacente, ce qui suscite la recherche d'une stimulation indéfinie du désir, et une excitation, qui passe cependant non pas par le biais de la représentation mais par l'agir et la perception. L'hystérie peut être considérée comme le paradigme de la névrose, du fait de la place centrale du refoulement dans l'organisation défensive. Le refoulement vise tout particulièrement à empêcher l'apparition de l'affect, lié à la représentation, et pour y parvenir, il lui faut maintenir à tout prix la représentation dans l'inconscient. Lors de la levée partielle du refoulement, l'affect court-circuite la représentation, qui ne trouve alors d'issue que par le biais d'agir, expression motrice, perception et agir émotionnel.


Les états limites

A. Green (1990) a développé une réflexion originale sur les cas limites, qu'il considère comme « les états limites de l'analysabilité » en raison des difficultés à penser pour ceux qui en sont atteints, découlant de la défaillance de leurs capacités de représentation et de symbolisation. Chez ces sujets, la pensée est comme vide de représentation, vide de fantasmes et de créativité. Pour l'auteur, l'« exlusion somatique » et l'« expulsion par l'acte » ont pour fonction de court-circuiter l'activité psychique entraînant un état de blanc de la pensée, sous-tendu par le clivage de la « dépression primaire ». Green précise toutefois que les créations de ces sujets existent bel et bien mais ne possèdent pas de valeur fonctionnelle pour leur appareil psychique.

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