Ordre
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[modifier] Enseignement
[modifier] Guide
[modifier] Christine Harache, Toute la fonction d'assistante, 2008
Une approche de l'interculturel
La France vit dans la logique de l'honneur. Une logique qui remonte au Moyen-Âge, au temps de la chevalerie. L'honneur est fondé sur la tradition, il est lié à la fierté que l'on a de son rang et la crainte d'en déchoir. L'honneur établit l'opposition entre ce qui est noble et ce qui est vil. Il favorise l'existence d'ordres et de corps qui se reconnaissent des devoirs et jouissent de privilèges. Chacun se doit d'être à la hauteur des devoirs liés à son corps d'appartenance.
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Toute la fonction d'assistante, Christine Harache, éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-10-050545-6), partie 1. Les Savoirs, Une approche de l'interculturel : La France ou la logique de l'honneur, p. 31
[modifier] Littérature
[modifier] Essai
[modifier] Boris Vian, Utilité d'une littérature érotique, 1980
Oui, les vrais propagandistes d'un ordre nouveau, les vrais apôtres de la révolution future, future et dialectique, comme de bien entendu, sont les auteurs dits licencieux. Lire des livres érotiques, les faire connaître, les écrire, c'est préparer le monde de demain et frayer la voie de la vraie révolution.
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Ecrits pornographiques précédés de l'Utilité d'une littérature érotique, Boris Vian, éd. Le Livre de Poche, 1980 (ISBN 978-2-253-14431-1), I. Utilité d'une littérature érotique, p. 35
[modifier] Poésie
[modifier] Paul Eluard , L'Amour la poésie, 1929
Armure de proie
Des étoiles d'ébène sur les vitres luisantes
Promettent tout à leurs amants
Les autres qui simulent
Maintiennent l'ordre de plomb.
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Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1929), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Comme une image, IV. Armure de proie, p. 204
[modifier] Prose poétique
[modifier] Hans Arp, Note 2 sur l'art, 1917
L'homme est sale, il tue les animaux, les plantes, ses frères, il querelle, il est intelligent, parle trop, ne peut pas dire ce qu'il pense.
Mais l'artiste est un créateur : il sait travailler une forme qui devient organique. Il décide. Il rend l'homme meilleur. Soigne le jardin des intentions, ordonne.
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« Note 2 sur l'art », Hans Arp, Dada, nº 2, Décembre 1917, p. 2
[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924
Je ne suis pas plus fort que lui, je n'ai pas de boutons à ma veste, je ne connais pas l'ordre, je n'entrerai pas le premier dans la ville aux flots de bois. Mais qu'on me donne un sang d'écureuil blanc si je mens et que les nuages se rassemblent dans ma main quand je pèle une pomme : ces linges forment une lampe, ces mots qui sèchent dans le pré forment une lampe que je ne laisserai pas mourir faute du verre de mes bras levé vers le ciel.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 24, p. 98
[modifier] Joyce Mansour, Dolman le maléfique, 1961
Le reste du village ignorait l'enfant larve qui grouillait dans la solitude de sa hutte comme on essaie d'oublier la lèpre qui défigure le visage aimé. Ainsi les années se suivirent à pas de loup sur les montagnes et sur la plaine sans laisser de trace dans les champs de neige. Cela dura jusqu'au jour où le soleil se leva avec une heure de retard et dans son ivresse omit de passer l'index purificateur dans la hutte où gisait l'enfant. Le village se vida en un clin d'oeil car, malgré l'heure tardive, la chaleur et le bruit, la nuit bouillonnait étrangement dans la crèche. « Il faut payer ! Le feu sacré fuse dans ses veines ! Sauve qui peut ! » hurlèrent les mages et, hommes, femmes, cuisinières, enfants, maisons, chèvres, bateaux s'enfuirent au galop vers les montagnes aux cimes parsemées de sanctuaires. Ils partirent sans se disperser, sans mettre de l'ordre dans leurs idées, en un groupe opaque de cerveaux et de jambes disloquées par le pullulement de la peur, obnubilé par la forêt de poings qu'ils brandissaient au-dessus de leurs têtes pour se protéger du mauvais oeil.
