Poison
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[modifier] Littérature
[modifier] Biographie
[modifier] Claire Julliard, Boris Vian, 2007
Toujours ce prix de la Pléiade qui ne passe pas ? Sans doute mais, avec le recul, Boris a révisé sa conception des prix. Comme l'atteste sa description du « concurrent », dépeint comme un cochon lors de concours agricoles :
« Dès qu'il est primé par le jury, le concurrent est félicité, photographié, pesé et mesuré, on lui demande d'exprimer ce qu'il ressent par le canal d'organes spécialisés de grand format, et il précise généralement ce qu'il entend faire des sous qu'on lui donne pour sa tirelire ; acheter une bauge plus large, un véhicule qui lui évite de remuer seul son poids considérable, des ornements corporels de couleurs diverses, etc. Il ne se doute pas, le pauvrelet, qu'au moment de son couronnement, le président du jury, par le truchement d'un organe analogue à l'aiguillon de la guêpe Polybia Brasiliensis, lui a injecté dans la patte, sous le couvert de la lui serrer, un liquide paralysant à plus ou moins lointaine échéance et qui garantit son impuissance future. »
- La biographe Claire Julliard concernant Boris Vian.
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Boris Vian (2007), Claire Julliard, éd. Folio, coll. Biographies, 2007 (ISBN 978-2-07-031963-3), Vivre dans un dé à coudre, p. 251
[modifier] Prose poétique
[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924
L'un de ceux qui retinrent son attention fut une femme en proie à un amour partagé et sur laquelle le professeur T tentait une dépersonnalisation progressive dont il attendait des résultats prodigieux. C'est ainsi que chaque matin on remettait à cette femme une lettre émanant soi-disant de son bien-aimé et qui était le plus bel échantillon qu'on pût imaginer de toutes les figures de pensée dont le nouvelles variétés, particulièrement vénéneuses, venaient d'être acclimatées. D'un mélange adroit de mensonges insignifiants et de ces fleurs rares, l'expérimentateur attendait un effet si nocif qu'autant dire que le sujet était condamné.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 11, p. 60
[modifier] Roman
[modifier] Charles Robert Maturin, Melmoth — L'homme errant, 1820
Ils se nourrissent d'un poison d'illusions délicieuses. Ils rêvent qu'un tremblement de terre réduira les murs en atomes, qu'un volcan entrera en éruption au milieu du jardin. Ils imaginent une révolution, une attaque de bandits, les circonstances les plus improbables... Puis ils se réconfortent en envisageant la possibilité d'un incendie (si le feu éclate dans un couvent on ouvre en grand les portes et «sauve qui peut» est le mot d'ordre). Cette pensée leur fait concevoir le plus ardent espoir : ils pourraient se précipiter au-dehors, dans les rues et à la campagne ; en fait, où n'iraient-ils pas pour s'échapper ?
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Melmoth — L'homme errant (1820), Charles Robert Maturin (trad. Jacqueline Marc-Chadourne), éd. Phébus, coll. Libretto, 1996 (ISBN 978-2-85-940553-3), Récit de l'Espagnol, p. 155
— Et c'est cela, alors, la vie monastique ?
— C'est cela ; à deux exceptions près : pour ceux qui, par l'imagination, peuvent renouveler chaque jour l'espoir de s'échapper et chérissent cet espoir jusqu'à leur lit de mort ; pour ceux qui, comme moi, diminuent leur misère en la divisant et, semblables à l'araignée, se soulagent du poison dont ils sont gonflés en en instillant une goutte à chaque insecte qui, comme vous, peine et agonise dans leur toile.
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Melmoth — L'homme errant (1820), Charles Robert Maturin (trad. Jacqueline Marc-Chadourne), éd. Phébus, coll. Libretto, 1996 (ISBN 978-2-85-940553-3), Récit de l'Espagnol, p. 156
[modifier] Lewis Carroll, Alice au Pays des merveilles, 1865
[...] si l'on boit une bonne partie du contenu d'une bouteille portant l'étiquette : poison, ça ne manque presque jamais, tôt ou tard, d'être mauvais pour la santé.
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Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll (trad. Jacques Papy), éd. Gallimard, 1994 (ISBN 2-07-038916-2), p. 48 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Citation choisie citation du jour pour le 23 mars 2009.
[modifier] Philosophie
[modifier] Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1885
Un peu de poison par-ci par-là : cela donne des rêves agréables. Et beaucoup de poison, pour finir : cela donne une mort agréable.
On travaille encore car le travail est un divertissement. Mais on prend soin que le divertissement ne soit pas trop fatiguant.
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Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. Les Classiques de Poche, 1972 (ISBN 978-2-253-00675-6), partie I, chap. « Prologue de Zarathoustra », 5, p. 27
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