Métis
Citations « Métis » sur Wikiquote, le recueil de citations libre
La notion de métis (du mot latin *mixtīcius, < mixtus qui signifie mélangé/mêlé) désigne le mélange de deux éléments distincts. À partir du XIIIe siècle, il désigne le croisement de deux espèces animales ou végétales différentes (un mestis). En 1615 le mot « métice », emprunté au portugais, désigne alors une personne née de parents appartenant à des populations présentant des différences phénotypiques importantes (comme la pigmentation de la peau). Ce terme fut notamment utilisé pour désigner les nombreux descendants de parents européens et « indigènes » issus de la colonisation.
Sommaire |
[modifier] Luigi Luca Cavalli-Sforza
Non seulement on ne connait à ce jour aucun inconvénient biologique aux mariages interraciaux, mais les descendants d'individus d'origine différente, ou même de races profondément différentes, semblent être plus robustes
-
Qui sommes nous ?, Luigi Luca Cavalli-Sforza, éd. Flammarion, 1997, chap. Race et racisme, p. 327
Les hybrides entre races véritables chez les plantes ou les animaux font généralement preuve de « vigueur des hybrides ». Les différences génétiques entre des hommes de continents différents sont très réduites, mais peut-être la vigueur des hybrides existe-t-elle aussi chez l'homme, dans des croisements entre individus appartenant aux groupes les plus divers.
-
Evolution biologique, évolution culturelle, Luigi Luca Cavalli-Sforza, éd. Odile Jacob, 2005, chap. Gènes, populations, phénotypes et environnement, p. 75
Le monde entier est en train de devenir une seule population, et cet aspect de la globalisation ne peut être que bénéfique sur le plan génétique.
-
Evolution biologique, évolution culturelle, Luigi Luca Cavalli-Sforza, éd. Odile Jacob, 2005, chap. La nature humaine et l'anthropologie, p. 90
[modifier] Encyclopædia Universalis
On retrouve dans une population métissée - humaine ou animale - les mêmes gènes que dans les deux populations parentes, mais avec des fréquences caractéristiques intermédiaires qui sont directement proportionnelles à l'importance de l'apport de chaque groupe parent. Le stock génétique d'un métis est donc plus riche que celui de chacun des groupes dont il est issu. Cette situation peut paraître hautement avantageuse dans les conditions du monde moderne pour autant que, doté désormais de moyens technologiques d'une exceptionnelle puissance, l'homme bouleverse constamment son environnement et doit donc à chaque instant, s'y réadapter. Dans un environnement incessamment modifié, tel gène jusque-là défavorable ou indifférent peut brusquement s'avérer favorable. La plus grande variété de gènes que provoque le métissage, autrement dit un certain polymorphisme génétique, garantit donc, chez les individus qui en bénéficient, des possibilités d'adaptation elles aussi plus variées par rapport aux sujets d'une origine moins composite. On s'est plu à dire que l'hybridation assure aux hommes une réserve inépuisable de variétés de types génétiques et produit, par conséquent et en quelque sorte, un plus grand nombre d'individus « préadaptés » à de multiples situations d'environnement, donc susceptibles d'assurer à l'humanité de meilleures chances de survie.
-
« Métissage » (2004), dans Encyclopædia Universalis, Pierre Bessaignet, éd. Universalis, 2004, p. DVD
[modifier] Bertrand Jordan
La recherche des origines par analyse ADN repose [...] sur des bases solides, et peut aider à comprendre notre histoire collective tout comme la place de chacun d'entre nous au sein de l'humanité. Elle bat en brèche la notion de race pure en montrant à quel point nous sommes tous des « métis ».
-
L'humanité au pluriel, la génétique et la question des races, Bertrand Jordan, éd. Seuil, 2008, chap. 9-Le « Business » des races, p. 138
[modifier] Charles Seignobos
Les Français sont un peuple de métis ; il n'existe ni une race française, ni un type français.
-
Histoire sincère de la nation française (1937), Charles Seignobos, éd. Presses Universitaires de France, 1946, p. 18
[modifier] Jean-Claude Barreau
Jamais le peuple français n'a été plus réel. Et pourtant il a génétiquement beaucoup changé [...], l'immigration a considérablement métissé les ethnies françaises originelles. [...] Le plus inattendu, c'est que l'intégration des nouveaux arrivants finit pas se faire quand même. La France, ce pays politique, est aussi un creuset puissant, un dissolvant efficace qui efface avec sa laïcité les différences trop marquées.
