Mein Kampf

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Mein Kampf (Mon Combat, en français) est un ouvrage rédigé par Adolf Hitler entre 1924 et 1925 pendant sa détention à la prison de Landsberg am Lech, détention consécutive au putsch de la Brasserie, coup d'État manqué. Il contient des éléments autobiographiques ainsi qu'une présentation de l'idéologie politique du nazisme et l'histoire des débuts du NSDAP.


Sommaire

Avertissement au lecteur, arrêt de la Cour d’appel de Paris du 11 juillet 1979

« Mein Kampf », qui constitue assurément un document indispensable pour la connaissance de l’histoire contemporaine, est aussi une œuvre de polémique et de propagande dont l’esprit de violence n’est pas étranger à l’époque actuelle et qui par là-même peut encore, malgré l’inanité de ses théories, contribuer à une renaissance de la haine raciale ou à l’exaspération de la xénophobie.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. Avertissement au lecteur, p. 3


Le lecteur de « Mein Kampf » doit donc se souvenir des crimes contre l’humanité qui ont été commis en application de cet ouvrage, et réaliser que les manifestations actuelles de haine raciale participent de son esprit.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. Avertissement au lecteur, p. 19


Mein Kampf, 1924

Chapitre I

La maison familiale

Les dures réalités de l’existence m’obligèrent à prendre de rapides résolutions. Les maigres ressources de la famille avaient été à peu près épuisées par la grave maladie de ma mère ; la pension d’orphelin qui m’était allouée ne me suffisait pas pour vivre et il me fallait, de quelque manière que ce fût, gagner moi-même mon pain.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. I, La maison familiale, p. 54

Chapitre II

Vienne, misère et justice sociale

Je remercie cette époque de m’avoir rendu dur et capable d’être dur. Plus encore, je lui suis reconnaissant de m’avoir détaché du néant de la vie facile, d’avoir extrait d’un nid délicat un enfant trop choyé, de lui avoir donné le souci pour nouvelle mère, de l’avoir jeté malgré lui dans le monde de la misère et de l’indigence et de lui avoir ainsi fait connaître ceux pour lesquels il devait plus tard combattre.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. II, Années d’études et de souffrances à Vienne, p. 58


Vienne n’était pas seulement le centre politique et intellectuel de la vieille monarchie danubienne, mais aussi le centre économique du pays. À l’armée des militaires de haut rang, des fonctionnaires, des artistes et des intellectuels, s’opposait l’armée encore plus nombreuse des travailleurs. Face à la richesse de l’aristocratie et du commerce s’étalait la plus complète indigence. Devant les palais de la Ringstrasse traînaient des milliers de chômeurs, et au-dessous de cette via triumphalis de l’ancienne Autriche, dans l’obscurité et la boue de ses égouts, gîtaient les sans-logis.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. II, Années d’études et de souffrances à Vienne, p. 62


Il ne me fut jamais très difficile de trouver du travail, puisque ce n’était pas comme ouvrier spécialisé, mais comme manœuvre ou travailleur auxiliaire, que je cherchais à gagner mon pain. Je me trouvais ainsi dans la même situation que ceux qui secouaient de leurs pieds la poussière de l’Europe avec le dessein impitoyable de refaire leur existence dans un monde nouveau et de conquérir une nouvelle patrie. Détachés de toutes les considérations paralysantes de devoir et de rang, d’entourage et de tradition, ils saisissent chaque gain qui s’offre et font toutes les besognes, pénétrés de l’idée qu’un travail honorable n’abaisse jamais, quel qu’il soit. J’avais de même décidé de sauter à pieds joints dans ce monde nouveau pour moi pour y faire mon chemin. Je m’aperçus bientôt qu’il était moins difficile de trouver un travail quelconque que de le conserver. L’insécurité du pain quotidien m’apparut comme un des côtés les plus sombres de cette vie nouvelle.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. II, Années d’études et de souffrances à Vienne, p. 64 - 65


L’insécurité des salaires quotidiens est une des plus graves plaies de l’économie sociale.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. II, Années d’études et de souffrances à Vienne, p. 65


Ainsi, l’homme jadis laborieux se relâche en toutes choses jusqu’à devenir un simple instrument aux mains de gens qui ne poursuivent que d’ignobles profits. Son chômage lui était si peu imputable à tort que, d’un seul coup, il lui est tout à fait égal de combattre pour des revendications économiques ou d’anéantir les valeurs de l’État, de la société ou de la civilisation. Il devient gréviste sinon avec joie, du moins avec indifférence. J’ai pu suivre ce processus sur des milliers d’exemples. Et plus j’en observais, plus vive était ma réprobation contre ces villes de plusieurs millions d’habitants, qui attirent si avidement les hommes pour les broyer ensuite de façon si effroyable.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. II, Années d’études et de souffrances à Vienne, p. 67 - 68


Pour ne pas désespérer complètement des hommes qui m’entouraient alors, il me fallait faire abstraction de leurs façons et de leur vie, et ne retenir que les raisons de leur déchéance. Alors je pouvais supporter ce spectacle sans découragement, alors ce n’étaient plus les hommes qui ressortaient de tous ces tableaux du malheur et du désespoir, de l’ordure et de la dépravation, mais les tristes résultats de tristes lois. Cependant, ayant moi-même bien du mal à vivre, j’étais gardé de capituler en quelque pitoyable sentimentalité à la vue des produits, résultat final de ce processus de dégradation. Non, ce n’est pas ainsi qu’il fallait le concevoir. Et il m’apparaissait que, seul, un double chemin pouvait conduire à l’amélioration de cet état :

Établir des bases meilleures de notre développement en s’inspirant d’un profond sentiment de responsabilité sociale.

