Patriarcat
Le patriarcat désigne « une forme d’organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l’autorité par les hommes ».
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[modifier] Histoire
[modifier] Marie-Jo Bonnet, Les Relations amoureuses entre les femmes, 1981
En ne donnant pas leur ventre à la reproduction, elles s'isolent socialement. S'isolant, elles peuvent démonter le jeu sexuel et social qui se joue quotidiennement sur la scène patriarcale et voir les potentialités de renouvellement d'une civilisation en pleine mutation.
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Les Relations amoureuses entre les femmes (1995), Marie-Jo Bonnet, éd. Odile Jacob, coll. Poches, 1981, Introduction, p. 18
L' homoïos, l'amour du semblable, réapparaît [...] au moment même où la monarchie absolue est attaquée dans ses fondements religieux. C'est une vraie révolution de la représentation de l'être, de son corps et de la sexualité qui s'opère ici, avec la possibilité au moins théorique de redonner à la femme une place égale à celle de l'homme. Le porteur de pénis n'est plus le détenteur du sens. C'est le couple « hétérosexuel » qui compte ; plus exactement, le sens se déplace de la personne à l'acte et la nouvelle norme se dépersonnalise en étant projetée sur le rapport humain. Théoriquement, donc, l'homme et la femme ont autant d'importance dans ce rapport, ce que la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen reconnaîtra sur le plan politique. Mais au XIXe siècle cette égalité potentielle entre les individus des deux sexes sera proprement inconcevable pour les médecins, ces nouveaux défenseurs du patriarcat qui s'empresseront de rediviser le monde du plaisir en deux catégories : les « normaux » et les « pervers ».
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Les Relations amoureuses entre les femmes (1995), Marie-Jo Bonnet, éd. Odile Jacob, coll. Poches, 1981, partie 2. Des mystères de la nature à ceux de Lesbos (XVIIIè siècle), chap. I Lumières... sur la passion du semblable, Introduction, p. 137
Si le jacobin a fait de la femme la vestale d'un nouveau culte païen au patriarcat, fonction qui sera légalisée en 1804 par le Code civil napoléonien, n'est-ce pas en réaction à l'apparition d'une nouvelle conscience identitaire des femmes, incarnée politiquement par Olympe de Gouges qui signe, avec sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, son acte de naissance historique ? Les républicains y ont vu une menace pour la Révolution.
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Les Relations amoureuses entre les femmes (1995), Marie-Jo Bonnet, éd. Odile Jacob, coll. Poches, 1981, partie 2. Des mystères de la nature à ceux de Lesbos (XVIIIè siècle), chap. II Les mystères de Lesbos, Introduction, p. 212
[modifier] Psychologie
[modifier] Mary Esther Harding, Les Mystères de la femme, 1953
Dans notre système patriarcal occidental, la jeune fille non mariée appartient à son père, mais en des temps plus reculés, et comme c'est encore le cas dans certaines communautés primitives, elle était sa propre maîtresse jusqu'à son mariage. Le droit de disposer de soi-même jusqu'à ce qu'on se marie fait partie du concept primitif de la liberté. Une protection générale est accordée aux jeunes filles dans les sociétés primitives, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la tribu [...]. Cette liberté d'action implique le droit de refuser les privautés aussi bien que celui de les accepter. Une fille appartient à elle-même tant qu'elle est vierge, célibataire, et l'on ne peut l'obliger ni à conserver sa chasteté ni à consentir à une étreinte non désirée. En tant que vierge elle n'appartient qu'à elle-même, elle est une.
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Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 2-228-89431-1), chap. VII. La lune mère, p. 170