Philosophe

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[modifier] Psychanalyse

[modifier] Carl Gustav Jung, Dialectique du Moi et de l'inconscient, 1933

[...] la différence entre mon malade et Schopenhauer consiste en ceci : chez le premier, la représentation qui s'empara de lui intuitivement en est restée au stade d'une simple ébauche mal équarrie, tandis que Schopenhauer, théâtre du même foisonnement représentatif, par-delà ce stade, en détacha et en considéra l'essence dans sa conscience, pour les exprimer ensuite en un langage de valeur et de portée universelles. Le philosophe, ce faisant, éleva l'intuition primitive hors de ses premiers cheminements souterrains dans la clarté diurne de la conscience générale : elle devint un des éléments de son patrimoine. Il serait tout à fait erroné de supposer que la conception visionnaire qui s'était emparée du malade possédât une valeur et un caractère personnels, en d'autres termes que ce fût un élément qui lui appartînt. Si tel avait été le cas, nous n'eussions pas eu affaire à un malade, mais à un philosophe.
Or, seul est philosophe de génie celui qui parvint à élever une vision primitive, qui n'est qu'un déroulement naturel, à la dignité d'une idée abstraite, et à en créer un patrimoine conscient de la collectivité des hommes.

  • Dialectique du Moi et de l'inconscient (1933), Carl Gustav Jung (trad. Docteur Roland Cahen), éd. Gallimard, coll. Folio Essais, 1964 (ISBN 2-07-032372-2), partie I. Des effets de l'inconscient sur le conscient, chap. II. Les conséquences de l'assimilation de l'inconscient, p. 58


La valeur personnelle ne peut résider que dans l'élaboration philosophique, et non point dans la vision primaire. Celle-ci, au début, chez le philosophe aussi, germe simplement et pousse ses bourgeons à partir du même fond d'idées communes à l'humanité, patrimoine auquel participe en principe tout un chacun : c'est du même pommier que proviennent toutes les pommes d'or, que ce soit un apprenti serrurier débile ou un Schopenhauer qui les ramasse, lorsqu'elles tombent au souffle de la vie.

  • Dialectique du Moi et de l'inconscient (1933), Carl Gustav Jung (trad. Docteur Roland Cahen), éd. Gallimard, coll. Folio Essais, 1964 (ISBN 2-07-032372-2), partie I. Des effets de l'inconscient sur le conscient, chap. II. Les conséquences de l'assimilation de l'inconscient, p. 58
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