Maximilien de Robespierre

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École française du XVIIIe siècle, Portrait de Maximilien Robespierre (musée Carnavalet).

Maximilien de Robespierre (17581794) est un avocat et un homme politique français, député constituant(1789-1791), membre du club des jacobins, figure de proue des Montagnards à la Convention(1792-1794), il incarne la « tendance démocratique » de la Révolution française.

Sommaire

Discours[modifier]

Discours contre le véto royal, absolu ou suspensif, 21 septembre 1789[modifier]

Celui qui dit qu'un homme a le droit de s'opposer à la Loi, dit que la volonté d'un seul est au-dessus de la volonté de tous. Il dit que la nation n'est rien, et qu'un seul homme est tout. S'il ajoute que ce droit appartient à celui qui est revêtu du pouvoir exécutif, il dit que l'homme établi par la Nation, pour faire exécuter les volontés de la Nation, a le droit de contrarier et d'enchaîner les volontés de la Nation ; il a créé un monstre inconcevable en morale et en politique, et ce monstre n'est autre chose que le veto royal.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 87


Discours contre la loi martiale, 21 octobre 1789[modifier]

Si nous ne nous réveillons, c'en est fait de la liberté. On vient de vous demander des soldats et du pain, et pourquoi ? C'est pour repousser le peuple dans ces moments où les passions des grands cherchent à faire avorter la révolution actuelle. Ceux qui veulent l'exciter ont prévu qu'ils en feraient usage contre vous ; ils ont prévu que les émotions populaires seraient un moyen propre à vous demander des lois qui pourraient opprimer le peuple et la liberté ; quand le peuple meurt de faim, il s'attroupe, il faut donc remonter à la cause des émeutes pour les apaiser.

  • Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 31


Intervention à l'Assemblée constituante contre le suffrage censitaire, 22 octobre 1789[modifier]

Tous les citoyens quels qu'ils soient ont le droit de prétendre à tous les degrés de représentation. Rien n'est plus conforme à votre Déclaration des Droits, devant laquelle tout privilège, toute distinction, toute exception doivent disparaître. La constitution établit que la souveraineté réside dans le peuple, dans tous les individus du peuple.

  • Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 32


Intervention à l'Assemblée constituante sur le droit de vote des Juifs, 23 décembre 1789[modifier]

On vous a dit sur les Juifs des choses infiniment exagérées et souvent contraires à l'histoire. Comment peut-on leur opposer les persécutions dont ils ont été les victimes chez différents peuples ? Ce sont au contraire des crimes nationaux que nous devons expier, en leur rendant les droits imprescriptibles de l'homme dont aucune puissance humaine ne pouvait les dépouiller. On leur impute encore des vices, des préjugés, l'esprit de secte et d'intérêt les exagèrent. Mais à qui pouvons-nous les imputer si ce n'est à nos propres injustices ? Après les avoir exclus de tous les honneurs, même des droits à l'estime publique, nous ne leur avons laissé que les objets de spéculation lucrative. Rendons-les au bonheur, à la patrie, à la vertu, en leur rendant la dignité d'hommes et de citoyens ; songeons qu'il ne peut jamais être politique, quoiqu'on puisse dire, de condamner à l'avilissement et à l'oppression, une multitude d'hommes qui vivent au milieu de nous.

  • Être juif dans la société française du Moyen-Âge à nos jours, Béatrice Philippe, éd. Complexe, 1997, p. 143


Intervention à l'Assemblée constituante sur le droit de vote des comédiens, 23 décembre 1789[modifier]

Je ne crois pas que vous ayez besoin d'une loi au sujet des comédiens. Ceux qui ne sont pas exclus sont appelés. Il était bon cependant qu'un membre de cette assemblée vint réclamer en faveur d'une classe trop longtemps opprimée. Les comédiens mériteront davantage l'estime publique quand un absurde préjugé ne s'opposera plus à ce qu'ils l'obtiennent : alors les vertus des individus contribueront à épurer les spectacles, et les théâtres deviendront des écoles publiques de principes, de bonnes mœurs et de patriotisme.

  • Robespierre : entre vertu et terreur, Slavoj Zizek, éd. Stock, 2008, p. 83-84.


Sur le droit de résistance à l'oppression, invoqué en faveur d'une émeute ouvrière à Toulon, 16 janvier 1790[modifier]

S'il est des insurrections justes et généreuses, celle où le peuple repousse la force par la force est sans contredit de ce nombre, et si vous condamniez son énergie en de pareilles circonstances, vous seriez ses premiers oppresseurs.

  • Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 33-34


Discours de Robespierre sur le marc d’argent, 25 janvier 1790[modifier]

La loi est-elle l'expression de la volonté générale lorsque le plus grand nombre de ceux pour qui elle est faite ne peuvent concourir, en aucune manière, à sa formation ? Non.


Contre le rapport en faveur d'une nouvelle loi martiale, présenté par Mirabeau et Le Chapelier, le 18 février 1790, 22 février 1790[modifier]

Devons-nous déshonorer le patriotisme en l'appelant séditieux et turbulent et honorer l'esclavage par le nom d'amour de l'ordre et de la paix ?...Ne souffrons pas que des soldats armés aillent opprimer de bon citoyens. Ne mettons pas le sort de la révolution entre les mains des chefs militaires.

  • Triomphe et mort du droit naturel en Révolution, 1789-1795-1802, Florence Gauthier, éd. PUF/ pratiques théoriques, 1992, p. 60


Discours de Robespierre sur les droits à la liberté du peuple corse, prononcé à la société des Amis de la Constitution, 26 avril 1790[modifier]

Le jour où la Société des Amis de la Constitution reçoit les députés du peuple corse est pour elle un jour de fête . Déjà messiers elle vous avait exprimé ses sentiments quand, pour admettre dans son sein M. Paoli, elle suspendit les règles ordinaires qu'elle s'est prescrites. C'est un hommage qu'elle a rendu à la liberté dans la personne de l'un de ses plus illustres défenseurs.

  • Triomphe et mort du droit naturel en Révolution, 1789-1795-1802, Florence Gauthier, éd. PUF/ pratiques théoriques, 1992, p. 159


Discours de Robespierre sur le droit de guerre accordé au roi, 15 mai 1790[modifier]

Si vous décidez de cette question, conformément aux prétentions de la cour, vous devez craindre qu'une guerre étrangère ne soit une machination formée par les cours ou par les cabinets ministériels contre les nations, dans le moment où la nôtre a reconquis sa liberté, et où les autres sont peut-être déjà tentées d'imiter ce grand exemple.

  • Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 39


Discours de Robespierre sur le plan de constitution du clergé, 31 mai 1790[modifier]

Je me bornerai à rappeler en deux mots les maximes évidentes qui justifient le plan du comité. Ce plan ne fait autre chose que consacrer les lois sociales qui établissent les rapports des ministres du culte avec la société. Les prêtres, dans l'ordre social, sont de véritables magistrats destinés au maintien et au service du culte. De ces notions simples dérivent tous les principes.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 142


Contre la motion de Mirabeau de déclarer le prince de Condé traître à la patrie, 28 juillet 1790[modifier]

S'il fallait un exemple exclusif, faudrait-il tomber sur un homme qui, attaché par toutes les relations possibles aux abus en tout genre, n'a pas goûté nos principes ? Pourquoi jeter sur un ci-devant Prince, plutôt que sur d'autres plus coupables, puisqu'ils ont des raisons de s'attacher à la Constitution, puisque par leur état ils doivent accélérer le cours de la Révolution ?

  • Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 41


Discours de Robespierre sur les droits du peuple avignonnais, 18 novembre 1790[modifier]

Qui n'a pas été indigné d'entendre sans cesse réclamer les droits, la propriété du pape ? Juste ciel ! les peuples, la propriété d'un homme ! Et c'est dans la tribune de l'Assemblée nationale de France que ce blasphème a été prononcé.

  • Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 44


Discours de Robespierre sur l'organisation des gardes nationales limitée aux citoyens actifs, prononcé au club des Jacobins, 5 décembre 1790[modifier]

Quoique vous puissiez faire, les gardes nationales ne seront jamais ce qu'elles doivent être, si elles sont une classe de citoyens, une portion quelconque de la nation, quelque considérable que vous la supposiez. Les gardes nationales ne peuvent être que la nation entière armée pour défendre, au besoin ses droits ; il faut que tous les citoyens en âge de porter les armes y soient admis sans aucune distinction. Sans cela loin d'être les appuis de la liberté, elles en seront le fléau nécessaire.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 91


Ces gardes nationales porteront sur leur poitrine et sur leur drapeau ces mots : "Le peuple français. Liberté égalité fraternité".

  • Triomphe et mort du droit naturel en Révolution, 1789-1795-1802, Florence Gauthier, éd. PUF/ pratiques théoriques, 1992, p. 129


Intervention de Robespierre contre la motion d'ordre de Moreau de Saint-Mery, député de la Martinique, tendant à créer un comité chargé de contrôler les décisions coloniales de l'assemblée. 11 janvier 1791[modifier]

La motion n’est rien moins qu’une motion d’ordre. Elle tend à gêner la liberté qu’a l’Assemblée de décréter, et chaque membre de proposer ce qui sera utile aux colonies. C’est tout soumettre au Comité colonial. Je demande la question préalable.

  • 'Le Moniteur Universel', Charles Joseph Panckoucke, éd. H. Agasse, 1791, t. VII, p. 99


Discours de Robespierre contre la loi censitaire sur l'organisation des jurys, prononcé au club des Jacobins, 20 janvier 1791[modifier]

Attachons-nous donc au bonheur de la chose au principe de toute bonne constitution judiciaire et de l'institution des jurés.

Son caractère essentiel c'est que les citoyens soient jugés par leurs pairs : que les citoyens soient jugés avec plus de justice et d'impartialité ; que leurs droits soient à l'abri des coups du despotisme judiciaire. Comparons d'abord avec ces principes le système des comités. C'est pour avoir de véritables jurés que je vais vous prouver qu'ils ne nous en présentent que le masque et le fantôme.

Dans l'étendue d'un département, deux cents citoyens seront pris, seulement, parmi ceux qui paient la contribution exigée pour être éligibles aux places administratives. Ces deux cents éligibles seront choisis par le procureur-général syndic de l'administration du département ; sur ces deux-cents, douze seront tirés au sort ; ce sont ces douze qui, sous le titre de jurés de jugement, décideront si le crime a été commis, si l'accusé est coupable.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 145


Discours de Robespierre contre le droit censitaire de pétition prononcé à l'assemblée constituante, 9 mai 1791[modifier]

Eh messieurs, le droit de pétition ne devrait-il pas être assuré d'une manière particulière aux citoyens non actifs ? Plus un homme est faible et malheureux, plus il a de besoin, plus les prières lui sont nécessaires. Eh ! vous refuseriez d'accueillir les pétitions qui vous seraient présentées par la classe la plus pauvre des citoyens !

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 107


Intervention à l'Assemblée constituante en faveur les droits des hommes de couleur libres,12 mai 1791[modifier]

Vous avez donné la qualité de citoyen actif à tout homme qui paie la contribution de trois journées de travail ; et comme la couleur n'y fait rien, tous les gens de couleur qui paient trois journées de travail sont par ce décret reconnus citoyens actifs.

  • Triomphe et mort du droit naturel en Révolution, 1789-1795-1802, Florence Gauthier, éd. PUF/ pratiques théoriques, 1992, p. 180


Intervention à l'Assemblée constituante sur la constitutionnalisation du statu quo colonial, proposé par Moreau de Saint-Méry, comme de l'esclavage seul, défendu par Barère, 13 mai 1791[modifier]

C'est un grand intérêt que la conservation de vos colonies ; mais cet intérêt même est relatif à votre Constitution ; et l'intérêt suprême de la nation et des colonies elles-mêmes est que vous conserviez votre liberté et que vous ne renversiez pas de vos propres mains les bases de cette liberté. Eh ! périssent vos colonies, si vous les conservez à ce prix. Oui, s'il fallait ou perdre vos colonies, ou leur sacrifier votre bonheur, votre gloire, votre liberté, je le répète : périssent vos colonies !

  • Journal des États généraux, M. Le Hodey, éd. M. Le Hodey, 1791, t. 25, p. 484


Discours de Robespierre contre la constitutionnalisation du statu quo colonial et de l'esclavage, prononcé au club des Jacobins, 13 mai 1791[modifier]

On vous parle de l'initiative : est-ce donc un sénat aristocratique de colons que nous avons à consulter ? est-ce un cabinet ministériel ami de l'esclavage ? non c'est l'intérêt suprême de la nation, celui des représentants d'un peuple dont la toute puissance n'est que l'opinion et les principes.

  • Œuvres, Maximilien de Robespierre, éd. Presses universitaires de France, 1958, t. VII : Discours (2e partie) janvier-septembre 1791, p. 366


Contre l'amendement Rewbell excluant les hommes des couleur libres qui ne sont pas nés de père et mère libres,15 mai 1791[modifier]

Je sens que je suis ici pour défendre les droits des hommes de couleur en Amérique, dans toute leur étendue ; qu'il ne m'est pas permis, que je ne puis pas sans m'exposer à un remords cruel, sacrifier une partie de ces hommes-là à une portion de ces mêmes hommes. Or je reconnais les mêmes droits à tous les hommes libres de quelque père qu'ils soient nés, et je conclus qu'il faut admettre le principe dans son entier. Je crois que chaque membre de cette assemblée s'aperçoit qu'il en a déjà trop fait en consacrant constitutionnellement l'esclavage sur les colonies.

  • Toussaint Louverture ; la Révolution française et le problème colonial (1961), Aimé Césaire, éd. Présence Africaine, 1981, p. 125-126


Pour la non-réélection des députés, 16 mai 1791[modifier]

Pour nous hors de l'assemblée législative, nous servirons mieux notre pays qu'en restant dans son sein. Nous éclairerons ceux de nos concitoyens qui ont besoin de lumières, nous propagerons partout l'esprit public, l'amour de la paix, de l'ordre, des lois et de la liberté.

  • Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 56


Pour la non-rééligibilité des députés, 18 mai 1791[modifier]

Ce qui me paraît évident c'est que s'opposer à la réélection est le véritable moyen de s'opposer de bien composer la législature.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 117


Sur la peine de mort, 30 mai 1791[modifier]

Gardez-vous bien de confondre l'efficacité des peines avec l'excès de la sévérité ; l'une est absolument opposée à l'autre.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 148

Il faut croire que le peuple doux, sensible, généreux, qui habite la France et dont toutes les vertus vont être développées par le régime de la liberté traitera avec humanité les coupables, et convenir que l'expérience la sagesse vous permettent de consacrer les principes sur lesquels s'appuie la motion que je fais que la peine de mort soit abolie.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris, Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 149


Discours sur l'état actuel de l'armée, 10 juin 1791[modifier]

Vous voulez dites-vous, prendre des mesures pour assurer le maintien de votre constitution. N'est-il pas trop ridicule de mettre au nombre de ces mesures, celles de confier vos troupes aux ennemis de la constitution ? Les despotes en agissent-ils ainsi ? Confient-ils à des gens dont il ne sont pas sûrs, la garde de leurs places, la défense de leurs frontières ...Je le dis avec franchise, peut-être même avec rudesse ; quiconque ne veut pas, ne conseille pas le licenciement, est un traître.

