Régine Pernoud

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Régine Pernoud est une historienne, médiéviste, archiviste-paléographe française, née le 17 juin 1909 à Château-Chinon (Nièvre) et décédée le 22 avril 1998 à Paris. Ses ouvrages mettent en avant la place privilégiée de la femme dans la société médiévale. Elle fut, par ailleurs, une des plus grandes spécialistes de Jeanne d'Arc et des croisades.

Sommaire

[modifier] Citations de ses ouvrages

[modifier] Pour en finir avec le Moyen Age, Seuil, 1977

Cet ouvrage connaît au moins deux éditions :

  1. éd. Seuil, 1977, 159 p. (21 cm) ISBN 2-02-004593-1.
  2. éd. Seuil, coll. « Points. Histoire » n°36, 1979, 158 p. (18 cm) ISBN 2-02-005074-9

Il se trouve qu'en France notamment, en dépits de vandalismes plus graves, plus méthodiques que partout ailleurs, les vestiges de l'époque médiévale restent plus nombreux que ceux de toutes les autres époques réunies. Impossible de circuler chez nous sans voir sans voir pointer un clocher, qui suffit à évoquer le XIIe ou le XIIIe siècle. Impossible de gravir un sommet sans trouver une petite chapelle dont on se demande souvent par quel miracle elle a pu pousser dans un coin aussi sauvage, aussi éloigné.

  • Pour en finir avec le Moyen Age, Régine Pernoud, éd. Seuil, coll. Points Histoire, 1979 (ISBN 2-02-005074-9), p. 9


... Dans la vision, dans la mentalité de ce temps (et non seulement du XVIe siècle, mais des trois siècles suivants) il y aurait eu deux époques de lumière : Antiquité et Renaissance - les temps classiques. Et, entre les deux, un « âge moyen » - période intermédiaire, bloc uniforme, « siècles grossiers », « temps obscurs ».

  • Pour en finir avec le Moyen Age, Régine Pernoud, éd. Seuil, coll. Points Histoire, 1979 (ISBN 2-02-005074-9), p. 15


Ce qui a donc caractérisé la Renaissance - tout le monde s'accorde à le reconnaître - c'est la redécouverte de l'Antiquité. tout ce qui compte alors dans le monde des arts, des lettres, de la pensée, manifeste le même enthousiasme pour le monde antique.

  • Pour en finir avec le Moyen Age, Régine Pernoud, éd. Seuil, coll. Points Histoire, 1979 (ISBN 2-02-005074-9), p. 16


(...) avec les progrès de l'Histoire, on a pas manqué de s'apercevoir qu'en fait, au Moyen Age, les auteurs latins et même grecs étaient fort connus ; que l'apport du monde antique, classique ou non, était loin d'être alors rejeté ou méprisé. Sa connaissance était considéré comme un élément essentiel du savoir.

  • Pour en finir avec le Moyen Age, Régine Pernoud, éd. Seuil, coll. Points Histoire, 1979 (ISBN 2-02-005074-9), p. 16-17


A consulter les sources du temps, textes ou monuments, il s'avère que ce qui caractérise la Renaissance, celle du XVIe siècle, et rend cette époque différents de celles qui l'ont précédée, c'est qu'elle pose en principe l'imitation du monde classique. La connaissance de ce monde, on la cultivait déjà. Comment ne pas rappeler ici l'importance que prend, dans les lettres, l'art d'aimer d'Ovide dès le XIe siècle, ou encore, dans la pensée, la philosophie aristotélicienne au XIIIe siècle.

  • Pour en finir avec le Moyen Age, Régine Pernoud, éd. Seuil, coll. Points Histoire, 1979 (ISBN 2-02-005074-9), p. 17


(...) la bibliothèque du Mont-Saint-Michel au XIIe siècle comportait des textes de Caton, le Timée de Platon (en traduction latine), divers ouvrages d'Aristote et de Cicéron, des extraits de Virgile et d'Horace...

  • Pour en finir avec le Moyen Age, Régine Pernoud, éd. Seuil, coll. Points Histoire, 1979 (ISBN 2-02-005074-9), p. 18


Il est surprenant de constater que l'encyclopédie la plus connue du XIIe siècle émane d'une religieuse, l'abbesse Herrade de Landsberg. C'est le fameux Hortus deliciarum, Jardin de délices dans lequel les érudits puisent les renseignements les plus sûrs concernant l'état des techniques en son temps.

(...) au XIIIe siècle, les couvents de femmes sont ce qu'ils avaient toujours été depuis saint Jérôme qui institua le premier d'entre eux, la communauté de Bethléem : des foyers de prières, mais aussi de science religieuse, d'exégèse, d'érudition. (...)

Ce qui a semblé extraordinaire chez Héloïse dans sa jeunesse, c'est le fait que, n'étant pas religieuse et ne souhaitant manifestement pas entrer au couvent, elle poursuivait néanmoins des études fort arides au lieu de se contenter de la vie plus frivole, plus insouciante d'une fille désirant « demeurer dans le siècle ». La lettre que Pierre le Vénérable lui a envoyé le dit expressément.

