Pensée

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La pensée est l'activité psychique consciente dans son ensemble par laquelle l'être humain élabore des concepts qu'il associe pour apprendre, créer et agir au contact de la réalité.


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Sommaire

Fausto Cercignani[modifier]

Les pensées secrètes sont seulement à moitié libres: elles volent indisturbées dans les ciels de la liberté intérieure, mais elles ne peuvent pas en sortir.

  • (en) Secret thoughts are only half free: they fly undisturbed in the skies of the inner freedom, but they can never leave them.
  • Simplement Transcrites. Citations de Fausto Cercignani (titre original: Simply Transcribed. Quotations from Fausto Cercignani), Brian Morris, éd. Lulu Press (Raleigh, NC, USA), http://www.lulu.com/, 2013, p. 19


Ernst Jünger[modifier]

Une pensée qui nous échappe ressemble au poisson qui se détache de l'hameçon. Nous ne devrions pas le pourchasser ; il continue à se nourrir dans les profondeurs pour nous revenir ensuite, plus lourd.

  • Jardins et routes (1942), Ernst Jünger (trad. Maurice Betz (revue par Henri Plard)), éd. Christian Bourgois, coll. Livre de poche biblio, 1979, p. 249


André Maurois, Lélia ou la vie de George Sand, 1952[modifier]

La pensée trop libre n'avance pas, malgré ses efforts ; elle aurait besoin, comme l'oiseau, de la résistance du milieu. L'action révèle les limites que doit s'imposer l'esprit.

  • L'écrivain biographe André Maurois à propos de George Sand.
  • Lélia ou la vie de George Sand (1952), André Maurois, éd. Le Livre de Poche, 2004 (ISBN 2-253-10923-1), chap. I. Aurore Dupin, V. L'héritière de Nohant, p. 69


Enseignement[modifier]

Guide[modifier]

Christine Harache, Toute la fonction d'assistante, 2008[modifier]

Une approche de l'interculturel

La communication interculturelle est l'étude du processus par lequel des individus n'appartenant pas à la même culture tentent d'échanger des informations et des interprétations en utilisant différentes manières de penser, de ressentir de se comporter.

  • Toute la fonction d'assistante, Christine Harache, éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-10-050545-6), partie 1. Les Savoirs, Une approche de l'interculturel, p. 23


Dans les cultures communautaires, l'harmonie doit régner dans les relations entre les individus. Le conflit n'est pas autorisé. Il risquerait de faire perdre la face à l'un des deux protagonistes, ce qui est inenvisageable. On ne peut pas facilement dire ce que l'on pense. D'autant moins qu'une pensée originale n'est pas encouragée. La pensée est façonnée par le groupe d'appartenance.

  • Toute la fonction d'assistante, Christine Harache, éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-10-050545-6), partie 1. Les Savoirs, Une approche de l'interculturel : Les conséquences de l'individualisme, p. 29


Dans les cultures individualistes, [...] une personne franche se doit de dire ce qu'elle pense. On ne cherche pas spécialement à éviter le conflit qui est jugé comme bénéfique pour tous et en tout cas, préférable au non-dit. Un enfant doit apprendre à raisonner et à penser par lui-même plutôt que de copier le mode de pensée des autres.

  • Toute la fonction d'assistante, Christine Harache, éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-10-050545-6), partie 1. Les Savoirs, Une approche de l'interculturel : Les conséquences de l'individualisme, p. 29


Bien communiquer avec des interlocuteurs étrangers

Les stéréotypes sont des catégories de pensée bien commodes dans lesquelles nous enfermons les autres. Ils nous permettent de classer facilement les comportements que nous constatons. Ils relèvent d'une certaine paresse intellectuelle, car nous ne les remettons pas en cause.

  • Toute la fonction d'assistante, Christine Harache, éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-10-050545-6), partie 1. Les Savoirs, Une approche de l'interculturel, p. 34


Maharishi Mahesh Yogi Lake Louise Canada, 1968[modifier]

Il est possible à tout homme d'aller profondément à l'intérieur et de saturer sa conscience avec le bonheur intérieur, cette intelligence illimitée, qui demeure à la source de la pensée.

  • (en) It is possible for every man to go deep within and saturate his conscious mind with inner happiness with that unlimited intelligence that dwells at the source of thought.
  • Maharishi Mahesh Yogi, 1968, Lake Louise, Canada, dans Bienfaits-Méditation, paru 2010, Maharishi University.