  • « Robespierre et la guerre, une question posée dès 1789 ? », Thibaut Poirot, Annales Historiques de la Révolution française, 1er trimestre 2013, p. 123 (115-135)


Discours prononcé au club des Jacobins sur la fuite du roi à Varennes, 21 juin 1791[modifier]

Ici j'ai besoin qu'on m'entende jusqu'au bout ; ce qui m'épouvante encore une fois, c'est précisément cela même qui me paraît rassurer tous les autres. C'est que depuis ce matin tout le monde est réuni. Tous ont le même visage, et pourtant il est clair qu'un roi qui avait 40 millions de rentes, qui disposait encore de toutes les places, qui avait encore la plus belle couronne de l'univers et la mieux affermie sur sa tête, n'a pu renoncer à tant d'avantages sans être sûr de le recouvrer.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris, Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 119


Sur l'inviolabilité royale, 14 juillet 1791[modifier]

Le crime légalement impuni est en soi une monstruosité révoltante dans l'ordre social, ou plutôt il est le renversement absolu de l'ordre social, si le crime est commis par le premier fonctionnaire public, par le magistrat suprême. Je ne vois là que deux raisons de plus de sévir : la première que le coupable était lié à la patrie par un devoir plus saint ; la seconde que comme il est armé d'un grand pouvoir, il est bien plus dangereux de ne pas réprimer ses attentats.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (avril 1791-juillet 1792), p. 84


Sur la liberté de la presse, 22 août 1791[modifier]

Est-il vrai que la liberté de la presse consiste uniquement dans la suppression de la censure et de toutes les entraves qui peuvent arrêter l'essor de la liberté ? Je ne le pense pas et vous ne le penserez pas non plus. La liberté de la presse n'existe pas dès lors que l'auteur d'un écrit peut être exposé à des poursuites arbitraires ; et ici il faut saisir une différence bien essentielle entre les actes criminels et ce qu'on a appelé les délits de presse.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris, Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 105


Sur les menaces de révocation des droits politiques des hommes de couleur du décret du 15 mai 1791 par Antoine Barnave, Alexandre et Charles Lameth, 5 septembre 1791[modifier]

Les traîtres à la patrie sont ceux qui cherchent à vous faire révoquer votre décret ; et si pour avoir le droit de se faire entendre dans cette assemblée, il faut attaquer les individus, je vous déclare, moi, que j'attaque personnellement M. Barnave et MM. Lameth.

  • Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 72


Sur les droits politiques des hommes de couleur libres révoqués le 24 septembre 1791[modifier]

Mais, messieurs, je ne puis m'empêcher de répondre à une certaine observation que l'on vous a présentée pour affaiblir l'intérêt des hommes libres de couleur. Remarquez qu'il n'est pas question de leur accorder leurs droits, de les leur reconnaître, remarquez qu'il est question de les leur arracher après que vous les leur avez reconnus. Et quel est l'homme qui avec quelque sentiment de justice, puisse se porter légèrement à dire à plusieurs milliers d'hommes : nous avions reconnu que vous aviez des droits, nous vous avons regardés comme des citoyens actifs, mais nous allons vous replonger dans la misère et dans l'avilissement; nous allons vous remettre aux pieds de ces maîtres impérieux dont nous vous avions aidés à secouer le joug.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (avril 1791-juillet 1792), p. 87


Rappelez-vous toutes ces délibérations où, après avoir remporté l'avantage auquel on semblait d'abord borner tous les voeux, on s'en faisait un titre pour en obtenir de nouveaux ; où vous conduisant toujours de récits en récits, d'épisodes en épisodes, de terreurs en terreurs, on gagnait toujours quelque chose sur vos principes et sur l'intérêt national, jusqu'à ce qu'enfin échouant contre un écueil, on s'est bien promis de réparer son naufrage.

  • Toussaint-Louverture. La Révolution française et le problème colonial (1961), Aimé Césaire, éd. Présence Africaine, 1981, p. 138-139



Mais moi dont la liberté sera l'idole, moi qui ne connaît ni bonheur, ni prospérité, ni moralité pour les hommes sans liberté, ni pour les nations sans les libertés ; je déclare que j’abhorre de pareils systèmes et que je réclame votre justice, l'humanité, la justice et l'intérêt national en faveur des homme libres de couleur.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (avril 1791-juillet 1792), p. 88


Contre la tentative de l'assemblée de révoquer les droits des sociétés à l'affiliation 29 septembre 1791[modifier]

Comment et de quel front enverrez-vous dans les départements une instruction par laquelle vous prétendez persuader aux citoyens qu'il n'est pas permis aux sociétés aux société des Amis de la Constitution, d'avoir des correspondances , d'avoir des affiliations ? Qu'y a-t-il donc d'inconstitutionnel dans une affiliation ? L'affiliation n'est autre chose que la relation d'une société légitime avec une autre société légitime, par laquelle elles conviennent de correspondre entre elles sur les objets de l'intérêt public.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (avril 1791-juillet 1792), p. 90


Premier discours sur la guerre, 18 décembre 1791[modifier]

La guerre est toujours le premier vœu d'un gouvernement puissant qui veut devenir plus puissant encore.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (1791-1792), p. 88


A Rome quand le peuple, fatigué de la tyrannie et de l'orgueil des patriciens, réclamait ses droits par la voix de ses tribuns, le sénat déclarait la guerre ; et le peuple oubliait ses droits et ses injures pour voler sous l'étendard des patriciens, et préparer des pompes triomphales à ses tyrans. Dans des temps postérieurs, César et Pompée faisaient déclarer la guerre pour se mettre à la tête des légions, et revenaient asservir leur patrie avec les soldats qu'elle avait armés.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (avril 1791-juillet 1792), p. 99


Eh ! Ne ressemblez-vous pas à un homme qui court incendier la maison de son ennemi, au moment où le feu prend à la sienne ?

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (1791-1792), p. 117


Deuxième discours sur la guerre, 2 janvier 1792[modifier]

La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d'un politique est de croire qu'il suffise à un peuple d'entrer à main armée chez un peuple étranger, pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n'aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c'est de les repousser comme des ennemis.


Dans des États constitués, comme presque tous les pays d'Europe, il y a trois puissances : le monarque, les aristocrates et le peuple ou plutôt le peuple est nul. S'il arrive une révolution dans ces pays, elle ne peut être que graduelle, elle commence par les nobles, par le clergé, par les riches, et le peuple les soutient lorsque son intérêt s'accorde avec le leur pour résister à la puissance dominante qui est celle du monarque.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (avril 1791- juillet 1792), p. 131


D'abord, apprenez que je ne suis point le défenseur du peuple ; jamais je n'ai prétendu à ce titre fastueux ; je suis du peuple, je n'ai jamais été que cela, je ne veux être que cela ; je méprise quiconque a la prétention d'être quelque chose de plus.

  • Histoire de Robespierre, Ernest Hamel, éd. Chez l'auteur, 1866, t. 2, p. 64


Troisième discours sur la guerre, 25 janvier 1792[modifier]

Ah que je crains dans une révolution odieuse à la Cour, dans une révolution faite contre la Cour,les victoires des généraux choisis par la Cour ! Quel ascendant ils acquièrent sur l'armée qui a partagé leurs succès et qui attache sa gloire à celle de ses chefs. Quel ascendant ils acquièrent sur la nation, dont toutes les idées ont été tournées vers les exploits guerriers et dont le besoin paraît encore de se faire des idoles !

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (avril 1791- juillet 1792), p. 145


Discours sur les moyens de sauver l'État et la liberté, 10 février 1792[modifier]

J'ai toujours pensé qu'il avait manqué deux choses à notre révolution : des écrivains profonds aussi nombreux que ceux que le ministère soudoie, et des hommes riches, assez amis de la liberté pour consacrer une partie de leur fortune à la propagation des lumières et de l'esprit public.

  • Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 95


Invocation de la Providence dans son dernier discours jacobin contre la guerre, 26 mars 1792[modifier]

La Providence qui veille toujours sur nous mieux que notre propre sagesse, en frappant Léopold, parut déconcerter les projets de nos ennemis. Craignons de lasser la bonté céleste qui, jusqu'ici, s'est obstinée à nous sauver malgré nous.

  • Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 99


Défense de Robespierre, prononcée à la Société des Amis de la Constitution en réponse aux deux discours de Brissot et Guadet, 27 avril 1792[modifier]

Gardez-vous de penser que les destinées du peuple soient attachées à quelques hommes ; gardez-vous de redouter le choc des opinions, et les orages des discussions politiques, qui ne sont que les douleurs de l'enfantement de la liberté.

  • Œuvres de Maximilien Robespierre, avec une notice historique, des notes et des commentaires, Maximilien de Robespierre, Armand Carrel (éd.), éd. Ayer Publishing, 1970, t. 3, p. 279


Réponse à Jean-Baptiste Louvet, 5 novembre 1792[modifier]

Citoyens, vouliez-vous une révolution sans révolution ?

  • Réimpression de l'ancien Moniteur: seule histoire authentique et inaltérée de la révolution française depuis la réunion des États-généraux jusqu'au Consulat (mai 1789-novembre 1799), A. Ray, éd. Henri Plon, 1847, t. 14, p. 392


La sensibilité qui gémit presque exclusivement pour les ennemis de la liberté m'est suspecte.

