Organisation

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Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Roman

[modifier] Leonardo Sciascia, Le Jour de la chouette, 1961

— Mendolia... Il a dit des choses à faire dresser les cheveux sur la tête : que la mafia existe, que c'est une puissante organisation, qu'elle contrôle tout : les moutons, les légumes, les travaux publics et les vases grecs... L'histoire des vases grecs est impayable : de ces choses qu'on trouve plutôt dans le « courrier des lecteurs »... Tout de même, bon Dieu, il faudrait un peu de sérieux... Vous y croyez, vous, à la mafia ?
— A vrai dire...
— Et vous ?
— Je n'y crois pas.
— Bravo ! Nous deux, qui sommes siciliens, nous ne croyons pas à la mafia, ça devrait vous faire tout de même saisir quelque chose à vous qui donnez l'impression d'y croire. D'ailleurs je vous comprends : vous n'êtes pas sicilien, et les préjugés mettent longtemps à mourir. Avec le temps, vous vous rendrez compte que c'est simplement du bourrage de crâne.


[modifier] Psychanalyse

[modifier] Marthe Robert, La Révolution psychanalytique, 1964

Éros et la mort

Le Ça ignore la négation, la contradiction, le sentiment de la durée et la notion du temps bien entendu, il ne connaît pas davantage les jugements de valeur, le bien et le mal, la morale. Tout ce qu'il n'est pas appartient aux deux autres instances, le Moi et le Surmoi, auxquelles incombent l'organisation et le maintien de la vie psychique.

  • La révolution psychanalytique — La vie et l'oeuvre de Freud (1964), Marthe Robert, éd. Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 1989 (ISBN 2-228-88109-0), 25. Éros et la mort, p. 362


Le Moi est la partie la plus superficielle de l'appareil, une portion du Ça modifiée par la proximité et l'influence du monde extérieur, organisé pour percevoir les excitations et s'en défendre. Il est ce qui conçoit le temps et l'espace, possède une aptitude à prévoir et à opérer des synthèses. Bref, il est doué d'un haut degré d'organisation qui lui permet d'accomplir précisément ce dont le Ça est incapable. Si ce dernier est le royaume des passions déchaînées, il est, lui, celui de la prudence et de la raison.

  • La révolution psychanalytique — La vie et l'oeuvre de Freud (1964), Marthe Robert, éd. Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 1989 (ISBN 2-228-88109-0), 25. Éros et la mort, p. 362


[modifier] Alberto Eiguer, Le Pervers narcissique et son complice, 1989

Le Champ de la perversion narcissique

Les « pervers de caractère » sont peu supportés par l'entourage, leur besoin de nier la réalité de l'autre est trop grande : ils réclament fébrilement des gages immédiats et une reconnaissance totale ; ce que le pervers narcissique demande aussi, mais celui-ci sait attendre, puis « organiser » une stratégie relationnelle, qui viendrait confirmer ses fantasmes.

  • Le pervers narcissique et son complice, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 1989 (ISBN 2 10 002843 X), partie I. Le Champ de la perversion narcissique, chap. Définition et description générale, Différences avec le sadisme, p. 9


[modifier] Psychologie

[modifier] Paul-Claude Racamier, Les Schizophrènes, 1980

Les paradoxes des schizophrènes

Il est essentiel de garder à l'esprit, conforme aux propositions freudiennes essentielles, une distinction clinique simple entre la psychose à l'état natif et la psychose en état d'organisation. L'état natif, cliniquement primordial, nous le décrirons comme un processus paranoïde ; il n'est jamais durable ; il est pétri d'angoisse ; le moi s'y trouve à vif et mis à nu ; les investissements se liquidifient : on pourrait par image parler de psychose liquide (après la blanche et la froide, voici donc la psychose liquide). Tout autre est l'organisation de long cours, aménagée soit pour éviter ces éclipses bouleversantes, comme maintes personnalités en marge de la psychose (et différentes des cas limites étudiés par Bergeret, 1970, 1976), soit encore, comme les schizophrénies, à partir de ces expériences.

  • Les Schizophrènes (1980), Paul-Claude Racamier, éd. Payot & Rivages, coll. Petite bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 978-2-228-89427-2), partie Les paradoxes des schizophrènes, chap. 1. Premier coup d'oeil et panorama, Où l'on balance entre la catastrophe et l'aménagement, p. 53


[modifier] Paul-Claude Racamier, Pensée perverse et décervelage, 1992

Sources et trajets

Le mouvement pervers narcissique se définit essentiellement comme une façon organisée de se défendre de toute douleur et contradiction internes et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d’autrui.

  • Pensée perverse et décervelage, 1992, Sources et trajets Définition, dans [1], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.


Mouvement pervers narcissique

La perversion narcissique s’organise : elle sera ce qui empoisonne les autres, sans du tout incommoder celle ou celui qui l’exerce.
Une double opération sera donc menée à bien, qui consiste :
— à expulser hors de soi les conflits ou leurs traces et les douleurs ou les peines, sur le dos et dans la tête des autres, à charge pour eux de les héberger et de les agir ;
— à augmenter la valeur narcissique propre au détriment de l’autre, employé comme ustensile et comme faire-valoir.

  • Pensée perverse et décervelage, 1992, Mouvement pervers narcissique Plaisir manipulatoire, et faire-valoir narcissique, dans [2], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.


[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006

La relation d'emprise (cadre psychanalytique)

Pour Racamier, le mouvement pervers narcissique se définit essentiellement comme une façon organisée de se défendre de toute douleur et contradiction internes et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d’autrui et, pour finir, non seulement sans peine, mais avec jouissance (Racamier, 1992).
La perversion narcissique correspond à l’aboutissement de ce mouvement, sa destination. Elle se définit donc comme « une façon particulière de se mettre à l’abri des conflits internes en se faisant valoir aux dépens de l’entourage. » (Racamier, 1992).

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le pervers narcissique : conformer l'autre en un identique, dans [3], paru Textes Psy, Cédric Roos.


La relation d’emprise, quelle que soit la modalité qu’elle revêt représente une véritable formation défensive, permettant d’occulter le manque dévoilé par la rencontre de l’autre. Cette organisation implique d’investir l’autre, non en tant que sujet désirant, mais en tant qu’objet garantissant une protection contre toute situation de détresse.

  • La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Economie psychique de la relation d'emprise, dans [4], paru Textes Psy, Cédric Roos.
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