Anéantir avec une décision brutale les rejetons non améliorables.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. II, Années d’études et de souffrances à Vienne, p. 71


Dès mes années de lutte de Vienne, je m’étais persuadé que : Le but de l’activité sociale ne devra jamais être d’entretenir une endormante prospérité, mais bien plutôt d’éviter ces carences essentielles de notre vie économique et culturelle, qui conduisent nécessairement à la dégénérescence de l’individu ou tout au moins peuvent l’entraîner.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. II, Années d’études et de souffrances à Vienne, p. 72


Mais il sautait aux yeux que l’État autrichien, ignorant toute justice et toute législation sociale, était impuissant à combattre les croissances néfastes.

* * *

Je ne sais ce qui m’effrayait alors le plus : la misère économique de mes semblables, leur grossièreté morale, celle de leurs habitudes, ou bien le niveau si bas de leur culture intellectuelle.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. II, Années d’études et de souffrances à Vienne, p. 73

Chapitre III

Propagande

Dans le second cas – si fréquent aujourd’hui – moins le chef croit lui-même en ce qu’il professe, plus sa justification en est creuse, terne, plus elle choisit des moyens vulgaires. Il ne songe plus à se porter lui-même sérieusement garant de ses manifestations politiques : on ne donne sa vie que pour ses convictions. Dans le même temps, ses exigences à l’endroit de ses partisans deviennent toujours plus grandes et plus éhontées jusqu’à ce qu’il sacrifie enfin ce qu’il avait encore d’un chef pour devenir un politicien : cette sorte de gens dont l’unique et véritable conviction est l’absence de conviction, associée à une insolence importune et à un art éhonté du mensonge.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. III, Considérations politiques générales touchant mon séjour à Vienne, p. 132


Ce que nous désignons toujours par « opinion publique » ne repose que pour une part minime sur l’expérience personnelle et sur les connaissances des individus ; par contre, elle est en majeure partie suscitée, et cela avec une persévérance et une force de persuasion souvent remarquable, par ce qu’on appelle « l’information ». De même que les convictions religieuses de chacun sont issues de l’éducation, et que ce sont seulement les aspirations religieuses qui sommeillent au coeur de l’homme, ainsi l’opinion politique de la masse est l’aboutissement d’une préparation de l’âme et de l’esprit souvent incroyablement opiniâtre et profonde.

La part de beaucoup la plus forte prise à la « formation » politique, que l’on désigne en ce cas d’une façon très heureuse par le mot de propagande, incombe à la presse. Elle assume en tout premier lieu le travail d’« information » et devient alors une sorte d’école pour les adultes. Seulement, cet enseignement n’est pas aux mains de l’État, mais entre les griffes de puissances, qui, pour la plus grande part, sont tout à fait néfastes. Encore jeune j’avais eu, précisément à Vienne, l’occasion d’approcher les propriétaires et les fabricants d’idées de cette machine à éduquer le peuple. Mon premier étonnement fut le peu de temps qui est nécessaire à cette puissance, la plus pernicieuse de l’État, pour créer une opinion déterminée, même si elle va complètement à l’encontre des idées et des aspirations les plus réelles et les plus certaines de la communauté. En quelques jours, la presse sait, d’un ridicule petit détail, faire une affaire d’État de grosse importance, et inversement, en aussi peu de temps, elle fait tomber dans l’oubli des problèmes vitaux jusqu’à les rayer complètement de la pensée et du souvenir du peuple.

C’est ainsi que l’on parvenait en quelques semaines à sortir de façon magique certains noms du néant, à y attacher par une large publicité des espérances inouïes, à leur créer enfin une popularité telle qu’un homme de véritable valeur ne peut de sa vie en espérer autant ; des noms qu’un mois auparavant personne n’avait entendu prononcer, étaient lancés partout, alors qu’au même moment des faits anciens et bien connus, relatifs à la vie de l’État ou à la vie publique, étaient enterrés en pleine santé ; parfois même ces noms avaient été prononcés à l’occasion de telles turpitudes qu’il semblait qu’ils eussent dû plutôt rester associés au souvenir d’une bassesse ou d’une coquinerie bien déterminées.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. III, Considérations politiques générales touchant mon séjour à Vienne, p. 162 - 163 - 164


Chap 4, Propagande de guerre

En suivant attentivement tous les événements politiques, je m’étais toujours extraordinairement intéressé à l’activité de la propagande. Je voyais en elle un instrument que précisément les organisations socialistes-marxistes possédaient à fond et savaient employer de main de maître. Par là j’appris de bonne heure que l’emploi judicieux de la propagande constitue véritablement un art qui, pour les partis bourgeois, restait presque inconnu.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. VI, Propagande de guerre, p. 313


Mais c’est seulement, pour la première fois, au cours de la guerre, que je pus me rendre compte à quels prodigieux résultats peut conduire une propagande judicieusement menée. Ici encore, toutefois, il fallait malheureusement tout étudier chez la partie adverse, car l’activité de notre côté restait sous ce rapport plus que modeste. Mais précisément l’absence complète d’une propagande d’envergure du côté allemand devait crûment sauter aux yeux de chaque soldat. Tel fut le motif pour lequel je m’occupai encore plus à fond de cette question.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. VI, Propagande de guerre, p. 313 - 314


Dans cette propagande de guerre ennemie, je me suis énormément instruit.

  • Mein Kampf (1924), Adolf Hitler, éd. La Bibliothèque électronique du Québec, coll. Polémique et propagande, juin 2008, chap. VI, Propagande de guerre, p. 314
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