  • Réimpression de l'ancien Moniteur: seule histoire authentique et inaltérée de la révolution française depuis la réunion des États-généraux jusqu'au Consulat (mai 1789-novembre 1799), A. Ray, éd. Henri Plon, 1847, t. 14, p. 393


Discours à la Convention nationale sur les subsistances, 2 décembre 1792[modifier]

La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là ; la propriété n’a été instituée ou garantie que pour la cimenter ; c’est pour vivre d’abord que l’on a des propriétés. Il n’est pas vrai que la propriété puisse jamais être en opposition avec la subsistance des hommes.

  • Œuvres de Maximilien Robespierre, Marc Bouloiseau, Georges Lefebvre, Jean Dautry, Albert Soboul, éd. Presses Universitaires de France, 1958, t. 9 : Discours (4e partie) septembre 1792-27 juillet 1793, p. 112


Tout homme n'a pas le droit d'entasser du blé, quand son semblable meurt de faim, tout ce qui est nécessaire à l'existence de la vie des hommes, appartient à la société, son superflu seul est un objet de commerce.

  • Œuvres de Maximilien de Robespierre, Marc Bouloiseau, Georges Lefebvre, Jean Dautry, Albert Soboul, éd. Presses Universitaires de France, 1958, t. 9 : Discours (4e partie) septembre 1792-27 juillet 1793, p. 119


Et vous, législateurs, souvenez-vous, que vous n'êtes point les représentants d'une caste privilégiée, mais ceux du peuple français, n'oubliez pas que la source de l'ordre, c'est la justice, que le plus sûr garant de la tranquillité, c'est le bonheur des citoyens, et que les longues convulsions qui déchirent les États ne sont que le combat des préjugés contre les principes, de l'égoïsme contre l'intérêt général, de l'orgueil et des passions des hommes puissants contre les droits et contre les besoins des faibles.

  • Œuvres de Maximilien de Robespierre, avec une notice historique, des notes et des commentaires, Maximilien de Robespierre, Albert Laponneraye, Armand Carrel (éd.), éd. Chez l'éditeur, 1840, t. 3, p. 42


Sur le jugement de Louis XVI, 3 décembre 1792[modifier]

L'assemblée a été entraînée à son insu loin de la véritable question. Il n'y a point ici de procès à faire; Louis n'est point un accusé. Vous n'êtes point des juges. Vous êtes, vous ne pouvez être que des hommes d’État et les représentants de la nation. Vous n'avez pas une sentence à rendre pour ou contre un homme mais une mesure de salut public à prendre, un acte de providence nationale à exercer.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1973, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 80


Je prononce à regret cette fatale vérité...mais Louis doit mourir parce qu'il faut que la patrie vive.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1973, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 80


Discours sur l'appel au peuple dans le jugement de Louis XVI, 28 décembre 1792[modifier]

Citoyens, la sensibilité qui sacrifie l'innocence au crime est une sensibilité cruelle ; la clémence qui compose avec la tyrannie est barbare.

  • Œuvres, Maximilien de Robespierre, éd. Presses universitaires de France, 1958, t. IX : Discours (4e partie) septembre 1792-27 juillet 1793, p. 184


Vote motivé à la Convention nationale sur la peine encourue par Louis XVI à l'occasion de son procès, 16 janvier 1793[modifier]

Je suis inflexible pour les oppresseurs, parce que je suis compatissant pour les opprimés ; je ne connais point l'humanité qui égorge les peuples, et qui pardonne aux despotes. Le sentiment qui m'a porté à demander mais en vain, à l'Assemblée Constituante l'abolition de la peine de mort, est le même qui me force aujourd'hui à demander qu'elle soit appliquée au tyran de ma patrie, et à la royauté elle-même dans sa personne.

  • Œuvres, Maximilien de Robespierre, éd. Presses universitaires de France, 1958, t. IX : Discours (4e partie) septembre 1792-27 juillet 1793, p. 228


Contre le sursis,18 janvier 1793[modifier]

Ils sont bien vains, bien absurdes, les subterfuges par lesquels on tenterait d'apporter un intervalle entre la condamnation et l’exécution. Vous n'auriez rendu qu'un vain hommage à la liberté, car loin de l'avoir servie, vous la détruiriez vous-même, vous rappelleriez les sentiments de pitié, de pusillanimité ; vous réveilleriez des espérances aussi coupables que funestes.

  • Œuvres, Maximilien de Robespierre, éd. Presses universitaires de France, 1958, t. IX : Discours (4e partie) septembre 1792-27 juillet 1793, p. 238-239


Contre le comité de défense générale en en particulier contre Brissot, 3 avril 1793[modifier]

Sauver la liberté !… Mais la liberté peut-elle se sauver, lorsque les amis du roi, lorsque ceux qui ont pleuré la perte du tyran, et qui ont cherché à réveiller le royalisme paraissent nos protecteurs, paraissent les ennemis de Dumouriez, lorsqu’il est évident à mes yeux qu’ils sont ses complices.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 116


Sur la conspiration tramée contre la liberté, 10 avril 1793[modifier]

Tous les ambitieux qui ont paru jusqu'ici sur le théâtre de la Révolution ont eu cela de commun qu'ils ont défendu les droits du peuple aussi longtemps qu'ils ont cru en avoir besoin. Tous l'ont regardé comme un stupide troupeau, destiné à être conduit par le plus habile ou par le plus fort. Tous ont regardé les assemblées représentatives comme des corps composés d'hommes ou cupides ou crédules, qu'il fallait corrompre ou tromper pour les faire servir à leurs projets criminels. Tous se sont servis des sociétés populaires contre la cour et, dès le moment où ils eurent fait leur pacte avec elle, où qu'ils l'eurent remplacée, ils ont travaillé à la détruire. Tous ont successivement combattu pour ou contre les Jacobins, selon les temps et les circonstances.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 118


Sur « le devoir de fraternité qui unissent tous les hommes et toutes les nations, et leurs droits à une mutuelle assistance » 24 avril 1793[modifier]

art. 4 : Les rois, les aristocrates, les tyrans quels qu'ils soient, sont des esclaves révoltés contre le souverain de la terre qui est le genre humain, et contre le législateur de l'univers qui est la nature.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 135-136


Discours sur la nouvelle déclaration des droits de l'homme et du citoyen, 24 avril 1793[modifier]

XXIX : Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

  • Œuvres, Maximilien de Robespierre, éd. Presses universitaires de France, 1958, t. IX : Discours (4e partie) septembre 1792-27 juillet 1793, p. 468


Discours prononcé à l'assemblée nationale sur le nouveau gouvernement représentatif, 10 mai 1793[modifier]

Fuyez la manie ancienne des gouvernements de vouloir trop gouverner ; laissez aux individus, laissez aux familles le droit de faire ce qui ne nuit point à autrui ; laissez aux communes le pouvoir de régler elles-mêmes leurs propres affaires, en tout ce qui ne tient point essentiellement à l'administration générale de la République.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 149


Discours au club des Jacobins du 26 mai 1793[modifier]

Je vous disais que le peuple doit se reposer sur sa force ; mais quand le peuple est opprimé, quand il ne lui reste plus que lui-même, celui-là serait un lâche qui ne lui dirait pas de se lever. C'est quand toutes les lois sont violées, c'est quand le despotisme est à son comble, c'est quand on foule aux pieds la bonne foi et la pudeur, que le peuple doit s'insurger.

  • Histoire parlementaire de la révolution française, Philippe-Joseph-Benjamin Buchez, Prosper Charles Roux, éd. Paulin, 1793, t. 27, p. 243


Défense du comité de salut public, 25 septembre 1793[modifier]

Nous pouvons mépriser les calomnies ; mais les agents des tyrans, qui nous entourent, nous observent et recueillent tout ce qui peut avilir les défenseurs du peuple ; c'est pour eux, c'est pour prévenir leurs impostures, qu'il faut que la Convention nationale proclame qu'elle conserve toute sa confiance au Comité de salut public.

  • Robespierre : entre vertu et terreur, Slavoj Zizek, éd. Stock, 2008, p. 181-182.


