Rencontre

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Dans une rencontre, deux ou plusieurs personnes viennent, se rassemblent, en général pour avoir des discussions, parfois de façon formelle.

Sommaire

[modifier] Enseignement

[modifier] Cours de littérature européenne

[modifier] Vladimir Nabokov, Littératures, 1941-1958

Le grand artiste gravit une pente vierge et, arrivé au sommet, au détour d'une corniche battue par les vents, qui croyez-vous qu'il rencontre ? Le lecteur haletant et heureux. Tous deux tombent spontanément dans les bras l'un de l'autre et demeurent unis à jamais si le livre vit à jamais.

  • Littératures (1980), Vladimir Nabokov (trad. Hélène Pasquier), éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010, partie Littératures I, Bons lecteurs et bons écrivains, p. 36


[modifier] Guide

[modifier] Christine Harache, Toute la fonction d'assistante, 2008

Savoir gérer les différences culturelles

La rencontre avec des personnes d'une autre culture peut provoquer un vrai choc culturel. Le comportement que nous adoptons ordinairement ne provoque pas chez elles les réponses attendues et habituelles. En fait, nous n'utilisons pas les mêmes règles du jeu qu'elles. Il peut s'agir de règles formelles qui ont donné naissance à des lois. Il peut aussi s'agir de règles beaucoup plus informelles régissant notamment, de manière inconscient, la manière de communiquer avec l'autre.
Travailler dans un environnement interculturel doit nous amener à remettre en cause des points de vue ou des croyances qui nous paraissaient pourtant aussi évidents qu'universels.

  • Toute la fonction d'assistante, Christine Harache, éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-10-050545-6), partie 1. Les Savoirs, p. 22


[modifier] Littérature

[modifier] Critique

[modifier] Cécile Guilbert, Les ruses du professeur Nabokov, 2010

Après tout, si aucune activité n'est plus individualisée, asociale et « séparée » que l'écriture ou la lecture, c'est précisément en quoi celles-ci communiquent : par cette nervure intime d'un échange proprement érotique s'instaurant entre un auteur et un lecteur dont désirs et solitudes dialoguent, s'infusent, rêvassent à travers du langage chargé de sens tandis que des délices de sensations et d'émotions s'échangent entre eux dans le silence. D'ailleurs, un grand écrivain est toujours un grand lecteur, et l'excellent lecteur est aussi rare que lui. La seule différence, c'est que si le style suppose une singularité d'expression unique prohibant par définition l'enseignement de normes et canons sous peine de déchoir dans cette contradiction vivante qu'indique le vocable d'« art officiel », lire s'apprend. Mieux encore : l'art littéraire est ce miroir d'excellence par lequel le lecteur peut devenir une sorte d'artiste lui-même en tant que recréateur de l'oeuvre.

  • Cécile Guilbert préfaçant la réédition de 2010 des cours de littérature européenne de Vladimir Nabokov, professés entre 1941 et 1958 dans plusieurs universités américaines et réunis sous le titre Littératures. Précisément, dans cet extrait, elle explicite le phénomène de rencontre se produisant entre un écrivain et son lecteur.
  • Littératures (1980), Vladimir Nabokov, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010, Préface de Cécile Guilbert — Les ruses du professeur Nabokov, p. XXII


[modifier] Écrit intime

[modifier] Salvador Dali, Les moustaches radar, 1964

J'ai déjà dit, en racontant ma rencontre avec lui, que le crâne de Freud ressemblait à un escargot de Bourgogne. La conséquence est évidente : si on veut manger sa pensée il faut la sortir avec une aiguille. Alors elle sort tout entière.


[modifier] Manifeste

[modifier] René Crevel, Note en marge du jeu de la vérité, 1934

De la rencontre de ce qui aura été vécu et de ce qui aura été imaginé, doivent jaillir ces flammes dont le galop fleurira d’incandescence les icebergs à la dérive sur tous les arctiques et les antarctiques du refoulement.

  • « Note en marge du jeu de la vérité », René Crevel, Documents 34, nº 20, Avril 1934, p. 22


[modifier] Nouvelle

[modifier] Tonino Benacquista Tout à l'ego, 1999

La pétition|

En ce monde, certaines rencontres ne se font jamais. Un priapique ne rencontre pas de nymphomane, un anonyme ne rencontre jamais les sosies dont tout le monde lui parle, un athée ne rencontre pas Dieu dans une guerre de tranchées, un paranoïaque ne rencontre pas la cohorte d'espions qui le traquent, et un bureaucrate mal noté n'aura jamais la chance de rencontrer son patron sortant d'un hôtel borgne.


[modifier] Poésie

[modifier] Paul Eluard , L'Amour la poésie, 1929

Les hommes errants

Les hommes errants plus forts que les nains habituels
Ne se rencontrent pas. L'on raconte
Qu'ils se dévoreraient.

  • Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1929), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Défense de savoir, V. Les hommes errants, p. 223


[modifier] Prose poétique

[modifier] Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924

A la portière d'un sleeping, une autre femme vêtue de rose parut et cria : « Je suis la reine des accidents. Mes seins bondissants, mes bras, mon ventre musclé, mes yeux, je les ai rougis dans les plus diverses calamités [...]. Je chemine par la plaine où les chardons violets donnent à imaginer de sanglantes luxures et les libellules, reconnaissant une soeur en chacune de mes prunelles, m'environnent de bourdonnements. Je suis la reine des accidents. Je préside à vos rencontres, amants tourmentés et maîtresses que torture le souvenir de l'amant précédent. Je suis la reine des accidents. Ma bouche, à l'instar des pianos, recèle des sons limpides et, quand je lui permets de parler, nul ne résiste à l'éclat spontané de mes rouges gencives et de mes petites, mes si petites incisives. »


Notre âge est l'infini et l'infini veut que la rencontre, la coïncidence ait lieu aujourd'hui dans un wagon roulant vers la catastrophe.


