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[modifier] Littérature
[modifier] Essai
[modifier] Boris Vian, Utilité d'une littérature érotique, 1980
Il y a un paradoxe amusant dans le fait que le gouvernement encourage par tous les moyens les citoyens à boire du cognac et à griller de l'herbe puante, et dans le même temps, arrête et condamne les satyres qui ne font en somme que tenter d'exercer une fonction parfaitement normale mais compliquée à plaisir par les préjugés et autres règlements. Ou plutôt, il n'y a pas de paradoxe ; ce sont les deux aspects d'une conspiration pour le nuisible. Car il est parfaitement sain, physiquement parlant, de se livrer avec une partenaire choisie à toutes les possibilités du joyeux mistère, selon la plaisante expression de nos pères ; tandis que l'on attrape des cirrhoses à boire de l'alcool.
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Écrits pornographiques précédés de l'Utilité d'une littérature érotique, Boris Vian, éd. Le Livre de Poche, 1980 (ISBN 978-2-253-14431-1), I. Utilité d'une littérature érotique, p. 34
[modifier] Prose poétique
[modifier] Joseph Delteil, Échec, 1923
J'avais le goût de la typographie, des châtaignes, de la laine. Un peu de bric-à-brac ne me déplaisait pas, pourvu qu'il décelât un goût volumineux et atmosphérique. J'abhorrais la poudre de riz, et j'aimais sans bornes les échecs. Je me souviens. Luce était ma partenaire à ce jeu, et à quelques autres. L'échiquier exsangue, à carreaux verdâtres et pâles, avait la jaunisse verte. Le cheval galopait fièvreusement, comme mon coeur. La reine... c'est à cette époque que je compris qu'une reine était une femme. Mais le corollaire de cette proposition m'échappait encore. Quant à cette bande de pions qui me barraient la route comme les archers aux chevaliers de Crécy...
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« Échec », Joseph Delteil, Littérature Nouvelle Série, nº 10, Octobre 1923, p. 6
[modifier] Psychanalyse
[modifier] Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010
Libertinage, le plaisir et la joie
Pour créer les conditions de notre plaisir, il est important pour nous d'envisager que nos mères aient admis que nous jouions avec leur peau sensible, qu'elles nous aient donné l'occasion de pénétrer leur esprit et que cela était un bonheur pour elles. Sachant que cette réciprocité leur apportait satisfaction, nous nous sentons désormais confiants dans notre capacité à donner du bonheur. Si nous avions raté cette circulation sensuelle, nous serions poussés à la chercher sans cesse, par des moyens fortuits et auprès de personnes trouvées par hasard.
Mais dans la mesure où ces partenaires nous rappellent notre mère, par quelque trait ou comportement, ce sera moins grave et moins éprouvant que si on les ressentait comme des étrangers. La blessure est toutefois bien profonde ; rien ni personne ne saura la panser, et la quête sera peut-être poursuivie infiniment.
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Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie I. Libertinage, le plaisir et la joie, chap. Les libertins sont-ils des pervers ?, Le ballet des libertins, p. 24
[modifier] Psychologie
[modifier] Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, Les Perversions sexuelles et narcissiques, 2005
Introduction
Classiquement, la perversion sexuelle est [...] une conduite sexuelle déviante dans laquelle le partenaire n'est pas considéré comme une personne mais simplement comme un objet nécessaire à la satisfaction sexuelle, et vis-à-vis duquel une vive hostilité est ressentie comme dans le sadisme, le masochisme, le voyeurisme, le fétichisme...
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Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), Introduction, p. 7
Caractéristiques des perversions
La perversion sexuelle est un comportement sexuel 1) inhabituel (insolite, bizarre, en fait, rompant avec les pratiques sexuelles admises), 2) partiel (ne vise qu'une jouissance limitée), 3) exclusif (le sujet ne peut obtenir de plaisir autrement), 4) réduisant le (la) partenaire à un objet (instrumentalisation).
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Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie II. Caractéristiques des perversions, chap. 1. Critères cliniques psychiatriques des pervers, 1.1 Critères psychiatriques usuels, p. 31
La perversion correspond à une mise en actes dans laquelle : a) une composante partielle du plaisir préliminaire devient le moteur de l'orgasme et non pas ce qui permet l'augmentation de l'excitation, b) un acte est séparé de son enchaînement et prend la place du tout (le fait de voir le partenaire par exemple). L'acte pervers se caractérise donc par son aspect partiel (par rapport à l'acte sexuel dit normal), aspect que l'on retrouve à propos de l'objet et de la pulsion.
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Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie II. Caractéristiques des perversions, chap. 2. Critères psychopathologiques, 2.1 Les conceptions freudienne, p. 39
Comme le remarquent Hurni et Stoll, le profil de la personnalité perverse est assez redoutable. Dénué de valeurs autres que celles se rattachant à son propre intérêt, le pervers se présente comme un véritable rapace dans la relation. Il peut se nourrir d'un malheur qu'il parvient à instiller aux autres ; soit en eux, dans leur psychisme, soit dans de nombreux conflits qu'il parvient à tisser entre différents partenaires. Pour combler son vide intérieur, il agit en authentique « vampire » de la libido sexuelle ou narcissique des autres, en semant la confusion, par la séduction et l'emprise qu'il mettra dans chaque relation.
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Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie II. Caractéristiques des perversions, chap. 2. Critères psychopathologiques, 2.2 Les conceptions post-freudiennes a) Différences entre personnalités névrotiques et narcissiques, p. 48
[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006
La relation d'emprise (cadre psychanalytique)
La perversion est une activité de nature auto-érotique qui a pour condition le déni du statut de sujet chez le partenaire (F. Pasche, 1983). La perversité au contraire est de nature destructrice et vise la réalité psychique de l’autre qui est agressé (Ey, 1989).
Pour Racamier, la « pensée perverse » doit s’entendre au sens de la perversité, et non de la perversion érogène.
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La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le pervers narcissique : conformer l'autre en un identique, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.
La relation d’emprise constitue une entreprise mortifère de par le dénigrement et les attaques souterraines qui y sont systématiques. Ce processus n’est possible que par la trop grande tolérance du partenaire, que les psychanalystes ont trop souvent tendance à interpréter — de manière réductrice — comme étant liée aux bénéfices inconscients, essentiellement masochistes, que la victime peut tirer de tels liens.
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La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de la victime d'une relation d'emprise, dans [2], paru Textes Psy, Cédric Roos.