Sur la situation politique de la république, 17 novembre 1793 (27 brumaire an II)[modifier]

Vous avez sous les yeux le bilan politique de l'Europe et le vôtre et vous avez déjà un grand résultat : c'est que l'univers est intéressé à notre conservation. Supposons la France anéantie ou démembrée, le monde politique s'écroule.

  • Robespierre textes choisis (1958), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 3 (novembre 1793-juillet 1794), p. 75


La force peut renverser un trône ; la sagesse seule peut fonder une république. Démêlez les pièges continuels de nos ennemis ; soyez révolutionnaires et politiques ; soyez terribles aux méchants et secourables aux malheureux ; fuyez à la fois le cruel modérantisme et l'exagération systématique des faux patriotes : soyez digne du peuple que vous représentez ; le peuple hait tous les excès ; il ne veut ni être trompé ni être protégé, il veut qu'on le défende en l'honorant.

  • Robespierre textes choisis (1958), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 3 (novembre 1793-juillet 1794), p. 79


Rapport présenté au club des Jacobins contre le philosophisme et pour la liberté des cultes, 21 novembre 1793 (1er frimaire an II)[modifier]

On a supposé qu'en accueillant des offrandes civiques la Convention avait proscrit le culte catholique.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 317


Non, la Convention n'a point fait cette démarche téméraire ; la Convention ne le fera jamais.Son intention est de maintenir la liberté des culte qu'elle a proclamée, et de réprimer en même temps tous ceux qui en abuseraient pour troubler l'ordre public ; elle ne permettra pas qu'on persécute les ministres paisibles du culte, et elle les punira avec sévérité toutes les fois qu'ils oseront se prévaloir de leurs fonctions pour tromper les citoyens et pour armer les préjugés ou le royalisme contre la République.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 317


L'athéisme est aristocratique ; l'idée d'un grand être qui veille sur l'innocence opprimée, et qui punit le crime triomphant est toute populaire. Le peuple, les malheureux m'applaudissent : si je trouvais des censeurs ce serait parmi les riches et les coupables.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 317


Réponse aux rois, 5 décembre 1793 (15 frimaire an II)[modifier]

Un manifeste du despotisme contre la liberté ! Quel bizarre phénomène ! Comment les ennemis de la France ont-ils osé prendre des hommes pour arbitre entre eux et nous ?

  • Robespierre, entre vertu et terreur, Slavoj Zizek, éd. Stock, 2008, p. 199


Les Français ne sont pas atteints de la manie de rendre aucune nation heureuse et libre malgré elle. Tous les rois auraient pu végéter ou mourir impunis sur leurs trônes ensanglantés s'ils avaient su respecter l'indépendance du peuple français : nous ne voulons que vous éclairer sur leurs impudentes calomnies.

  • Robespierre, entre vertu et terreur, Slavoj Zizek, éd. Stock, 2008, p. 203


Rapport à la Convention nationale au nom du Comité de Salut Public sur les principes du Gouvernement révolutionnaire, 25 décembre 1793 (5 nivôse an II)[modifier]

La fonction du gouvernement est de diriger les forces morales et physiques de la nation vers le but de son institution. Le but du gouvernement constitutionnel est de conserver la République ; celui du gouvernement révolutionnaire est de la fonder. La Révolution est la guerre de la liberté contre ses ennemis ; la Constitution est le régime de la liberté victorieuse et paisible.

  • Documents d'histoire contemporaine: Le XIXe siècle, Jean-Paul Jourdan, éd. Presses Universitaires de Bordeaux, 2002, t. 1, p. 26
  • Robespierre, Textes choisis, Jean Poperen, éd. Sociales, 1974, t. 3, p. 99


Discours prononcé au club des Jacobins sur le peuple anglais 30 janvier 1794 (11 pluviôse an II)[modifier]

En qualité de Français, de représentant du peuple, je déclare que je hais le peuple anglais.

  • « Les crimes des Anglais : trahir le droit », Sophie Wanish, Marc Bellissa, Annales historiques de la Révolution française, avril-juin 1995, p. 233


On veut séparer le peuple anglais de son gouvernement. Je ne demande pas mieux, à condition qu'on distinguera aussi le peuple anglais faisant la guerre à la liberté, conjointement avec son gouvernement, du peuple anglais punissant ce même gouvernement des attentats commis contre la liberté.

  • Œuvres, Maximilien de Robespierre, éd. Presses universitaires de France, 1958, t. X : Discours (5e partie) juillet 1793-juillet 1794, p. 348


Qu'est-ce que cette anglomanie, déguisée sous le masque de la philanthropie, si ce n'est la conservation de l'ancien brissotisme, qui néglige le bonheur et la tranquillité de son pays pour aller s'occuper de la liberté de la Belgique ?

  • « "La déclaration constitutionnelle de paix à l'Europe, grand sujet de débat entre 1791 et 1794." », Jean-Daniel Piquet, La Révolution française ; la guerre et la frontière., 2000, p. 396 (387-397)
  • Œuvres, Maximilien de Robespierre, éd. Presses universitaires de France, 1958, t. X : Discours (5e partie) juillet 1793-juillet 1794, p. 348


Discours à la Convention nationale sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l'administration intérieure de la République, 5 février 1794 (17 pluviôse an II)[modifier]

Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable, c’est-à-dire, toutes les vertus et tous les miracles de la République, à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie.

  • Mercure français, Mercure de France, éd. Mercure de France, 1794, p. 302


Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur : la vertu, sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n'est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier, qu'une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux plus pressants besoins de la patrie.

  • Biographie universelle et portative des contemporains, Alphonse Rabbe,Claude Augustin Vieilh de Boisjoslin,Charles Claude Binet de Sainte-Preuve, éd. E. Dézairs et A. Blois - 21, rue du Colombier, 1836, t. 5, p. 677


Justification d'une procédure d'exclusion du club des jacobins 7 février 1794 (19 pluviôse an II)[modifier]

Tous les ennemis de la liberté parlent contre le despotisme d'opinion, parce qu'ils préfèrent le despotisme de la force.

  • Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 231


Intervention lors de la séance de la Convention du 31 mars 1794 (11 germinal an II) à la suite de l'arrestation des dantonistes[modifier]

Nous verrons dans ce jour si la Convention saura briser une prétendue idole pourrie depuis longtemps, ou si dans sa chute elle écrasera la Convention et le peuple français. Ce qu'on a dit de Danton ne pouvait-il pas s'appliquer à Brissot, à Pétion, à Chabot, à Hébert même, et à tant d'autres qui ont rempli la France du bruit fastueux de leur patriotisme trompeur? Quel privilège aurait-il donc? En quoi Danton est-il supérieur à ses collègues, à Chabot, à Fabre d'Églantine, son ami et son confident, dont il a été l'ardent défenseur? en quoi est-il supérieur à ses concitoyens? Est-ce parce que quelques individus trompés, et d'autres qui ne l'étaient pas, se sont groupés autour de lui pour marcher à sa suite à la fortune et au pouvoir? Plus il a trompé les patriotes qui avaient eu confiance en lui, plus il doit éprouver la sévérité des amis de la liberté.

  • Réimpression de l'ancien Moniteur: seule histoire authentique et inaltérée de la Révolution française, A. Ray, éd. Henri Plon, 1861, t. 20, p. 95-96


Sur les rapport des idées religieuses et morales avec le principe républicains et sur les fêtes nationales. Rapport présenté au nom du comité de salut public,7 mai 1794 (18 floréal an II)[modifier]

L'idée de l'Être Suprême et de l'immortalité de l'âme est un rappel continuel à la justice ; elle est donc sociale et républicaine.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 317


Ayez des fêtes générales et plus solennelles pour toute la République ; ayez des fêtes particulières et pour chaque lieu qui soient des jours de repos, et qui remplacent ce que les circonstances ont détruit. Que toutes tendent à réveiller les sentiments généreux qui font le charme et l'ornement de la vie humaine, l'enthousiasme de la liberté, l'amour de la patrie, le respect des lois.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 325


Dernier discours à la Convention nationale, 26 juillet 1794 (8 thermidor an II)[modifier]

Les révolutions qui, jusqu'à nous, ont changé la face des empires n'ont eu pour objet qu'un changement de dynastie ou le changement du pouvoir d'un seul à celui de plusieurs. La Révolution française est la première qui ait été fondée sur les théories des droits de l'humanité et sur les principes de la justice. Les autres révolutions n'exigeaient que de l'ambition ; la nôtre impose des vertus.

  • Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 332


Mais elle existe, je vous en atteste, âmes sensibles et pures ; elle existe, cette passion tendre, impérieuse, irrésistible, tourment et délices des cœurs magnanimes, cette horreur profonde de la tyrannie, ce zèle compatissant pour les opprimés, cet amour sacré de la patrie, cet amour plus sublime et plus saint de l'humanité, sans lequel une grande révolution n'est qu'un crime éclatant qui détruit un autre crime. Elle existe, cette ambition généreuse de fonder sur la terre la première République du monde ; cet égoïsme des hommes non dégradés, qui trouve une volupté céleste dans le calme d'une conscience pure et dans le spectacle ravissant du bonheur public.Vous la sentez, en ce moment, qui brûle dans vos âmes ; je la sens dans la mienne.

  • Histoire parlementaire de la révolution française, Philippe-Joseph-Benjamin Buchez, Prosper Charles Roux, éd. Paulin, 1793, t. 23 et 24, p. 419


Non Chaumette, non Fouché, la mort n'est pas un sommeil éternel. Citoyens, effacez des tombeaux cette maxime gravée par des mains sacrilèges, qui jette un crêpe funèbre sur la nature, qui décourage l'innocence opprimée et qui insulte à la mort ; gravez y plutôt celle- ci : « La mort est le commencement de l'immortalité. »

  • Histoire de Robespierre, Ernest Hamel, éd. Chez l'auteur, 1867, t. 3, p. 729


Je suis fait pour combattre le crime, non pour le gouverner.

  • Choix de rapports, opinions et discours prononcés à la Tribune Nationale depuis 1789 jusqu'à ce jour, Guillaume N. Lallement, éd. A. Eymery, 1821, t. 14, p. 309


Écrits et articles[modifier]

Observations sur l'état et les droit des bâtards, 27 avril 1786[modifier]

Mais si le gouvernement prenait le parti de refuser sa protection aux bâtards, ne craignons-nous pas que cette conduite ne contribue à accélérer les progrès de ce mal terrible, bien plus qu'à épurer les mœurs ?

  • Oeuvres de Maximilien Robespierre, Florence Gauthier/ Société des Études robespierristes, éd. Centenaire de la Société des Études robespierristes, 2007, t. 11 Écrits et compléments, p. 140 (137-183)


Ne balançons point à leur tendre une main secourable. Quel titre leur manque-t-il pour obtenir la protection de l'Etat ? Ils sont innocents, ils sont malheureux ; ils sont hommes, ils sont citoyens. L'humanité, la justice, l'intérêt public, tout impose à la patrie le devoir sacré de veiller efficacement à leur conservation.

  • Oeuvres de Maximilien Robespierre, Florence Gauthier/ Société des Études robespierristes, éd. Centenaire de la Société des Études robespierristes, 2007, t. 11 Écrits et compléments, p. 141 (137-183)


Réponse de Maximilien Robespierre avocat au parlement et directeur de l'Académie au discours de Mademoiselle de Kéralio , 1787[modifier]

Ce n'est pas seulement par leurs lumières que les femmes contribueraient au progrès des lettres et à la gloire des sociétés savantes, c'est surtout par leur présence... Ouvrez aux femmes les entrées des académies et vous en bannissez en même temps la négligence et la paresse qui en sont les fléaux.

  • Oeuvres de Maximilien Robespierre, Florence Gauthier/ Société des Études robespierristes, éd. Centenaire de la Société des Études robespierristes, 2007, t. 11 Écrits et compléments, p. 194 (189-201)


A la nation artésienne sur la nécessité de réformer les états d'Artois, 1789[modifier]

Cette heureuse révolution et la fin de tous les maux qui nous accablent, dépend de la vertu, du courage et des sentiments de ceux à qui nous confierons le redoutable honneur de défendre nos intérêts dans l'assemblée de la Nation ; nous éviterons avec soin, dans ce choix important, tous les écueils que l'intrigue et l'ambition vont semer sous nos pas ; nous n'irons pas surtout nous reposer de la réforme des abus, sur le zèle de ceux qui se sont intéressés à les conserver par les plus puissants de tous les mobiles, l'intérêt personnel, l'esprit de corps, l'amour et l'habitude de la domination.

  • « Robespierre et l'authenticité révolutionnaire », Marisa Linton, Annales Historiques de la Révolution française, 1er trimestre 2013, p. 159-160 (153-171)
  • Oeuvres de Maximilien Robespierre, Florence Gauthier/ Société des Études robespierristes, éd. Centenaire de la Société des Études robespierristes, 2007, t. 11 Écrits et compléments, p. 244 (205-245)


Le véritable moyen d'anéantir les abus qui causent les malheurs publics,est d'aller droit aux sources principales d'où ils découlent. Or la première source des malheurs d'un Peuple, ce sont les vices de son gouvernement ; aussi l'expérience nous prouvera-t-elle bientôt que l'Artois doit attribuer la plupart des siens aux vices qui ont dénaturé la véritable constitution à qui son administration était confiée.

  • Oeuvres de Maximilien Robespierre, Florence Gauthier/ Société des Études robespierristes, éd. Centenaire de la Société des Études robespierristes, 2007, t. 11 Écrits et compléments, p. 207 (205-245)


Sur la nécessité de révoquer le marc d'argent, vers le début avril 1791[modifier]

Quel système que celui où l'honnête homme dépouillé par un injuste oppresseur retombe dans la classe des ilotes, tandis que l'autre s'élève par son crime même au rang des citoyens ! ou un père voit croître, avec le nombre de ses enfants la certitude qu'il ne leur laissera point avec son patrimoine divisé ; ou tous les fils de famille, dans la moitié de l'empire, ne peuvent trouver une patrie qu'au moment où ils n'ont plus de père !

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (avril 1791- juillet 1792), p. 75


Adresse de Maximilien Robespierre aux Français, vers la fin juillet 1791[modifier]

On savait bien que nous n'avions jamais combattu ni l'existence ni même l'hérédité de la royauté; on n'était pas assez stupides pour ignorer que ces mots république, monarchie n'étaient que ds termes vagues et insignifiants, propres seulement à devenir des noms de sectes et des semences de division, mais qui ne caractérisent pas une nature particulière de gouvernement ; que la république de Venise ressemble davantage au gouvernement turc qu'à celle de Rome, et que la France actuelle ressemble plus à la république des États-Unis d'Amérique qu'à la Monarchie de Frédéric ou de Louis XIV ; que tout état libre est une république, et qu'une nation peut être libre avec un monarque.

  • Oeuvres de Maximilien Robespierre, Florence Gauthier/ Société des Études robespierristes, éd. Centenaire de la Société des Études robespierristes, 2007, t. 11 Écrits et compléments, p. 356 (347-376)


Le Défenseur de la Constitution, n° 1, 17 mai 1792[modifier]

La guerre est commencée ; il ne nous reste plus qu'à prendre les précautions nécessaires pour la faire tourner au profit de la Révolution. Faisons la guerre du peuple contre la tyrannie et non celle de la Cour, des patriciens, des intrigants et des agioteurs contre le peuple.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1973, t. 1 (avril 1791-juillet 1792), p. 167


Il fallait dès l'origine, il faut encore aujourd'hui déclarer solennellement que les Français n'useront de leurs forces et de leurs avantages que pour laisser à ce peuple la liberté de se donner la Constitution qui leur paraîtra le plus convenable. Que cette déclaration soit remise entre les mains de nos propres soldats afin que chacun d'eux connaisse la volonté nationale dont il doit être l'exécuteur.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1973, t. 1 (avril 1791-juillet 1792), p. 169


Le Défenseur de la Constitution, n° 3, 31 mai 1792[modifier]

Je leur rends grâce au nom de l'Humanité d'avoir défendu la cause des hommes libres de couleur de nos colonies. Loin d'imiter l'injustice de ceux qui leur ont cherché des torts jusque dans cette action louable en elle-même, je me croirais coupable d'ingratitude si je refusais cet hommage à ceux qui ont fait triompher la cause que j'avais plusieurs fois plaidée dans la même tribune. Peu m'importent les motifs quand les faits sont utiles au bien général. Sans examiner s'il est vrai que les uns défendent même la cause de l'Humanité comme des hommes d'affaire et les autres comme des défenseurs officieux je me borne à rechercher si les malheurs de l'Europe vous ont aussi vivement occupés que les infortunes américaines et si le peuple français a trouvé en vous le même zèle que celui de Saint-Domingue.