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« Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 48
[modifier] Roman
[modifier] Marie d'Agoult, Nélida, 1866
Avec quel art merveilleux on parvient à maintenir debout cet édifice bâti de préjugés et de mensonges, dont chaque partie est près de tomber de vétusté, et dont l'ensemble pourtant présente encore une masse assez imposante ! Cette société affirme qu'elle est chrétienne ; l'éducation qu'elle donne à la jeunesse destinée de génération en génération à la renouveler est de tous points, assure-t-elle, conforme aux enseignements de l'Évangile. Elle en fait gloire et feint de ne pas s'apercevoir que la parole du Christ est la réprobation sévère de l'esprit qui l'anime ; car le fils du charpentier enseignait le mépris des richesses, la vanité des plaisirs, le néant des grandeurs, et le monde pratique ouvertement l'avide poursuite de tous ces faux biens, le culte aveugle de l'opinion, l'estime immodérée des honneurs et de la fortune. Cette contradiction est à tel point enracinée dans les moeurs qu'elle ne soulève pas une difficulté, pas un doute ; elle est disciplinée et ordonnée à la satisfaction de tous.
- Il est ici question du grand monde.
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Nélida (1866), Marie d'Agoult, éd. Calmann-Lévy, 2010 (ISBN 978-2-7021-4127-4), partie Première partie, chap. V, p. 75
[modifier] Alexandre Dumas, Le Bagnard de l'Opéra, 1868
Il est vrai que la nuit, quand je pouvais prendre sur moi de fermer mes volets aux rayons tentateurs de la lune ; quand je pouvais détourner mes regards de ce ciel tout scintillant d'étoiles ; quand je pouvais m'isoler avec ma propre pensée, je ressaisissais quelque empire sur moi-même. Mais, comme un miroir, mon esprit avait conservé un reflet de ses préoccupations de la journée, et, comme je l'ai dit, ce n'étaient plus des créatures humaines avec leurs passions terrestres qui m'apparaissaient, c'étaient de beaux anges qui, à l'ordre de Dieu, traversaient d'un coup d'aile ces espaces infinis ; c'étaient des démons proscrits et railleurs, qui, assis sur quelque roche nue, menaçaient la terre ; c'était enfin une oeuvre comme La Divine Comédie, comme le Paradis perdu ou comme Faust, qui demandait à éclore, et non plus une composition comme Angèle ou comme Antony.
Malheureusement je n'étais ni Dante, ni Milton, ni Goethe.
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Le Bagnard de l'Opéra (1868), Alexandre Dumas, éd. Magnard, coll. Classiques & Contemporains, 2001 (ISBN 978-2-210-75424-9), 1. Le forçat, p. 10
[modifier] Renée Dunan, La Culotte en jersey de soi, 1923
— Écoutez ce bruit lointain.
— Ils ont dû faire sauter quelque chose. Au-delà des collines...
— Cela se rapproche...
— Qu'y faire ? Le monde entier et atteint de furie destructrice. J'arrive des îles de la Sonde où l'on est aussi incendié qu'ici ; Georges dit que la Mongolie est en fureur, Tahiti s'ensanglante aussi contre sa tradition millénaire... Nous sommes, par chance, en un refuge heureux. La forêt qui nous entoure a mauvaise renommée et les masses, affolées, redeviennent crédules. Des murs solides et élevés nous protègent et mes Thibétains sont de fidèles gardiens. Nulle part le globe ne nous offrirait un asile semblable et nous jouissons, en surplus, du rehaut sentimental d'être proches des fureurs ennemies...
— Mais des avions pourraient voir ce coin civilisé, qui doit se manifester là-haut par le château et ses pelouses, les jardins et l'ordre qui y règne...
— Idèle ! il n'y a plus d'avions. Les intellectuels ont succombé. Il ne subsiste que des masses illettrées et stupides.
— Cela, c'est leur triomphe...
— Il doit pourtant résister un peu partout comme nous des gens qui philosophent en attendant le hasard. S'il consent à les servir ?...
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La Culotte en jersey de soi (1923), Renée Dunan, éd. Le Cercle Poche, 2011 (ISBN 978-2-84714-152-8), p. 15
[modifier] Dominique Fernandez, Porporino et les mystères de Naples, 1974
Si les grandes personnes cherchaient à nous dominer sous des ordres arbitraires, qu'il serait merveilleux de ne plus jamais revenir dans le monde, d'échapper pour toujours à ses lois cruelles et de flotter jusqu'à la fin des temps comme ce soir, allégés par miracle de nos dépouilles terrestres et libérés de notre poids humain, glissant au-dessus des champs et des vallons endormis, sous cette clarté irréelle.
