Pervers sexuel
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[modifier] Psychanalyse
[modifier] Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010
Libertinage et prédation
Dans son travail, J. Clavreul (1967) rappelle que le pervers sexuel évoquant ses pratiques et ses fréquentations se prévaut de ne parler que d'amour. Il se glorifie de savoir comme personne ce qu'est l'amour. Pour cet auteur, ce serait le signe même de l'accès au savoir sur le sexe, savoir vécu par lui comme initiatique et quelque part ayant été acquis par « révélation ». L'amour absout des excès réalisés en son nom et incite à la complaisance, ajoute Clavreul. Il y voit un piège tendu à nous autres censées être de simples névrosés, dans la mesure où le pervers sait que nous tenons à des valeurs dont l'amour est l'une des pierres précieuses. En bref, l'amour semble justifier toutes les faiblesses et toutes les compromissions. Et dans le lien du couple, l'amour est aussi invoqué par le partenaire du pervers manifeste comme pour légitimer le soutien qu'il lui donne et finalement pour occulter qu'il réalise ses tendances latentes à travers lui. C'est par amour aussi que la victime doit se taire et éviter de dénoncer l'outrage qu'elle subit.
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Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie II. Libertinage et prédation, chap. Invitation à la débauche, Banaliser le mal au nom de l'amour, p. 134
[modifier] Psychologie
[modifier] Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, Les Perversions sexuelles et narcissiques, 2005
Caractéristiques des perversions
Le pervers – sexuel ou narcissique – ravale au rang d'objet partiel celui qui ne rejette pas son emprise et réduit l'autre à un instrument privé de désir propre.
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Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie II. Caractéristiques des perversions, chap. 3. Invariants psychopathologiques, 3.3 L'autre instrumentalisé, p. 54
Perversions narcissiques
Bergeret distingue les « perversion de caractère » (correspondant aux pervers atteints de perversité) des perversions sexuelles. Pour lui, « l'aménagement caractériel » provient de l'intensité des formations réactionnelles (précoces) face à des angoisses dépressives devant la perte d'objet (perte d'étayage). Ce mode de défense, coûteux en énergie, permet une bonne adaptation au réel. Dans ce cadre, la « perversion de caractère » relève de personnalités ayant un besoin de restauration phallique et de reconnaissance narcissique au point de se manifester comme des « petits paranoïaques » (se sentant toujours agressés pour se faire respecter, ou admirer). On ne trouve pas chez eux de culpabilité ni de souffrance mais une volonté de « tourner » les choses à leur avantage sans jamais se mettre en cause. Comme le pervers sexuel, le pervers de caractère utilise le déni, mais un déni très focalisé et partiel de la réalité : non de la réalité sexuelle de la femme, mais de la réalité « identitaire » et narcissique de l'autre perçu comme une entrave à son propre narcissisme.
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Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie IV. Perversions narcissiques, chap. 1. Pourquoi l'extension du terme ?, 1.3 Perversion de caractère, p. 104