  • Pour en finir avec le Moyen Age, Régine Pernoud, éd. Seuil, coll. Points Histoire, 1979 (ISBN 2-02-005074-9), p. 92


On peut se demander si, jusqu'à présent, l'élaboration des programmes n'a pas été envisagée beaucoup plus en fonction des matières à ingurgiter qu'en fonction de l'enfant lui-même et des impératifs de son développement.

  • Pour en finir avec le Moyen Age, Régine Pernoud, éd. Seuil, coll. Points Histoire, 1979 (ISBN 2-02-005074-9), p. 142


[modifier] Les Hommes de la Croisade, 1982

L'histoire des croisades a particulièrement retenu l'attention des historiens : rappelons seulement le grand nom de René Grousset et, après lui, ceux d'un Jean Richard ou d'un claude Cahen, qui, utilisant systématiquement les sources arabes à côté des sources occidentales, ont marqué une étape considérable dans la connaissance des royaumes latins d'Orient ; ou encore, à l'étranger, d'un Runciman, d'un Stevenson, et cette admirable synthèse que constitue la grande Histoire des Croisades publiée par l'université de Philadelphie.

  • Les Hommes de la Croisade, Régine Pernoud, éd. Fayard/Tallandier, 1982 (ISBN 2-213-01223-7), p. 7


Les croisades représentent (...) l'un des points culminants de l'histoire du Moyen Age : aventure unique en son genre, ni migration ni colonisation, mené par des volontaires, et des volontaires fournis par tous les peuples de l'Europe, en dehors de toutes ressources régulières et de toute organisation centralisée ; tout cela compose pour nous un spectacle assez surprenant et amène à se poser quelques questions sur les hommes qui y jouèrent un rôle.

  • Les Hommes de la Croisade, Régine Pernoud, éd. Fayard/Tallandier, 1982 (ISBN 2-213-01223-7), p. 7


[modifier] Histoire et lumière, 1998

Au Moyen Âge, il n'y a pas de véritable coupure entre le monde ordinaire et le monde savant. C'est l'Université qui, au XIIIe siècle, s'est arrogé une sorte de monopole du savoir. Elle a exclu les femmes du monde savant, notamment en France.


Il est évident que dans l'exercice du pouvoir, l'homme et la femme ont chacun des vertus profondes qui se conjuguent admirablement. Au Moyen Âge, le roi et la reine régnaient ensemble. C'est magnifique de penser que la reine avait un « pouvoir gracieux », c'est-à-dire qu'elle pouvait obtenir la grâce de tel ou tel condamné.


A partir du XIe et pendant tout le XIIe siècle, la chevalerie va se développer. Le chevalier faisait le serment de se servir de son épée uniquement pour défendre le faible. C'est une exigence de dépassement extraordinaire. La femme y a joué un rôle non négligeable, puisque c'est elle qui remettait son épée au chevalier.


[modifier] Son amitié avec Henri Matisse

Matisse était un artiste au sens médiéval du terme. Par un travail très simple, il cherchait à exprimer ce qu'il sentait au-dedans de lui. C'était un travailleur acharné. J'ai vu des cahiers entiers, des centaines de pages sur lesquelles il avait simplement dessiné une feuille de chêne. (...) Finalement, quelques traits signifient la feuille de manière évidente. Elle est reconnaissable par tous, mais elle est l'aboutissement d'heures et d'heures de travail.


Matisse avait horreur des mélanges de couleurs. Il les disposait sur des assiettes blanches de façon que chacune garde sa valeur. Puis il les travaillait sans mélange intempestif et sans compromis. Je l'ai beaucoup vu peindre sur le vif.


Chez Matisse, la pureté est le fruit d'un travail qui n'apparaît plus. Le bon artiste est humble devant son œuvre. Ce qui compte, c'est ce qu'elle cherche à révéler.


[modifier] Éléments biographiques

En tant qu'historienne, je me suis lancé un défi : transmettre dans un langage simple ce que j'avais découvert par des recherches difficiles.

Tout ce que j'ai appris sur le Moyen Âge a été le résultat de déchiffrages et de travaux que j'ai tâché de pousser le plus loin possible. J'ai tenu compte de ce que mon jeune frère m'avait conseillé : « Écris pour ceux qui ne savent pas. » J'ai donc délaissé l'expression savante pour utiliser le langage le plus accessible.


J'ai consacré dix-huit ans de ma vie à écrire une histoire de la bourgeoisie. Cette dernière a pris le pas sur les seigneurs des temps précédents, en achetant et en vendant. Ceux qui, aux États généraux, prétendaient représenter le peuple, représentaient en fait la classe bourgeoise. Celle qui vend et qui achète. Dorénavant, vendre et acheter va vous donner le droit d'exister et d'être quelqu'un.


J'ai dû attendre quatorze ans avant d'avoir un poste de chartiste. j'ai passé toutes ses années à faire des « petits boulots ». J'ai, par exemple, donné des leçons chez des particuliers aux quatre coins de Paris. C'est pour cela que je comprends bien les jeunes qui ont tant de mal à trouver du travail aujourd'hui.


Si je n'avais qu'un souhait à formuler pour le prochain millénaire, ce serait celui-là : que l'on apporte aux familles toutes les facilités pour que l'enfant, tous les enfants, soient aimés, entourés, respectés. Cela, seul, assurera le bonheur souhaité pour le prochain millénaire. À quatre-vingt-huit ans, c'est probablement mon souhait le plus cher.


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