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Porporino ou les mystères de Naples (1974), Dominique Fernandez, éd. Grasset, coll. Les Cahiers Rouges, 1974 (ISBN 978-2-246-01243-6), partie I « San Donato », Du sang sous la lune, p. 112
[modifier] Philosophie
[modifier] Nicolas Israël, Gare aux abus de tranquilisants, 2010
La vigilance est [...] une forme de présence d'esprit, de puissance charismatique, qui vise à relâcher l'étreinte de l'ordre social, à considérer les évènements comme des possibles pour mieux les maîtriser, les convertir en occasions. Sans considérer que le champ social échappe à la nécessité naturelle, Spinoza recommande ainsi de considérer, pour « l'usage de la vie », afin de ne pas être pris au dépourvu, les choses politiques ou économiques comme des possibles. Les citoyens vigilants retrouvent alors leur entière souveraineté, en saisissant l'occasion d'accomplir une rupture avec l'ordre imaginaire auquel ils sont habituellement assujettis.
- Cette citation provient d'un dossier coordonné par Maxime Rovere concernant la philosophie spinozienne.
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« Gare aux abus de tranquilisants », Nicolas Israël, Le Magazine Littéraire, nº 493, Janvier 2010, p. 85
[modifier] Psychanalyse
[modifier] Marthe Robert, La Révolution psychanalytique, 1964
Éros et la mort
Le Surmoi est issu du rapport de l'enfant avec ses parents par un processus complexe d'identification, grâce à quoi l'autorité extérieure est transportée à l'intérieur du sujet et joue le rôle attribué couramment à la conscience morale. Malgré sa place apparemment élevée dans la hiérarchie, le Surmoi, qui est lui aussi en partie inconscient, a plus de rapports et d'affinités avec le Ça qu'avec le Moi, pour lequel il est le plus souvent un juge sévère et rigide. C'est lui qui est la cause du refoulement, soit qu'il s'agisse lui-même ou charge le Moi docile d'exécuter ses ordres. De par son origine archaïque, il est le représentant du passé, de la tradition, de l'inactuel. Sa tyrannie excessive est l'un des plus grands périls qui menaçent la psyché.
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La révolution psychanalytique — La vie et l'oeuvre de Freud (1964), Marthe Robert, éd. Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 1989 (ISBN 2-228-88109-0), 25. Éros et la mort, p. 362
[modifier] Psychologie
[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006
La relation d'emprise (cadre psychanalytique)
[...] il existe une différence fondamentale entre le pervers narcissique et le psychopathe : la violence psychopathique est impulsive, liée à une irritabilité et une agressivité permanentes ; elle peut éclater n’importe où, n’importe quand, en dépit des lois, et sans aucune limite. Le pervers narcissique dispose lui d’un meilleur contrôle émotionnel que le psychopathe ; plus manipulateur, il exerce sa violence insidieusement, ce qui lui permet de préserver son image dans la société, et souvent même d’occuper des postes de pouvoir. Sa violence est instrumentale, dirigée vers un but précis, au mépris de l’ordre et des lois.
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La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le pervers narcissique : conformer l'autre en un identique, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.
Modèle cognitivo-comportemental
Au contraire de l’apprentissage libre, la programmation se réalise unilatéralement, depuis l’extérieur du sujet. Ce dernier obéit alors à un ordre, sans pour autant intégrer toute l’information. La programmation correspond à l’introduction chez un sujet, dans un climat émotionnel intense, d’instructions induisant un schéma comportemental invariable et prédéfini face à un stimulus donné. Le sujet activera ultérieurement, inconsciemment et docilement, une conduite adaptée à un contexte préétabli. L’information ainsi mémorisée a valeur d’ordre pour le sujet qui ne peut s’y soustraire ; la réponse comportementale sera invariable, quelle que soit la personne qui se trouvera alors en face d’elle. Il s’agit là d’un conditionnement, c’est une forme de dressage.
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La relation d'emprise dans le soin, 2006, Modèle cognitivo-comportemental : Pratiques relationnelles ou praxis Programmation, dans [2], paru Textes Psy, Cédric Roos.