[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924

A ma rencontre vinrent plusieurs servantes vêtues d'une combinaison collante de satin couleur du jour.


[modifier] Roman

[modifier] Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900

— C’est vous, Stelio, — dit-elle avec ce faible sourire qui voilait sa pensée, en dégageant doucement sa main de celle de son ami, — c’est vous maintenant qui voulez m’enivrer… Regardez ! — s’écria-t-elle pour rompre le charme, en montrant du doigt une barque chargée qui venait lentement à leur rencontre. — Regardez vos grenades !
Mais sa voix était émue.
Alors, dans le rêve crépusculaire, sur l’eau délicatement verte et argentée comme les jeunes feuilles du saule, ils regardèrent passer le bateau débordant de ces fruits emblématiques qui font penser à des choses riches et cachées, à des écrins en cuir vermeil surmontés de la couronne d’un roi donateur, les uns clos, les autres entr’ouverts sur les gemmes agglomérées.

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 10


[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937

Aujourd'hui encore je n'attends rien que de ma seule disponibilité, que de cette soif d'errer à la rencontre de tout, dont je m'assure qu'elle me maintient en communication mystérieuse avec les autres êtres disponibles, comme si nous étions appelés à nous réunir soudain. J'aimerais que ma vie ne laissât après elle d'autre murmure que celui d'une chanson de guetteur, d'une chanson pour tromper l'attente.
Indépendamment de ce qui arrive, n'arrive pas, c'est l'attente qui est magnifique.


Les passants matinaux qui hanteront dans quelques heures ce marché perdront presque tout de l'émotion qui peut se dégager au spectacle des étoffes végétales lorsquelles font vraiment connaissance avec le pavé de la ville. C'est merveille de les voir une dernière fois rassemblées par espèces sur le toit des voitures qui les amènent, comme elles sont nées si semblables les unes aux autres de l'ensemencement. Tout engourdies aussi par la nuit et si pures encore de tout contact qu'il semble que c'est par immense dortoirs qu'on les a transportées. Sur le sol pour moi à nouveau immobilisées, elles reprennent aussitôt leur sommeil, serrées les unes contre les autres et jumelles à perte de vue.

  • Il est ici question du Quai aux fleurs à Paris.


[modifier] Psychanalyse

[modifier] Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010

Introduction

Le libertin ne fuit pas l'engagement ; cela est plutôt l'apanage du phobique névrosé, qui redoute de se laisser captiver par le féminin et d'y sombrer, si c'est un homme, ou de succomber aux assauts du phallus, si c'est une femme.
Si le libertin ne croit pas à la relation, c'est aussi par conviction ; pour deux raisons au moins : pour lui, la durée mène à coup sûr au désenchantement, autrement dit à la perte de cette intensité de la rencontre et de la conquête, émotion qu'il cherche par-dessus tout ; l'intimité psychologique de l'autre ne l'intéresse pas.


[modifier] Psychologie

[modifier] Catherine Azoulay, Processus de la schizophrénie, 2002

Certains facteurs peuvent créer les conditions de possibilité d'éclosion psychotique mais l'émergence de la psychose est considérée comme imprévisible et dépendra du destin de ce « kyste » composant la pensée délirante primaire ; « kyste — qui peut réussir à faire éclater sa membrane pour déverser son contenu dans l'espace psychique [...]. » C'est sous l'impact d' effets de rencontre (maladies, mutilations, pouvoir obligeant le sujet à occuper une place de persécuté ou de bourreau, etc.) que le sujet pourra basculer dans la psychose manifeste.

  • Processus de la schizophrénie (2002), Catherine Azoulay/Catherine Chabert/Jean Gortais/Philippe Jeammet, éd. Dunod, coll. Psycho Sup, 2002 (ISBN 2-10-004780-9), chap. II « Approche psycho-pathologique et clinique de la schizophrénie (Catherine Azoulay) », 1. Formes et caractéristiques de la schizophrénie, p. 97


[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006

La relation d'emprise (cadre psychanalytique)

La relation d’emprise, quelle que soit la modalité qu’elle revêt représente une véritable formation défensive, permettant d’occulter le manque dévoilé par la rencontre de l’autre. Cette organisation implique d’investir l’autre, non en tant que sujet désirant, mais en tant qu’objet garantissant une protection contre toute situation de détresse.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Economie psychique de la relation d'emprise, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.


Dans la relation d’emprise, il n’y a jamais de confrontation réelle à l’autre. La rencontre n’a pas lieu ; vécue comme dangereuse elle est soigneusement évitée. Elle est remplacée par une relation d’objet marquée par l’appropriation de l’un par l’autre et assortie d’une action de marquage de l’autre : cette relation laisse son empreinte en l’autre. Cette empreinte est à la fois symbolique, faisant figure d’« acte de propriété » et concrète par les changements imposés à l’autre.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Economie psychique de la relation d'emprise, dans [2], paru Textes Psy, Cédric Roos.


[modifier] Rencontre Auteur Lecteur

[modifier] Pascal Quignard, Rhétorique spéculative, 1995

Le seul lieu de l'espace où peuvent se rencontrer le lecteur et l'auteur est dans le point final.


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