Réveil
Le réveil désigne la fin de la période de sommeil, ainsi que l'appareil sonore qui permet de déclencher celle-ci.
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[modifier] Citations
C'est l'instant du réveil qui est le plus fatal pour les infortunés ; le calme des idées, l'oubli instantané de leurs maux, tout les rappelle au malheur avec plus de force, tout leur en rend alors le poids plus onéreux.
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Les Infortunes de la vertu, Donatien Alphonse François de Sade, éd. Garnier-Flammarion, 1969, p. 75 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Le réveil fait aux rêves une réputation qu'ils ne méritent pas.
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Œuvres II (1941), Paul Valéry, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1960, chap. Moralités, p. 523
Borovitz : Bien, hein, ton nouveau bureau ! J'aime beaucoup le turquoise.
Musard : Comment tu sais ?
Borovitz : Oh, j'ai jeté un coup d'œil en remontant mon petit réveil.
Musard : Ton petit réveil ? Dis donc, ce serait pas un réveil du genre qu'on remonte qu'une fois ?
Borovitz : C'est ça ! Si t'as des volontés à exprimer, une prière que t'aimes bien, ou un mot historique à balancer, magne-toi, ça va péter dans 15 secondes !
- Conversation téléphonique entre Borovitz et l'Auvergnat.
Michael Berkow : Même radio-réveil tous les matins, mêmes tapotements à tâtons pour l'éteindre, même douche, serviette, brosse à dents, rasoir, peignoir, gel coiffant, déo, c'est une épidémie de peste. Tu te maries mon gars, tu vas pas te dorer la pilule, tu vas dérouiller.
Déchirure brutale. Le cours paisible du sang brusquement défait par une estafilade. Comme quand on se coupe, en épluchant des légumes ou en se rasant : rien de grave, pas de douleur forte, mais la chair ouverte, écorchée en surface. Quand le réveil sonne, c'est comme ça. Suite de stridences, suraiguës, monocordes. Coups d'épingle au-dedans du cerveau.
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Dernières nouvelles des choses, Roger-Pol Droit, éd. Odile Jacob, 2003, p. 45
Être éveillé à une heure fixée d'avance est une intrusion violente. Très commune, je sais bien. Utile, je le concède. Cela ne diminue en rien la violence en question. Ce qui tire du sommeil, bientôt du lit, tout à l'heure de chez vous, c'est une puissante coordination sociale.
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Dernières nouvelles des choses, Roger-Pol Droit, éd. Odile Jacob, 2003, p. 46
[modifier] Littérature
[modifier] Poésie
[modifier] Joyce Mansour, Funéraire comme une attente à vie, 1964
L'édifice en ciment
D'une belle et chaude journée d'août
Le réveil des caïmans entre les jacinthes d'eau
L'image fuit le jour et son précieux suicide
Il enduit son museau de vase incolore
Les berges de la Seine n'entraînent plus ma chute
Et les papilles de ta langue
Silence sur le calme plat
Flocons goémons spasmes verticales
Colorent mes nuits de malaises indéfinissables.
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« Funéraire comme une attente à vie », Joyce Mansour, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 80
[modifier] Prose poétique
[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924
C'est alors qu'accablé de présents et lassé de ces beaux instruments de paresse auxquels dans une chambre atrocement voluptueuse je m'exerçais tout à tour, je pris le parti de congédier mes servantes et de m'adresser à une agence pour me procurer ce dont j'avais besoin : le réveil crépusculaire et un oiseau des mines de diamant qui me tînt la promesse d'extraire les racines d'une petite souffrance que j'avais devinée. Je n'étais pas plus tôt en possession de ce double trésor que je m'évanouis.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 32, p. 121
[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927
Dans le couloir, ce fut le piétinement du garçon d’hôtel relevant pour les cirer, paire par paire, les chaussures à talons Louis XV. Quel Père Noël attendu depuis des siècles déposera l’amour dans ces chaussures, objet d’un rite journalier et nocturne de la part de leur propriétaire, en dépit de la désillusion du réveil ? Quel sinistre démon se borne à les rendre plus brillantes qu’un miroir à dessein de refléter, transformées en négresses, les stationnantes et sensibles femmes à passion.
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La liberté ou l'amour ! (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), III. Tout ce qu'on voit est d'or, p. 32
[modifier] Joyce Mansour, Dolman le maléfique, 1961
Cent fois par jour il relança sa mouche en l'air, comme il savait faire, en quête d'une idée de distractions nouvelles mais sans résultat, jusqu'au jour où son oeil droit vit briller le reflet de la mer dans l'azur. Le réveil du désir fut immédiat. Il aspira à être vague, poisson, eau. Il voulut être dune, écume, algue. À dos d'homme par-dessus les montagnes et les plaines, les villageois le transportèrent jusqu'à la plage lointaine. Ils arrivèrent au but très amoindris après un mois de marche forcée. Sans perdre son temps en remerciements, Dolman immergea son cerveau hagard dans les flots. Selon son voeu il devint mer, algue, poisson ; il noya son spleen dans la gelée mouvementée et dès lors paressa sous la lune tel une baleine, lavé de toute nostalgie terrestre.
Cette époque heureuse ne dura guère.
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« Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 50
[modifier] Roman
[modifier] Leonardo Sciascia, Le Jour de la chouette, 1961
— Je ne m'en souviens, dit le receveur. Sur l'âme de ma mère, je ne m'en souviens pas. En ce moment je ne me souviens de rien. J'ai l'impression de rêver.
— Je vais te réveiller, moi, je vais te réveiller, dit le brigadier exaspéré.
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Le Jour de la chouette, Leonardo Sciascia (trad. Juliette Bertrand), éd. Flammarion, coll. GF, 1986 (ISBN 978-2-0807-0461-0), p. 37
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