Montre
Sommaire |
[modifier] Littérature
[modifier] Prose poétique
[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958
Travaux du poète
Il est quatre heures trente, quatre heures trente. Le jour m'assaille avec sa sentence : il faudra se lever et affronter le travail quotidien, les saluts matinaux, les sourires crispés, les amours dans des lits d'aiguilles, les peines et les diversions qui laissent des cicatrices ineffaçables. Et tout cela sans s'être reposé un seul instant, car maintenant que je suis mort de sommeil, et que je ferme les yeux pesamment, la montre m'appelle : il est huit heures, c'est l'heure.
-
Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Travaux du poète — VII, p. 53
[modifier] Philosophie
[modifier] Gaston Bachelard, L'Eau et les Rêves, 1942
Comme le dit Salvador Dalí, la « montre molle » est chair, elle est « fromage ». Ces déformations sont souvent mal comprises parce qu'elles sont vues statiquement. Certains critiques stabilisés les prennent aisément pour des insanies. Ils n'en vivent pas la force onirique profonde, ils ne participent pas à l'imagination de riche viscosité qui donne parfois à un clin d'oeil le bénéfice d'une divine lenteur.
-
L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière (1942), Gaston Bachelard, éd. Le Livre de Poche, coll. Biblio Essais, 1993 (ISBN 978-2-253-06100-7), partie IV, chap. IV Les eaux composées, p. 123