  • Sur ses nouveaux adversaires girondins qui rétablirent heureusement les 24 mars et 4 avril 1792 à l'assemblée législative les droits des hommes de couleur libres, révoqués par l'assemblée Constituante le 24 septembre 1791.
  • Œuvres de Maximilien Robespierre, Marc Bouloiseau, Georges Lefebvre, Jean Dautry, Albert Soboul, éd. Presses Universitaires de France, 1958, t. 4, Le Défenseur de la Constitution, p. 84
  • L'émancipation des Noirs dans la Révolution française, (1789-1795), Jean-Daniel Piquet, éd. Karthala, 2002, p. 155


Le Défenseur de la Constitution, n° 5, 14 juin 1792[modifier]

Le pire de tous les despotismes, c'est le gouvernement militaire.

  • Attaque verbale contre le projet Servan.
  • Histoire socialiste de la Révolution française : La Législative (1791-1792), Jean Jaurès, éd. Jules Rouff, 1792, t. II, p. 1179


Lettres de M. Robespierre à ses commettans, n° 1, 28 octobre 1792[modifier]

Observez avec quelle défiance, j'ai presque dit avec quel effroi, on envisage encore la partie la plus nombreuse des citoyens, et la plus pure, en dépit de l'ignorance et de l'orgueil. Observez ce penchant éternel à lier l'idée de sédition et de brigandage, avec celle de peuple et de pauvreté. Voyez, d'un côté, combien il est difficile à la loi d'atteindre les conspirateurs puissants ; de l'autre, avec quelle rapidité elle abat toutes les têtes des malheureux qui ont été plus faibles que coupables.

  • Œuvres de Maximilien Robespierre, Maximilien de Robespierre, éd. Albert Laponneraye, 1840, vol. 2, « Des papiers publics », p. 96


« Des papiers publics », Lettres de M. Robespierre à ses commettants, n° 5, novembre 1792[modifier]

... Or est-il utile ?, est-il nécessaire d'infliger une peine à Louis détrôné, impuissant, abandonné aujourd'hui ? Citoyens, est-il nécessaire de punir ces malheureux accusés de vol ou de faux, que la loi garde dans vos maisons d'arrêt. Ceux-là sont bien plus impuissants et plus abandonnés. Citoyens, s'il importe d'effrayer la misère ou la cupidité ou le désespoir lui-même, importe-t-il moins d'épouvanter la tyrannie ?

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1973, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 66


Et cependant ce sont les crimes des rois qui enfantent tous les autres crimes avec les passions lâches et la misère.

  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1973, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 66


« Des papiers publics », Lettres de M. Robespierre à ses commettants, n° 6, novembre 1792[modifier]

Le sort du peuple est à plaindre quand il est endoctriné précisément par ceux qui ont intérêt à le tromper, et que ses agents, devenus ses maîtres par le fait, se constituent encore ses précepteurs. C'est à peu près comme si un homme d'affaires était chargé d'apprendre l'arithmétique à celui qui doit vérifier ses comptes.

  • Œuvres de Maximilien Robespierre, Maximilien de Robespierre, éd. Phénix éditions, 2000, vol. 5 : « Lettres à ses commettants », « Des papiers publics », p. 75


« Des papiers publics », Lettres de M. Robespierre à ses commettants, n° 7, novembre 1792[modifier]

Sage Pétion, la Commune de Paris avait levé l'étendard de l'insurrection au nom de la patrie, la cause de la Commune était celle de la France entière.

  • Réponse à Jérôme Pétion.
  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1973, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 62


« Observations sur le projet annoncé au nom du comité des Finances de supprimer les fonds affectés au culte, adressées à la Convention nationale », Lettres de M. Robespierre à ses commettants, n° 8, novembre 1792[modifier]

Réduire le peuple à l'impuissance de pratiquer sa religion, ou la proscrire par une loi expresse, c'est exactement la même chose.

  • Histoire parlementaire de la Révolution française (1835), Philippe Buchez, Pierre-Célestin Roux, éd. Paulin, 1835, t. 20, p. 456


Nulle puissance n'a le droit de supprimer le culte établi, jusqu'à ce que le peuple en soit lui-même détrompé.

  • Histoire parlementaire de la Révolution française (1835), Philippe Buchez, Pierre-Célestin Roux, éd. Paulin, 1835, t. 20, p. 456


« Des papiers publics », Lettres de M. Robespierre à ses commettants, tome 2, n° 1, janvier 1793[modifier]

Le peuple a déjà prononcé deux fois sur Louis :

  • 1) Lorsqu'il prit les armes pour le détrôner, pour le chasser, et que vous l'en détournâtes et que vous le dérobâtes vous-mêmes à sa juste colère en lui promettant une vengeance éclatante.
  • 2) Lorsqu'il vous imposa le devoir sacré de le condamner d'une manière éclatante pour le salut de la patrie et pour l'exemple du monde.


Lorsqu'on est si ingénieux à trouver des moyens d'appels ou de révision, c'est une preuve au moins qu'on est mécontent du jugement. Or le procureur le plus illustre fut-il aussi fertile que vous l'êtes en cette affaire en exceptions déclinatoires, dilatoires, péremptoires ou rescisoires ?

  • Lettre à MM.Vergniaud, Gensonné, Brissot, Guadet, sur la souveraineté du peuple et sur leur système de l'appel du jugement de Louis Capet.
  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1973, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 91-92


« Des papiers publics », Lettres de M. Robespierre à ses commettants, tome 2, février 1793[modifier]

Le véritable objet de notre politique doit être de détacher les peuples de la cause des tyrans ligués contre nous. Car si les peuples partageaient leur animosité contre la révolution, si le fanatisme de la servitude ou de la superstition s'unissait au fanatisme de l'aristocratie et à l'orgueil du despotisme, nous aurions à soutenir une espèce de guerre beaucoup plus terrible que celle que tous les rois du monde pouvaient faire jadis à un monarque français.

  • Sur les relations avec les peuples étrangers.
  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1973, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 97


Ceux qui veulent donner des lois les armes ne paraissent jamais que des étrangers et des conquérants, surtout à des hommes qu'il faut désabuser et apprivoiser avec la république et avec la philosophie.

  • Sur les relations avec les peuples étrangers.
  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1973, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 102-103


« Des papiers publics », Lettres de M. Robespierre à ses commettants, tome 2, n° 9, 8 mars 1793[modifier]

Les troubles ne peuvent devenir redoutables que lorsque les ennemis de la liberté peuvent faire retentir les mots de disette et de misère aux oreilles d'un peuple affamé ou désespéré. Il faut leur arracher cette arme dangereuse, et la tranquillité publique sera d'autant plus assurée, que le peuple français que les citoyens, de Paris surtout,ont montré jusqu'ici une patience égale à leur courage, et que, pour le consoler, il suffit de paraître s'occuper sérieusement de son bonheur ou de ses besoins.

  • Sur les troubles de Paris.
  • Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1973, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 104-105


Citations sur Robespierre[modifier]

Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau[modifier]

Cet homme ira loin, il croit tout ce qu'il dit.

  • Histoire de Robespierre, Ernest Hamel, éd. A. Cinqualbre, 1865, vol. 1, p. 132


Adrien Duquesnoy, 14 mai 1791[modifier]

M. Robespierre a fait beaucoup de déclamations pour empêcher qu'on n'employât le mot esclaves et pour qu'on lui subsiste les mots non-libres. Quelle ridicule petitesse ! Comme s'il y avait pas la plus légère différence dans les choses, ou comme si celle qui est dans les mots méritait qu'on fit perdre à l'assemblée une seconde de son temps.