Littérature[modifier]

Critique[modifier]

Tristan Tzara, Atrocités d'Arthur et Trompette et Scaphandrier, 1919[modifier]

Une pensée peut s'allumer comme un bandage et sauter comme une certaine couleur verte que j'ai composée une fois avec le sang du colibri, le caoutchouc des bicyclettes à califourchon sur un fil télégraphique.

  • Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton.
  • « Atrocités d'Arthur et Trompette et Scaphandrier », Tristan Tzara, Littérature, nº 9, Novembre 1919, p. 24


Cécile Guilbert, Les ruses du professeur Nabokov, 2010[modifier]

Ce « ronronnement suprême de plaisir produit par l'impact d'une pensée voluptueuse qui est une autre façon de définir l'art authentique », Nabokov le nomme aussi « frisson ». A cet égard, ne jamais oublier que le mot se dit en italien capriccio, d'où « caprice », fantaisie, liberté.

  • Littératures (1980), Vladimir Nabokov, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010, Préface de Cécile Guilbert — Les ruses du professeur Nabokov, p. XXX


Écrit intime[modifier]

Salvador Dali, Les moustaches radar, 1964[modifier]

J'ai déjà dit, en racontant ma rencontre avec lui, que le crâne de Freud ressemblait à un escargot de Bourgogne. La conséquence est évidente : si on veut manger sa pensée il faut la sortir avec une aiguille. Alors elle sort tout entière.

  • Les moustaches radar (1964), Salvador Dali, éd. Gallimard, coll. Folio, 2008 (ISBN 782070317004), p. 62


Anaïs Nin, Henry et June — Les cahiers secrets, 1986[modifier]

Août (1932)

Nos conversations sont merveilleuses, du théâtre à deux, non des duels, mais de fulgurantes illuminations de chacun. Je peux servir de déclencheur à certaines de ses pensées encore imprécises. Il élargit ma propre pensée. Je le fais prendre feu. Il me change en eau. Il y a un mouvement constant entre nous. Et il s'accroche. Il me tient en main comme une proie.


Manifeste[modifier]

André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924[modifier]

Surréalisme, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée par la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préocupation esthétique ou morale.


Nouvelle[modifier]

Gérard de Nerval, Les Filles du feu, 1834[modifier]

Octavie

C'est en ce moment que je fus saisi de l'étourdissement dont j'ai parlé ; la pensée du rendez-vous qui m'avait été donné par la jeune Anglaise m'arracha aux fatales idées que j'avais conçues. Après avoir rafraîchi ma bouche avec une de ces énormes grappes de raisin que vendent les femmes du marché, je me dirigeai vers Portici et j'allai visiter les ruines d'Herculanum.


Poésie[modifier]

Paul Eluard , L'Amour la poésie, 1929[modifier]

Passage où la vue détourne d'un coup la pensée

Passage où la vue détourne d'un coup la pensée
Une ombre s'agrandit cherche son univers
Et tombe horizontalement
Dans le sens de la marche.

  • Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1929), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Comme une image, XII. Passage où la vue détourne d'un coup la pensée, p. 215


Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958[modifier]

Pierre de soleil

[...] vêtue de la couleur de mes désirs
comme ma pensée tu vas nue,
je vais par tes yeux comme dans l'eau,
les tigres boivent du rêve à ces yeux,
le colibri se brûle à ces flammes.

  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Benjamin Péret), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie IV. PIERRE DE SOLEIL (1957), p. 162


Prose poétique[modifier]

Hans Arp, Note 2 sur l'art, 1917[modifier]

L'homme est sale, il tue les animaux, les plantes, ses frères, il querelle, il est intelligent, parle trop, ne peut pas dire ce qu'il pense.
Mais l'artiste est un créateur : il sait travailler une forme qui devient organique. Il décide. Il rend l'homme meilleur. Soigne le jardin des intentions, ordonne.

  • « Note 2 sur l'art », Hans Arp, Dada, nº 2, Décembre 1917, p. 2


La pureté d'un principe me rend heureux, voir au-delà de l'horizontale qui s'élargit tranquillisant les nouveautés végétales des pays éloignés ; floraisons de glace. La verticale : dans la sérieuse pensée devant l'infini en sentant la profondeur d'un instant devant l'animal.

  • « Note 2 sur l'art », Hans Arp, Dada, nº 2, Décembre 1917, p. 2


André Breton/Philippe Soupault, Les Champs Magnétiques, 1919[modifier]

J'arriverai peut-être à diriger ma pensée au mieux de mes intérêts. Soins des parasites qui entrent dans l'eau ferrugineuse, absorbez-moi si vous pouvez.

  • Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton.


André Breton, Poisson soluble, 1924[modifier]

— Tu as raison, me dit-elle, l'ombre ici présente est sortie tantôt à cheval. Les guides étaient faites de mots d'amour, je crois, mais puisque les naseaux du brouillard et les sachets d'azur t'ont conduit à cette porte éternellement battante, entre et caresse-moi tout le long de ces marches semées de pensées.


L'un de ceux qui retinrent son attention fut une femme en proie à un amour partagé et sur laquelle le professeur T tentait une dépersonnalisation progressive dont il attendait des résultats prodigieux. C'est ainsi que chaque matin on remettait à cette femme une lettre émanant soi-disant de son bien-aimé et qui était le plus bel échantillon qu'on pût imaginer de toutes les figures de pensée dont le nouvelles variétés, particulièrement vénéneuses, venaient d'être acclimatées. D'un mélange adroit de mensonges insignifiants et de ces fleurs rares, l'expérimentateur attendait un effet si nocif qu'autant dire que le sujet était condamné.


Antonin Artaud, L'Ombilic des Limbes, 1925[modifier]

Une grande ferveur...

Une grande ferveur pensante et surpeuplée portait mon moi comme un abîme plein.

  • L'Ombilic des Limbes suivi du Pèse-nerfs et autres textes, Antonin Artaud, éd. Gallimard, coll. Poésie/Gallimard, 1956, partie L'Ombilic des Limbes, « Une grande ferveur... », p. 53


Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927[modifier]

Mais le Corsaire Sanglot, la chanteuse de music-hall, Louise Lame, les explorateurs polaires et les fous, réunis par inadvertance dans la plaine aride d’un manuscrit, hisseront en vain du haut des mâts blancs les pavillons noirs annonciateurs de peste s’ils n’ont auparavant, fantômes jaillis de la nuit profonde de l’encrier, abandonné les préoccupations chères à celui qui, de cette nuit liquide et parfaite, ne fit jamais autre chose que des taches à ses doigts, taches propres à l’apposition d’empreintes digitales sur les murs ripolinés du rêve et par là capables d’induire en erreur les séraphins ridicules de la déduction logique persuadés que seul un esprit familier des majestueuses ténèbres a pu laisser une trace tangible de sa nature indécise en s’enfuyant à l’approche d’un danger comme le jour ou le réveil, et loin de penser que le travail du comptable et celui du poète laissent finalement les mêmes stigmates sur le papier et que seul l’œil perspicace des aventuriers de la pensée est capable de faire la différence entre les lignes sans mystère du premier et le grimoire prophétique et, peut-être à son insu, divin du second, car les pestes redoutables ne sont que tempêtes de cœurs entrechoqués et il convient de les affronter avec des ambitions individuelles et un esprit dégagé du stupide espoir de transformer en miroir le papier par une écriture magique et efficace.


Le corps de Louise Lame vaincue et fatiguée repose dans la flaque de sang. Le corsaire attentif comprend que l’heure est venue des représailles. Il s’apprête à sortir quand la sirène apparaît dans le salon. Il la saisit à bras le corps, la soulève et la jette à toute volée dans la rue, à travers une fenêtre. Les vitres volent en éclats et l’eau fait irruption dans le club : une eau bleue et bouillonnante, écumeuse, qui renverse les tables, les fauteuils, les buveurs. Corsaire Sanglot, durant ce temps, s’éloigne d’un quartier si paisible que le rêve y devient réalité. Son chemin est celui de la pensée, fougère à queue de paon.


Antonin Artaud, L'Art et la mort, 1929[modifier]

Héloïse et Abélard

Elle a des mains qui entourent les livres de leurs cartilages de miel. Elle a des seins en viande crue, si petite, dont la pression donne la folie ; elle a des seins en dédales de fil. Elle a une pensée toute à moi, une pensée insinuante et retorse qui se déroule comme d'un cocon. Elle a une âme.

  • L'Ombilic des Limbes suivi du Pèse-nerfs et autres textes, Antonin Artaud, éd. Gallimard, coll. Poésie/Gallimard, 1956, partie L'Art et la Mort, « Héloïse et Abélard », p. 145


Joyce Mansour, Dolman le maléfique, 1961[modifier]

Il apprit le langage des aliments savants, la texture des soies de l'Orient, le vol des oiseaux les plus intrépides, la pensée des sages, la mode de digestion des volcans. Et il se lassa. Il se lassa des femmes, des paysages semés de guerriers aux cris de chats, des insectes, de lui-même, du reste. Il tenta bien de ranimer son enthousiasme défaillant par toutes sortes de perversions persuasives mais la délicate ampleur de son libre pénis était dorénavant sans saveur pour lui.

  • « Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 49


Roman[modifier]

Victor Hugo, Les Misérables, 1862[modifier]

Penser, voilà le triomphe vrai de l’âme.


La pensée est le labeur de l’intelligence, la rêverie en est la volupté.


Remplacer la pensée par la rêverie, c’est confondre un poison avec une nourriture.


La philosophie est le microscope de la pensée.


Marie d'Agoult, Nélida, 1866[modifier]

Chez les femmes les plus hautement douées, le coeur, dans ses élans rapides, dépasse de si loin la pensée qu'à lui seul il agite, soumet, bouleverse et entraîne au hasard toute la première moitié de l'existence. La pensée, plus lente en sa marche, grandit, d'abord inaperçue, au sein des orages ; mais peu à peu elle s'élève au-dessus d'eux, les connaît, les juge, les condamne ou les absout ; elle devient souveraine. Le combat fut long et cruel pour Nélida, et quand elle entra en possession des forces que la nature lui avait données, elle se trouva en présence d'ennemis extérieurs aussi formidables que l'avait été son amour. La lutte recommença sous d'autres aspects et dans une autre arène.


Alexandre Dumas, Le Bagnard de l'Opéra, 1868[modifier]

Il est vrai que la nuit, quand je pouvais prendre sur moi de fermer mes volets aux rayons tentateurs de la lune ; quand je pouvais détourner mes regards de ce ciel tout scintillant d'étoiles ; quand je pouvais m'isoler avec ma propre pensée, je ressaisissais quelque empire sur moi-même. Mais, comme un miroir, mon esprit avait conservé un reflet de ses préoccupations de la journée, et, comme je l'ai dit, ce n'étaient plus des créatures humaines avec leurs passions terrestres qui m'apparaissaient, c'étaient de beaux anges qui, à l'ordre de Dieu, traversaient d'un coup d'aile ces espaces infinis ; c'étaient des démons proscrits et railleurs, qui, assis sur quelque roche nue, menaçaient la terre ; c'était enfin une oeuvre comme La Divine Comédie, comme le Paradis perdu ou comme Faust, qui demandait à éclore, et non plus une composition comme Angèle ou comme Antony.
Malheureusement je n'étais ni Dante, ni Milton, ni Goethe.


Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900[modifier]

— Connaissez-vous, Perdita, demanda soudain Stelio, connaissez-vous au monde un autre lieu qui, autant que Venise, possède, à certaines heures, la vertu de stimuler l’énergie de la vie humaine par l’exaltation de tous les désirs jusqu’à la fièvre ? Connaissez-vous une plus redoutable tentatrice ?
Celle qu’il appelait Perdita, le visage penché comme pour se recueillir, ne fit aucune réponse ; mais elle sentit passer dans tous ses nerfs l’indéfinissable frisson que lui donnait la voix de son jeune ami, quand cette voix devenait révélatrice d’une âme véhémente et passionnée vers qui elle était attirée par un amour et une terreur sans limites.
— La paix, l’oubli ! Est-ce que vous les retrouvez là-bas, au fond de votre canal désert, lorsque vous rentrez épuisée et brûlante pour avoir respiré l’haleine des foules qu’un de vos gestes rend frénétiques ? Moi, lorsque je vogue sur cette eau morte, je sens ma vie se multiplier avec une rapidité vertigineuse ; et, à certaines heures, il me semble que mes pensées s’enflamment comme à l’approche du délire.
— La force et la flamme sont en vous, Stelio ! — dit la Foscarina, presque humblement, sans relever les yeux.

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 4


Renée Dunan, La Culotte en jersey de soi, 1923[modifier]

— Tu as gardé ta pensée d'avant le cataclysme.
— Je n'ai qu'une pensée. Et puis j'ai vu cela. Je l'ai vécu...
— Elle a raison. Le goût de s'individualiser est maladif quand il pousse à renier les seules belles choses que les vieilles théologies avaient révérées et qui nous sont chères par tant de fibres ancestrales.
— On ne peut pas tout juger sous l'aspect de la morale nietzschéenne.
— Mais vous savez bien que la conception du Maître, qui règne et fabrique des superéthiques, finit dans la paralysie générale. Je crois bien que cette conversation nous indique un moyen de charmer les heures à passer ici. Que celles-ci soient longues ou que la plèbe vienne nous assiéger.


