Novalis

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Novalis.

Novalis, de son vrai nom Friedrich Leopold, Freiherr von Hardenberg, né le 2 mai 1772 et mort le 25 mars 1801, est un poète, philosophe et romancier allemand.

Hymne à la nuit, 1800[modifier]

Je sens en moi une grande fatigue, mon pélerinage jusqu’au saint tombeau a été long et pénible ; mais celui qui a une fois goûté la boisson salutaire que l’homme sensuel ne peut connaître, celui qui s’est assis aux limites du monde, et qui a porté les yeux dans la nouvelle contrée, dans le domaine de la nuit, celui-là ne retournera plus au milieu des passions qui occupent les hommes, dans la terre où la lumière ramène toujours l’inquiétude. Il se bâtit sa demeure à lui, sa demeure où la paix habite, où il garde ses désirs et son amour, et d’où il élève ses regards en haut jusqu’à ce que la dernière heure sonne pour lui.

  • « Hymne à la nuit », Novalis, Nouvelle revue germanique, nº 14, 1833, p. 235


Autrefois, parmi les races diverses qui peuplent au loin le monde, un destin de fer étendait sa souveraine puissance. Des liens étroits et grossiers enchaînaient leur ame, et la terre était la patrie et le séjour de leurs dieux ; sur les montagnes de l’Orient et dans le sein de la mer, habitait le soleil, lumière vivante et répandant partout la chaleur. Un vieux géant portait le monde, et les premiers enfans de la terre reposaient sous les montagnes, avec leur rage impuissante contre les nouveaux dieux et contre les hommes ; les profondeurs de la mer renfermaient une déesse, et dans les grottes de cristal, un peuple joyeux passait une vie de voluptés [...]. Le vin était meilleur, versé par les mains de la jeunesse, un dieu était dans la grappe, une déesse dans les gerbes, et la plus belle habitante de l’Olympe avait dans ses attributions les doux frémissemens de l’amour.

  • « Hymne à la nuit », Novalis, Nouvelle revue germanique, nº 14, 1833, p. 236


Mais l’ancien monde touche à sa fin ; ses jardins rians se flétrissent, les dieux s’en vont avec leur suite, et la nature reste déserte et sans vie. Le charme de l’existence tombe dans des paroles obscures, comme on voit la fleur s’en aller en poussière ; la croyance est loin, et avec elle, la vive, la puissante imagination.

  • « Hymne à la nuit », Novalis, Nouvelle revue germanique, nº 14, 1833, p. 238


Henri d'Ofterdingen (posthume)[modifier]

[…] voir de mes yeux la Fleur Bleue, voilà ce qui fait soupirer mon cœur ! C'est elle qui m'occupe constamment l'esprit ; je ne peux plus penser à rien, imaginer rien d'autre.

  • Œuvres complètes - tome I, Novalis (trad. Armel Guerne), éd. Gallimard, 1975 (ISBN 2-07-028430-8), Henri d'Ofterdingen, p. 79


Autres[modifier]

Le plus grand de tous les biens, c'est la force de l'imagination.

  • Œuvres complètes - tome II, Novalis (trad. Armel Guerne), éd. Gallimard, 1975 (ISBN 2-07-028430-8), Cahiers d'études philosophiques (1795-1796), p. 12


Il n'y a que ce qui demeure qui soit digne de notre pleine attention : ce qui est durablement utile.

  • Œuvres complètes - tome II, Novalis (trad. Armel Guerne), éd. Gallimard, 1975 (ISBN 2-07-028430-8), Cahiers d'études philosophiques (1795-1796), p. 14


Notre moi est particulier et général, individu et espèce. La forme accidentelle ou particulière de notre moi ne cesse que comme forme isolée – la mort ne met un terme qu'à l'égoïsme seulement.

  • Œuvres complètes - tome II, Novalis (trad. Armel Guerne), éd. Gallimard, 1975 (ISBN 2-07-028430-8), Cahiers d'études philosophiques (1795-1796), p. 15


Le véritable acte philosophique est le meurtre de soi.

  • Œuvres complètes - tome II, Novalis (trad. Armel Guerne), éd. Gallimard, 1975 (ISBN 2-07-028430-8), Études philosophiques de 1797, p. 40


On doit écrire comme on compose de la musique.

  • Œuvres complètes - tome II, Novalis (trad. Armel Guerne), éd. Gallimard, 1975 (ISBN 2-07-028430-8), Fragments des dernières années (1799-1800), p. 377


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