  • « Nouvelles pièces sur Robespierre et les colonies en 1791 », Jean-Daniel Piquet, Annales Historiques de la Révolution française, 1er trimestre 2013, p. 189 (187-194)


L'abbé Claude Fauchet en mai 1791[modifier]

C'est avec joie que l'on a entendu des députés menacés de perdre les colonies dire soyons pauvres mais vertueux... Quelle liberté lorsque quelques-uns peuvent dire à plusieurs : « nous ne voulons pas que vous soyez membres actifs dans le corps social ; soyez passifs, c'est une liberté à la JF Maury, Robespierre, dans cette séance, a développé l’âme des Français, combien il était grand, au milieu de ces préjugistes et de ces vendeurs d’hommes qui ont parlé avant et après lui !

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  • « Nouvelles pièces sur Robespierre et les colonies en 1791 », Jean-Daniel Piquet, Annales Historiques de la Révolution française, 1er trimestre 2013, p. 191 (187-194)



Gouy d'Arcy, député esclavagiste et ségrégationniste de Saint-Domingue à l'assemblée constituante (dans une brochure de septembre 1791)[modifier]

Il allait bien plus loin que M. Rewbell, et l'exagération de ses principes donnait un vernis de modération au détestable amendement du député de Strasbourg.

  • L'émancipation des Noirs dans la Révolution française, (1789-1802), Jean-Daniel Piquet, éd. Karthala, 2002, p. 81


Nicolas de Condorcet[modifier]

Robespierre est un prêtre, et il ne sera que cela.


Réponse de Brissot au rapport Amar du 3 octobre 1793 qui l'accusait d'avoir défendu les Noirs par le vote du décret-loi du 4 avril 1792 pour livrer les colonies à l'Angleterre (courant octobre 1793)[modifier]

Faites le procès à la nation qui l'a ratifié, aux colonies qui l'ont reçu avec reconnaissance. Faites le procès à Robespierre surtout qui dans l'assemblée constituante, défendit lors du décret du 15 mai, les mêmes principes que moi, qui dans l'excès de son indignation fit cette exclamation énergique tant anathémisée par ces colons qu'il soutient aujourd'hui. Périssent les colonies plutôt que de sacrifier un seul principe ! Faites le procès à la Montagne qui, fidèle au principe, vient encore de le consacrer !

  • Mémoires de Brissot, J.P.Brissot, éd. Alphonse Picard, 1912, vol. 2, p. 296
  • « Robespierre et la question coloniale », Bernard Gainot, Robespierre : portraits croisés., 2012, p. 88-89 (79-94)


Jacques-Louis David[modifier]

Tout ce que fait Robespierre est utile et nécessaire pour le bien public. C'est lui, et lui seul qui a raison. Et ceux qui ne sont pas d'accord avec lui doivent être considérés comme des ennemis de la France et de la liberté.

  • Histoire et dictionnaire de la Révolution française, Jean Tulard, Alfred Fierro, Jean-François Fayard, éd. Robert Laffont, 1987, p. 748


Jean-Baptiste Belley, député noir de Saint-Domingue à la Convention (novembre 1794, 11 brumaire-10 frimaire an III), à Benoît Gouly, député créole des Mascareignes, récent auteur d'un pamphlet raciste.[modifier]

Gouly ! Homme sans principes et vendu à la faction des planteurs, tes amis et tes complices, je t'avais déjà jugé aux jacobins, lorsque le 3 thermidor (en fait le 6) je te voyais assis aux pieds de Robespierre ; tu le flagornais si grossièrement qu'il fut obligé de repousser publiquement tes basses flatteries par son mépris et sa réprobation. Tu t'en souviens, Gouly, tu demandais ce jour une séance extraordinaire pour le lendemain, parce que Robespierre voulait dénoncer la conspiration qui se tramait (disait-il) contre lui et la liberté.

  • Triomphe et mort du droit naturel en Révolution, 1789-1795-1802, Florence Gauthier, éd. PUF/ pratiques théoriques, 1992, p. 260


Pierre Page, intrigant esclavagiste de Saint-Domingue à Paris (20 février 1795-2 ventôse an III)[modifier]

Pour juger de l'influence dont nous jouissions, lisez le rapport Courtois. Vous verrez que Littée notre ami, le seul qui nous ait soutenu dans la Convention nationale, état poursuivi par les agents de Robespierre ; et vous y verrez avec quelle précaution Robespierre se faisait rendre compte des numéros que nous adressions au Comité de salut public, intitulés Notes au comité de salut public. Si nous eussions été dans un si grand rapport avec le Comité de salut public, Robespierre n'aurait pas fait épier nos démarches & fait des recherches pour savoir ce que nous écrivions et ce que nous n'écrivions pas ; enfin il n'aurait pas fait suivre et espionner Littée, qui était notre protecteur dans la Convention.

  • Robespierre et la liberté des Noirs en l'an II d'après les archives des comités et les papiers de la commission Courtois., Jean-Daniel Piquet, éd. Annales Historiques de la Révolution française, 2001(Janvier/Mars), vol. 323, p. 83 (69-91)


Jean-François Reubell (citation rapportée par Carnot en 1798)[modifier]

Je n'ai jamais eu qu'un seul reproche à faire à Robespierre, c'est celui d'avoir été trop doux.

  • Dictionnaire historique de la Révolution française, Jean-René Surrateau (article Rewbell), éd. PUF, 1989, p. 900(898-903)


Louis XVIII[modifier]

Votre opinion sur Robespierre est au moins fort hasardée si elle n'est pas fausse ; les hommes d'État ne doivent pas être jugés d'après les règles ordinaires de morale. En 1793 et 1794, il s'agissait de sauver le corps social et s'il était prouvé que le chef des Jacobins n'eût fait dresser les échafauds de la Terreur que pour abattre les factions et rétablir ensuite ce gouvernement royal que la France entière désirait, il serait injuste de regarder Robespierre comme un homme cruel et de l'appeler tyran ; il faudrait au contraire voir en lui, comme dans Sylla, une forte tête, un grand homme d'État. Richelieu aurait fait plus que Robespierre s'il se fut trouvé dans une position semblable.

  • Robespierre, Joël Schmidt, éd. Gallimard, 2011, p. 305-306


Jules Michelet[modifier]

Peu de jours après Thermidor, un homme, qui vit encore et qui avait alors dix ans, fut mené par ses parents au théâtre, et à la sortie admira la longue file de voitures brillantes qui, pour la première fois, frappaient ses yeux. Des gens en veste, chapeau bas, disaient aux spectateurs sortants : « Faut-il une voiture, mon maître? » L'enfant ne comprit pas trop ces termes nouveaux. Il se les fit expliquer, et on lui dit seulement qu'il y avait eu un grand changement par la mort de Robespierre.

  • Histoire de la Révolution française, Jules Michelet, éd. A. Le Vasseur, 1869, vol. 9, p. 360


George Sand[modifier]

Soyons juste enfin, et ne craignons plus de le dire : Robespierre est l'un des plus grands hommes de l'histoire. Ce n'est pas à dire qu'il n'ait eu des fautes, des erreurs, et par conséquent des crimes à se reprocher ; entraîné sur une pente rapide, il fut au niveau des malheureuses théories du moment, bien supérieur à tous les hommes qui les appliquaient. Mais dans quelle carrière politique orageuse l'histoire nous montrera-t-elle un seul homme pur de quelque péché mortel contre l'humanité? Sera-ce Richelieu, César, Mahomet, Henri IV, le maréchal de Saxe, Pierre le Grand, Charlemagne, Frédéric le Grand, etc., etc. ? Quel grand ministre, quel grand prince, quel grand capitaine, quel grand législateur n'a commis des actes qui font frémir la nature et qui révoltent la conscience? Pourquoi donc Robespierre serait-il le bouc-émissaire de tous les forfaits qu'engendre ou subit notre malheureuse race dans ses heures de lutte suprême !

  • Robespierre, Joël Schmidt, éd. Gallimard, 2011, p. 308


Jean Jaurès[modifier]

Ici, sous ce soleil de juin 1793 qui échauffa votre âpre bataille, je suis avec Robespierre et c'est à côté de lui que je vais m'asseoir aux Jacobins.

  • « Robespierre libéral », Yannick Bosc, Annales Historiques de la Révolution française, 1er trimestre 2013, p. 104 (95-114)
  • Histoire socialiste de la Révolution française, Jean Jaurès, éd. Rouff, 1901-1908, t. 4, p. 1619


Voir aussi[modifier]

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