André Breton, L'Amour fou, 1937[modifier]

Teide admirable, prends ma vie ! Tourne sous ces mains rayonnantes et fais miroiter tous mes versants. Je ne veux faire avec toi qu'un seul être de ta chair, de la chair des méduses, qu'un seul être qui soit la méduse des mers du désir. Bouche du ciel en même temps que des enfers, je te préfère ainsi énigmatique, ainsi capable de porter aux nues la beauté naturelle et de tout engloutir. C'est mon coeur qui bat dans tes profondeurs inviolables, dans cette aveuglante roseraie de la folie mathématique où tu couves mystérieusement ta puissance. Daignent tes artères, parcourues de beau sang noir et vibrant, me guider longtemps vers tout ce que j'ai à connaître, à aimer, vers tout ce qui doit faire aigrette au bout de mes doigts ! Puisse ma pensée parler par toi, par les mille gueules hurlantes d'hermines en quoi tu t'ouvres là-haut au lever du soleil !


Médias[modifier]

Presse[modifier]

Philosophie[modifier]

Karl Marx/Friedrich Engels, Thèses sur Feuerbach, 1845[modifier]

II. La question de savoir s'il y a lieu de reconnaître à la pensée humaine une vérité objective n'est pas une question théorique, mais une question pratique. C'est dans la pratique qu'il faut que l'homme prouve la vérité, c'est-à-dire la réalité, et la puissance de sa pensée dans ce monde et pour notre temps. La discussion sur la réalité ou l'irréalité de la pensée, isolée de la pratique, est purement scolastique.

  • Textes 1 (1845), Karl Marx (trad. R. Cartelle et G. Badia), éd. sociales, coll. Classiques du marxisme, 1972, chap. Un nouveau matérialisme, p. 89


Psychanalyse[modifier]

Alberto Eiguer, Le Pervers narcissique et son complice, 1989[modifier]

Il ne faut pas qu'il opère cette seconde naissance qu'est la naissance psychique ; il ne faut pas qu'il croisse, qu'il pense, qu'il désire, qu'il rêve.(...)Pas plus que de rêver, il devra penser : la séduction narcissique ne tolère ni le désir ni la pensée, qui sont preuves d'insurrection »

  • il est question ici de l'enfant de la mère perverse narcissique.
  • Le pervers narcissique et son complice, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 1989 (ISBN 2 10 002843 X), partie I. Le Champ de la perversion narcissique, chap. Définition et description générale, Séduction narcissique, p. 26


Applications à la psychopathologie

Les traits généraux de la perversion narcissique se retrouvent chez le psychotique avec des différences dues à la structure propre à chaque variante clinique : schizophrénie, paranoïa, psychose maniaco-dépressive. Si le paranoïaque est plus habile parce qu'il possède un degré de savoir et de pensée suffisamment développé, ou est plus habitué à induire des vécus, le schizophrène n'est pas moins efficace parce que déconcertant et paroxystique. Le schizophrène a le désordre interne en plus, mais il risque de faire de la perversion narcissique un mode défensif de restitution, équivalent au délire, et de ce fait, de rendre le travail thérapique plus ardu.

  • Le pervers narcissique et son complice, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 1989 (ISBN 2 10 002843 X), partie II. Applications à la psychopathologie, chap. Psychose et perversion narcissique, Emprise régressive et emprise fonctionnelle, p. 83


Chaque patient organise ses défenses perverses d'après le modèle du conflit interne. Schématiquement, le paranoïaque essaie de paralyser la pensée par la disqualification ; le schizophrène essaie d'étouffer l'émotivité chez l'autre ou de s'en servir pour combler son anesthésie, si toutefois cela est possible ; le maniaco-dépressif agira sur l'humeur de l'autre pour contrôler sa propre tristesse ou son euphorie : le cas du deuil délégué en est un exemple. Bien des récupérations cliniques de ces patients sont liées à l'instauration et au maintien de liens parasitaires, où l'hôte et le parasite finissent par équilibrer leur interaction au prix parfois d'un grand appauvrissement réciproque.

  • Le pervers narcissique et son complice, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 1989 (ISBN 2 10 002843 X), partie II. Applications à la psychopathologie, chap. Psychose et perversion narcissique, Emprise régressive et emprise fonctionnelle, p. 83


Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010[modifier]

Paul Valéry rappelle avec pertinence :
« A Rome, les hommes libres, s'ils étaient nés de parents libres, s'appelaient ingénus ; s'ils avaient été libérés, on les disait libertins. Beaucoup plus tard on appela libertins ceux dont on prétendait qu'ils avaient libéré leur pensée ; bientôt ce beau titre fut réservé à ceux qui ne connaissaient pas de chaînes dans l'ordre des moeurs. Valéry, Regards sur le monde actuel » (Le Robert, 1988).