-
Toute la géographie du monde, Jean-Claude Barreau , éd. Fayard, 2007, p. 123-124
[modifier] Fernand Braudel
[Q]ui pourrait, en France, parler de « race » ? Les Maghrébins sont de race blanche et notre Midi a sa pinte de sang sarrasin, espagnol, andalou. [...] Tant d'« immigrés », depuis si longtemps, depuis notre Préhistoire jusqu'à l'histoire très récente, ont réussi à faire naufrage sans trop de bruit dans la masse française que l'on pourrait dire, en s'amusant, que tous les Français, si le regard se reporte aux siècles et aux millénaires qui ont précédé notre temps, sont fils d'immigrés. Très diverse, la France ne peut-elle courir le risque de le devenir, biologiquement, davantage encore ?
-
L'identité de la France - Les Hommes et les Choses (1986), Fernand Braudel, éd. Flammarion, 1990, p. 215
[modifier] Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau
Le mélange, la fusion des races dans de justes proportions, me semble le plus grand élément de civilisation et de progrès.
- (fr) Le mélange, la fusion des races dans de justes proportions, me semble le plus grand élément de civilisation et de progrès. [...] Les trois grandes races [blanche, noire, jaune] se sont d'abord formées et propagées isolément ; quel a été le résultat de cet état de choses? Chacune d'elles était primitivement incomplète et obéissait à des instincts exclusifs. Dans l'une comme dans l'autre, les qualités développées sans contrôle, et par suite exagérées, tournaient aisément en défauts ; les défauts devenaient des vices ; rien de nouveau ne surgissait en elles. Par les croisements elles se sont complétées; les exagérations se sont atténuées ; des qualités nouvelles, qui jusque-là sommeillaient à l'état de germes, se sont fait jour. Dans l'immense majorité des cas, dans tous, devrais-je dire, en ne prenant que les faits généraux, pour la race blanche aussi bien que pour les autres, les croisements ont donc été une chose bonne et utile. [...] le mélange dans des proportions convenables a été le plus puissant moyen de perfectionnement.
-
« Sur l'ouvrage de M. De Gobineau : Essai sur l'inégalité des races humaines » (1857), dans Bulletin de la Société de géographie, Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, éd. Delagrave, 1857, t. 13, p. 206, 210
[modifier] Henri Marchand
Du point de vue purement physique d’abord, il est indéniable que le croisement franco-arabe ou franco-berbère aboutit à des types remarquables [...]. Le métissage des sangs maure et français donne des mâles aux traits énergiques, aux chevelures et aux yeux bruns, aux musculatures souples et puissantes ; les femmes ont des cheveux de jais, ces grands yeux de velours frangés de longs cils, cette carnation ambrée et chaude, ces lèvres charnues sans exagération, cette dentition éblouissante qui font les délices des peintres et des amants. [...] Du point de vue intellectuel les métis sont égaux ou parfois supérieurs aux Européens.
-
Le Mariage mixte franco-musulman, Henri Marchand, éd. Librairie Ferraris, 1956, p. 20
[modifier] René Martial
Il est certain que, de nos jours, on peut encore trouver en France des descendants des Sarrasins, notamment dans toute la région du sud de la Loire, dans les monts d'Auvergne, en Guyenne, en Languedoc et en Provence, voire même en Bourgogne. Th. Ribaud, Lagneau, Longnon rappellent que des Sarrasins auraient laissé une descendance dans la région comprise entre Mâcon et Tournus. [...] Mais, un fait qui est plus intéressant parce qu'il est contemporain, c'est le métissage qui se produit actuellement, discrètement, lentement, mais en augmentant chaque jour, entre Arabes et Français, et réciproquement. La religion, la civilisation, les coutumes, le genre de vie, la mentalité méditative, les qualités hospitalières, l'esprit de tolérance des Arabes exercent un grande attraction sur le Français. Surtout sur le Français cultivé.
- Ouvrage couronné par l'Académie française
-
La Race française (1934), René Martial, éd. Mercure de France, 1934, p. 101-102
[N]ous avons, de l'aveu de tous, une parenté ethnique assez étroite avec les Berbères, et, de par ailleurs, les éléments de la psychologie arabe de la civilisation arabe qui nous ont pénétré au cours de l'histoire montrent que [...] le métissage était de bonne qualité. Voir en Auvergne, en Limousin, dans le Quercy, le Languedoc, la Provence, l'excellente qualité des descendants de métis au double point de vue intellectuel et physique. Le groupement sanguin, dans le cas des Berbères confirme la parenté et rend le métissage souhaitable. Des éléments de renforcement de la population française pourraient donc être choisi parmi les Berbères.
-
La Race française (1934), René Martial, éd. Mercure de France, 1934, p. 311

