Perfection
La perfection caractérise un être ou un objet idéal, c'est-à-dire qui réunit toutes les qualités et n'a pas de défaut.
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Citations [modifier]
La vraie perfection consiste à renoncer à sa volonté propre pour se soumettre aux volontés de Dieu, à ne chercher que la gloire de Dieu dans les actions, en mortifiant son orgueil, à aimer ses frères en mortifiant ses préventions, ses antipathies.
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Conférences et exhortations à l'usage des maisons religieuses, Bernard Destutt de Tracy, éd. Tilliard, 1765, p. 274
Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n'y a plus rien à ajouter, mais quand il n'y a plus rien à retrancher.
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Terre des hommes, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Le Livre de Poche, 1939, p. 59 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Citation choisie citation du jour pour le 25 novembre 2011.
A force d'incanter la perfection, l'indépassable perfection, on pousse à l'erreur, à la faute.
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(fr) Le Mètre du monde, Denis Guedj, éd. Points, 2003 (ISBN 2-02-049989-4), chap. 21 (« Erreur et perfection »), p. 347 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
La recherche de la perfection peut mener à l'impuissance, au suicide, au meurtre, dans les ordres.
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Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 646
La recherche de la perfection peut être une forme de barbarie.
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Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 646
Littérature [modifier]
Roman [modifier]
Marie d'Agoult, Nélida, 1866 [modifier]
Le lendemain, vers la chute du jour, Guermann entrait dans le petit salon que Mme d'Hespel appelait son atelier. C'était une pièce tendue de satin vert, éclairée par le haut, encombrée de prétendus objets d'art et d'une multitude d'ustensiles, aussi élégants qu'incommodes, qui servaient à la vicomtesse dans l'exercice de son talent de peinture.
— Vous me prenez en flagrant délit, s'écria-t-elle en voyant Guermann, et dans mon costume d'artiste.
C'était une façon détournée de lui faire remarquer ses bras nus encore bien conservés, sa taille bien prise dans une robe juste en cachemire feuille morte, et son tablier de dentelle noire coquettement relevé comme celui d'une soubrette de théâtre.
— Vous allez dédaigner mes oeuvres, continua-t-elle, car vous autres peintres d' histoire, comme on dit, vous faites fi du genre. J'avais commencé l'huile il y a trois ans ; mais franchement, cela sent trop mauvais, c'est trop sale. J'ai préféré l'aquarelle, et je crois avoir été à peu près aussi loin que possible dans l'arrangement des intérieurs. Or, mieux vaut la perfection dans un petit genre que la médiocrité dans un grand, n'est-il pas vrai ?
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Nélida (1866), Marie d'Agoult, éd. Calmann-Lévy, 2010 (ISBN 978-2-7021-4127-4), partie Deuxième partie, chap. IX, p. 117
Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900 [modifier]
— Ah ! rendre à la mélodie sa simplicité naturelle, sa perfection ingénue, sa divine innocence, la tirer toute vive de la source éternelle, du mystère même de la nature, de l’âme même de l’Univers ! As-tu jamais médité ce mythe qui se rapporte à l’enfance de Cassandre ? Une nuit, on la laissa dans le temple d’Apollon ; et, au matin, on la retrouva étendue sur le marbre, enlacée dans les anneaux d’un serpent qui lui léchait les oreilles. Depuis lors, elle comprit toutes les voix éparses dans l’air, elle connut toutes les mélodies du monde. La puissance de la Divinatrice n’était qu’une puissance musicale. Une partie de cette vertu apollinienne entra dans les poètes qui coopérèrent à la création du Chœur tragique. Un de ces poètes se vantait de comprendre les voix de tous les oiseaux ; et un autre, de s’entretenir avec les vents ; et un autre, d’entendre parfaitement le langage de la mer. Plus d’une fois j’ai rêvé que j’étais étendu sur le marbre, enlacé dans les anneaux de ce serpent… Pour qu’il nous fût donné de créer l’art nouveau, il faudrait, Daniele, que ce mythe se renouvelât !
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Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. II. L'empire du silence, p. 512
Médias [modifier]
Presse [modifier]
Françoise Barbaras, Une sociologie en puissance ?, 2010 [modifier]
En termes modernes, la puissance chez Spinoza renvoie au concept scientifique de travail ; elle a la dimension d'une énergie, grandeur scalaire, et non d'une force, vecteur de changement, supposant à la fois un point d'application, la localisation d'une source et une direction.
Ce concept spinoziste de « puissance » implique un bilan, l'idée d'une équivalence entre ce qui se dépense dans la cause et ce qui se gagne dans l'effet, entre les quantités de réalité, les « perfections » comme dit Spinoza, qui sont engagées dans une cause et dans un effet. La puissance est une grandeur conservative, une quantité de réalité (une « perfection ») qui se conserve dans la liaison de la cause à l'effet, la composition réglée qui définit l'action.
- Cette citation provient d'un dossier coordonné par Maxime Rovere concernant la philosophie spinozienne.
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« Une sociologie en puissance ? », Françoise Barbaras, Le Magazine Littéraire, nº 493, Janvier 2010, p. 82
Psychanalyse [modifier]
Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010 [modifier]
Libertinage, le plaisir et la joie
Pour Spinoza (1677), les affects constituent des éléments essentiels de l'être. Le désir émane de l'être intime, le conatus, qui évolue en joie ou en tristesse [...].
Pour ce qui concerne la joie, elle s'oriente vers un état de béatitude, parce qu'elle tend à la perfection. L'être se vit exalté et renforcé dans son estime de soi. La tristesse par contre réduit l'extension de lui-même et de sa puissance d'agir ; le sujet essayera alors de s'éloigner de ce qu'il considère comme cause de ce déplaisir ou de le détruire.
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Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Le libertinage épousant l'histoire, Joie et liberté, p. 65
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