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie Introduction, chap. Liberté génère trois mots proches mais différents : libertin, libertaire, libéral, p. 7


Libertinage, le plaisir et la joie

Lorsqu'elle rappelle que l'intellection pour Spinoza n'est pas une froide mécanique, Sophie de Mijolla-Mellor (1992, 2004) souligne que cette béatitude se retrouve dans le plaisir de penser. Parler de béatitude ne vise pas à sacraliser l'esprit mais à faire remarquer l'excitation jubilatoire que la pensée suscite.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Le libertinage épousant l'histoire, Joie et liberté, p. 65


« Les philosophes du XVIIIe siècle persistent dans l'idéal formulé par les libertins baroques du siècle précédant : une pensée privée libre éventuellement rebelle, iconoclaste, et, revers de la médaille, une pensée publique prudente, discrète, enveloppée dans la circonspection », dit M. Onfray, dans son ouvrage consacré aux Ultras des Lumières (2007).

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Le libertinage faisant l'histoire, L'époque des lumières, p. 71


Libertinage et prédation

Racamier observe (1992) que l'attitude de prédation morale est liée au fait que les pervers-narcissiques disposent d'une pensée limitée et qu'il leur faut agir [...]. « D'où le besoin d'incessantes confirmations [...]. »

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie II. Libertinage et prédation, chap. Psychopathologie du prédateur et de sa famille, La naissance du concept de prédation morale, p. 119


Sont employées des techniques de disqualification [...] comme l'imposition de dilemmes insolubles ; ou plus complexes comme les contraintes paradoxales ; ou plus simplement comme le désaveu actif de la valeur et de la pertinence de la pensée et de la perception d'autrui. La jouissance perverse éclate lorsque le sujet sait sa proie trébuchante et plus tard lorsqu'il la voit défaite par la disqualification qu'elle a subie.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie II. Libertinage et prédation, chap. Psychopathologie du prédateur et de sa famille, La naissance du concept de prédation morale, p. 120


Un cas relativement fréquent : la coexistence de paranoïa et de perversion-narcissique, ou plutôt d'une perversion-narcissique qui permet de contrôler la chute psychotique, les ruptures dans la pensée que celle-ci déclenche.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie II. Libertinage et prédation, chap. Psychopathologie du prédateur et de sa famille, La naissance du concept de prédation morale, p. 123


Si la victime hésite ou résiste, le discours du corrupteur devient arrogant, terroriste, menaçant. Il se montre méprisant pour les opposants à son système de pensée, son but étant d'acculer la victime à accepter son avilissement.

  • Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie II. Libertinage et prédation, chap. Invitation à la débauche, L'initiateur corrupteur. Anatomie du discours, p. 137


Psychologie[modifier]

Paul-Claude Racamier, Les Schizophrènes, 1980[modifier]

Préambule et divertimento

Autant savons-nous que le schizophrène combat le réel et l'objet à coups de hache et de laser, autant, plus que quiconque au monde, je soutiens que le schizophrène combat pour le réel, pour l'objet, pour la pensée et pour le Je. C'est pourquoi d'ailleurs il nous en apprend tellement à ce sujet. Il y a bien sûr un enseignement universel à tirer de l'expérience psychanalytique avec les schizophrènes. Autant qu'ils le sachent : ce n'est pas seulement pour eux que l'excursion schizophrénienne m'intéresse, et peut-être l'aurais-je trouvée trop ardue, n'était ce qu'elle nous apprend sur la psyché tout entière.


Schizogrammes

penser De penser qu'il pense fait peur au schizophrène autant qu'au névrosé de penser qu'il désire.


Paul-Claude Racamier, Pensée perverse et décervelage, 1992[modifier]

Préambule

Des sujets qui, plutôt que de souffrir des peines ordinaires, font souffrir des tourments extraordinaires au moi des autres ; [...] des noyaux pervers gâchant tout alentour les charmes de la libido et les vertus de la vérité ; une pensée s’exerçant à tarir le courant de la pensée : rien de plus contraire à l’esprit de la psychanalyse, rien de plus difficile à comprendre ; et pourtant rien de plus important à connaître dans les rouages interpsychiques des familles, des institutions, des groupes et même des sociétés.

