Onde
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[modifier] Littérature
[modifier] Poésie
[modifier] Robert Desnos, Rrose Sélavy, 1922
Quelle est donc cette marée sans cause dont l'onde amère inonde l'âme acérée de Rrose ?
- Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton.
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« Rrose Sélavy », Robert Desnos, Littérature Nouvelle Série, nº 7, Décembre 1922, p. 17
[modifier] Prose poétique
[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927
Louise Lame morte vint me rejoindre et nul parmi ceux que nous rencontrâmes ne put remarquer le changement qui s’était effectué en elle. À peine une odeur de tombeau se mêlait-elle à l’ambre dont elle était parfumée, odeur de tombeau que je connais bien pour l’avoir respirée maintes fois à ras des draps fatigués par des plis nombreux, vus au petit jour comme les flots contradictoires et figés d’une marée matinale ou plutôt, en raison des ondes contraires déterminées par le froissement des membres aux vestiges d’un corps lancé dans un liquide, par exemple un homme dans un fleuve, avec si bon vous semble une pierre au cou : des ronds concentriques.
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La liberté ou l'amour ! (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), VI. Pamphlet contre la mort, p. 63
[modifier] Roman
[modifier] Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900
Il parlait avec un fluide abandon, car il voyait l’esprit de la femme attentive se faire concave comme un calice pour recevoir cette onde et voulait le remplir jusqu’au bord. Une félicité spirituelle de plus en plus limpide se répandait en lui, jointe à une conscience vague de l’action mystérieuse par où son intelligence se préparait à l’effort prochain. De temps à autre, comme dans un éclair, tandis qu’il se penchait vers cette amie seule et entendait la rame mesurer le silence du large estuaire, il entrevoyait l’image de la foule aux visages innombrables, pressée dans la salle profonde ; et un tremblement rapide lui agitait le cœur.
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Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 14
[modifier] Colette, La Maison de Claudine, 1922
La robe de toile que je presse de ma joue sent le gros savon, la cire dont on lustre les fers à repasser, et la violette. Si je m’écarte un peu de cette fraîche robe de jardinière, ma tête plonge tout de suite dans une zone de parfum qui nous baigne comme une onde sans plis : le tabac blanc ouvre à la nuit ses tubes étroits de parfum et ses corolles en étoile. Un rayon, en touchant le noyer, l’éveille : il clapote, remué jusqu’aux basses branches par une mince rame de lune. Le vent superpose, à l’odeur du tabac blanc, l’odeur amère et froide des petites noix véreuses qui choient sur le gazon.
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La Maison de Claudine (1922), Colette, éd. Imprimerie Moderne de Nantes, coll. Super-Bibliothèque, 1976 (ISBN 2-261-00093-6), Papa et Mme Bruneau, p. 67
[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937
Mais quelle est donc cette herbe d'énigme, tour à tour celle du boisement et du déboisement total, ce feuillage du mimosa de tes yeux ? Le bruit court, plus léger qu'une onde sur elle, que c'est la sensitive.
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L'Amour fou, André Breton, éd. Gallimard, 1976 (ISBN 978-2070367238), p. 120 (voir la fiche de référence de l'œuvre)