  • Pensée perverse et décervelage, 1992, Préambule, dans [1], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.


Sources et trajets

On ne saura jamais assez que l’aberration du fonctionnement mental n’est pas l’apanage des psychotiques. Et quant à leur capacité (si souvent célébrée) de troubler la pensée d’autrui, ils sont loin d’en détenir le privilège.
D’autres qu’eux, baignant dans le confort psychique, passant pour normaux et se tenant pour supernormaux, sont beaucoup plus experts en décervelage ; car le décervelage est l’apanage le plus redoutable de la pensée perverse. Des intrications étranges et souvent secrètes se trament entre psychose et perversion, dans un jeu diabolique où les psychotiques perdent presque à tous les coups.

  • Pensée perverse et décervelage, 1992, Sources et trajets, dans [2], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.


Mouvement pervers narcissique


De la pensée perverse au désordre de pensée

Afin d’économiser notre temps, je pourrais, pour définir la pensée perverse, dire qu’elle est exactement l’inverse de la pensée créative et en particulier de la pensée psychanalytique [...].
C’est ainsi qu’elle se montre décidément aveugle à la réalité psychique, celle de soi comme celle d’autrui. Du moment que son confort psychique personnel lui est acquis, le pervers n’a cure ni de fantasmes ni d’affects. Une pensée défantasmée donc, et défantasmante [...]. Baignant dans l’opulence de l’agir et dans l’habileté manœuvrière, il est dans le dénuement fantasmatique.

  • Pensée perverse et décervelage, 1992, De la pensée perverse au désordre de pensée, dans [3], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.


Cette pensée qui déstabilise le mental, serait-ce une pensée véritablement paradoxale ? Pas du tout : le paradoxe déroute, mais il donne quand même à penser. Il peut se muer en humour. Pas la pensée perverse. En vérité elle ne fait qu’attraper le moi ; elle décourage, démobilise et démolit la compréhension dans son principe même. Ses deux anti-mamelles sont la créativité et l’intelligence. Serait-elle simplement sotte — Elle est pire : anti-intelligente.

  • Pensée perverse et décervelage, 1992, De la pensée perverse au désordre de pensée, dans [4], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.


Jean Gortais, Processus de la schizophrénie, 2002[modifier]

Le trouble de pensée dans la schizophrénie ne relève pas tant de la perte de réalité que du « gain de réalité » qui conditionne une première étape de la maladie, « celle où les pensées sont devenues réelles — la conséquence suivante est l'interprétation réelle par des faits faussement conçus comme réels ».

  • Processus de la schizophrénie (2002), Catherine Azoulay/Catherine Chabert/Jean Gortais/Philippe Jeammet, éd. Dunod, coll. Psycho Sup, 2002 (ISBN 2-10-004780-9), chap. I « Approche historique d'une psychopathologie psychanalytique de la schizophrénie (Jean Gortais) », 9. Schizophrénie et psychologie du moi, p. 32


Marie Anaut, La Résilience — Surmonter les traumatismes, 2003[modifier]

Le fonctionnement psychique de la résilience suppose de recourir à des mécanismes de défense adaptés mais également de faire un travail de mise en sens. Ainsi, le fonctionnement psychique de la résilience passe par l'activation du processus de mentalisation, qui fait appel aux représentations psychiques et à la symbolisation des affects (De Tychey, 2001), la mentalisation permettant de mettre en pensée les excitations internes.

  • La Résilience — Surmonter les traumatismes, Marie Anaut, éd. Armand Colin, coll. 128, 2008 (ISBN 978-2-200-35348-3), partie 3. Articulations théoriques de la résilience, chap. 4. Approches psychodynamiques et processus intrapsychiques, 4.4 Les phases du processus psychique de la résilience, p. 84


Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, Les Perversions sexuelles et narcissiques, 2005[modifier]

Perversions narcissiques

« Dérive » manipulatoire de la séduction narcissique, la perversion narcissique appartient à un registre plus public (familial, social) que la perversion sexuelle, d'ordre plus privé. Les manoeuvres semant la confusion dans l'esprit de l'autre relèvent d'un registre de disqualification des sensations, des émotions ou des pensées de l'autre, victime de la séduction perverse qui « l'enferme » dans la toute-puissance du pervers. Chez la victime, cette disqualification des émotions et de la pensée crée une « dé-fantasmatisation », une « désymbolisation » et détruit les différences entre les registres psychiques, créant une confusion sur laquelle « joue » le pervers narcissique.
Ces disqualifications apparaissent volontiers dans le champ de la communication, de l'omission de qualification (une mère se plaint que son enfant ne fait pas de sport, s'il en fait, elle dit alors qu'il ferait mieux de faire de la musique), de la surestimation narcissique mensongère de l'objet (flatterie) qui a pour but de contrôler celui-ci... Un autre procédé est l' induction (Eiguer, 1996) : la victime se laisse abuser, parce qu'elle peut se trouver dans une situation de faiblesse, de fragilité. Le pervers le perçoit et va alors faire éprouver à la victime des sentiments inhabituels pour elle mais qui appartiennent au sujet pervers. Utilisant l'identification projective, il délègue et dépose dans l'autre des affects et des idées dont il souhaite se débarrasser. Pousser la victime parfois jusqu'à la faute pour ensuite la critiquer et la mettre à sa merci, tel est le but pervers du « détournement » de toute relation.

  • Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie IV. Perversions narcissiques, chap. 1. Pourquoi l'extension du terme ?, 1.4 Perversion narcissique a) Pathologie de l'agir de parole, p. 105


Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006[modifier]

La relation d'emprise (cadre psychanalytique)

La relation d’emprise dans la perversion est « de nature essentiellement spéculaire, duelle donc non médiatisée », elle se développe entièrement dans l’imaginaire ; l’autre est aliéné, rendu étranger à lui même. Il doit être soumis, n’exister que pour être frustré en permanence ; il faut le paralyser, l’empêcher de penser afin qu’il ne prenne pas conscience du processus. Cet assujettissement permet finalement au pervers d’éviter d’entrer en relation avec cet autre dont la différence le terrifie : par ce processus il maintient l’autre à distance, dans les limites qui ne lui paraissent pas dangereuses. S’il ne veut pas être envahi par l’autre, il lui fait subir pourtant ce qu’il ne veut pas subir lui-même en l’étouffant et en le maintenant à disposition (Hirigoyen, 1998).

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le pervers narcissique : conformer l'autre en un identique, dans [5], paru Textes Psy, Cédric Roos.


La victime « emprisée » est « insidieusement saisie d’un sentiment poignant de dangereuse étrangeté ». Il faut l’empêcher de penser afin qu’elle ne prenne pas conscience du processus, la paralyser, la placer en position de flou et d’incertitude. Soumise, elle n’existe plus que pour être frustrée en permanence.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de la victime d'une relation d'emprise, dans [6], paru Textes Psy, Cédric Roos.


La parole peut être utilisée pour banaliser des situations déviantes ou des actes répréhensibles, pour dépasser l’interdiction d’un tabou. Elle induit volontairement la victime en erreur.
De plus, dans une relation normale, la parole exprime l’état d’esprit de celui qui la prononce : elle fait le lien avec l’autre qui lui exprime sa reconnaissance en retour. Dans la relation d’emprise, l’instigateur parle « au nom de la victime », en nommant ses intentions, en faisant mine de deviner ses pensées cachées, et en l’obligeant à s’y soumettre.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, Modèle cognitivo-comportemental : Pratiques relationnelles ou praxis Captation, dans [7], paru Textes Psy, Cédric Roos.


François Marty, Les grands concepts de la psychologie clinique, 2008[modifier]

L'inconscient

La « pulsion de mort », au sens le plus restreint, rend compte de la clinique du vide, de la mort psychique, du désinvestissement, de la désobjectalisation, du narcissisme primaire absolu, mais aussi de la compulsion de répétition, de la réaction thérapeutique négative. Elle détermine les phénomènes de déliaison, de déchaînement des affects, de rupture des enchaînements de pensée, de désorganisation. Elle trouve son élaboration par intrication avec les pulsions de vie, ne serait-ce que sous forme de pulsions destructrices, de violence, de sado-masochisme.


Les états limites

A. Green (1990) a développé une réflexion originale sur les cas limites, qu'il considère comme « les états limites de l'analysabilité » en raison des difficultés à penser pour ceux qui en sont atteints, découlant de la défaillance de leurs capacités de représentation et de symbolisation. Chez ces sujets, la pensée est comme vide de représentation, vide de fantasmes et de créativité. Pour l'auteur, l'« exlusion somatique » et l'« expulsion par l'acte » ont pour fonction de court-circuiter l'activité psychique entraînant un état de blanc de la pensée, sous-tendu par le clivage de la « dépression primaire ». Green précise toutefois que les créations de ces sujets existent bel et bien mais ne possèdent pas de valeur fonctionnelle pour leur appareil psychique.


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