Loïc Decrauze
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Loïc Decrauze, né à Tours le 6 octobre 1969, est un poète, auteur et diariste français.
[modifier] Les Boyaux de la Pomme à Guillaume, 1987
Isolé partout,
Baigné dans tout,
J’expire.
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Les Boyaux de la Pomme à Guillaume, Loïc Decrauze, éd. Res Universalis, 1987, p. 16
Les techniques s'affinent, l'intelligence de l'homme n'évolue pas.
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Les Boyaux de la Pomme à Guillaume, Loïc Decrauze, éd. Res Universalis, 1987, p. 19
De mon garde-fou,
Je vois l'horizon tout feuillage
Que le souffle fait chavirer.
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Les Boyaux de la Pomme à Guillaume, Loïc Decrauze, éd. Res Universalis, 1987, p. 33
Alors que la moelle exsudait
Des os d'une charogne qui traînait,
Tout perché,
J'accrochais l'incisive au fruit brûlant
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Les Boyaux de la Pomme à Guillaume, Loïc Decrauze, éd. Res Universalis, 1987, p. 33-34
Affalé sur le foin
Je fais cadavre.
La bouche ouverte en coin
J'aspire un brin sans prendre garde
Et j'étouffe.
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Les Boyaux de la Pomme à Guillaume, Loïc Decrauze, éd. Res Universalis, 1987, p. 35
Elle est souvent pitoyable l'existence que l'on modèle. La pâte se craquelle, mais on bouche, tout et partout. Nos cimes adolescentes, fragiles comme toutes les cimes, s'affaissent et s'accommodent du renoncement il-faut-bien-vivre-dans-cette-société-de-merde. Notre faiblesse première est bien vite oubliée et triste on s'invente, pour la fin, un sens improvisé.
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Les Boyaux de la Pomme à Guillaume, Loïc Decrauze, éd. Res Universalis, 1987, p. 39
C'est quoi cette pourriture devant ma trogne ?
Une mignonnette au goût de charogne.
A ton creux projeté, p' fiasse tuméfiée,
Je ne peux t'étreindre.
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Les Boyaux de la Pomme à Guillaume, Loïc Decrauze, éd. Res Universalis, 1987, p. 48
Foutre, qu'elle est délicate ! Toute blanche, toute l'ivresse toute suave de ses émois. Gambade sur ta terre, charmante, ouste! Je te vois, coquine, essouffle un peu ton corps que j’oie le feu des orifices, saute, élève-toi, tombe vers moi - non ! Populace au gras du ciel ou reine de ta motte flottante, fragile. Sur ta couche étale ces beaux attraits, douce vermine. Misère que la création, l'action est où, où cette frénésie vous foudroie-t-elle ? Commun, je trahis. Mort, pourquoi non, pour que les assauts venteux soulèvent ma pierre tombale, bancale, et qu'ils sèchent ta langue sur mes os. D'un soir nous fûmes putréfiés. Pourquoi non ? Au signe de ta substance, j'effleure ses antres. Tout l'à-coup érige nos formes et je crois étreindre l'esprit. Le petit capucin au sein du cloître quête sa confusion, moi, je veux mon désir. Ça suinte, la friponne qui mignote mes tripes m'inspire. Foutre, où est la perfection ?
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Les Boyaux de la Pomme à Guillaume, Loïc Decrauze, éd. Res Universalis, 1987, p. 53
Je suis là, de là à l'infini,
Etourdi de sens, de violets en violettes
d'indigo en bleuets
de bleus en ruisseaux
de verts en verdures
de jaunes en boutons
d'orangés en épidermes dorés
de rouges en eaux battantes du coeur.
L'arc bandé au ciel, les sucs s'écoulent
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Les Boyaux de la Pomme à Guillaume, Loïc Decrauze, éd. Res Universalis, 1987, p. 55
Je crée mon angoisse par le cube...
Non !
Je forme mon cube par l'angoisse...
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Les Boyaux de la Pomme à Guillaume, Loïc Decrauze, éd. Res Universalis, 1987, p. 54
[modifier] Micberth et les gros niqueurs, 1990
[Dans L’amour braque de Zulawski] Sophie Marceau à l’air d’un tubercule pour charcutier poids lourds, enviandé par un cheptel butyreux de pâlots gras du bide.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 93
[La classe philosophie en terminale] On est dans la pensée, dans le nec plus ultra de l’être. On lèche le fion de Kant, cherchant vainement des poings : il n’a qu’un moignon trempé dans l’encre.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 95
[Cohabitation 1986-1988] Ce fut d’abord la cohabitation, entre ses mamelles, de deux zozos merdocrates, l’un croûton, l’autre mie dure. De temps en temps le croûton se curait le dentier dans le gazon de la républicaine, alors que l’autre, pue-la-sueur à la gueule raide de constipé, lui léchait la croupe péniblement. A chacun son trou. Les chiottes de l’histoire s’en sont bien remplies.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 97
A dire vrai, j’avais la France un peu trop localisée entre les doigts de pied. Patriote douteux. A trop sentir le pays, il a fallu que j’aille me déchausser ailleurs.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 99
Je ne suis pas dans une turbulence jouissive, mais je ne suis pas fâché non plus. Ne pas me chercher des bestioles, c’est tout ce que je demande.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 103
(…) dès que quelque chose de fort désagréable arrive dans l’histoire d’un pays, le citoyen se déresponsabilise.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 109
Comment voulez-vous que je sois tolérant alors que la grosse part de mes congénères m’emmerde ?
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 115
Le moulin des médias, toujours ouvert à la plus gratinée des ivraies, accueillit le député de Villiers, rasé de loin, débraillé jusqu’à la tignasse, avec son physique d’aventurier de gouttière, venant justifier le chahut.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 118
L’intelligence est bien le vrai breuvage de jouvence.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 123
Place aux insurgés qui rentrent dans le lard des somnolents.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 124
La différence entre Hitler et Staline c’est que l’un faisait exterminer par intime conviction, et l’autre par conviction intime.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 121
[Sur l’administration] Entre les gros chefs centralisés, suintant du fond de leur carrière, les prétendants déconcentrés qui se tapent les barreaux de l’échelle, et la ribambelle de décentralisés, indépendants pour faire joli, on se tord les tripes pour un rien.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 130
[La vie citadine] Ce monde ratatiné, avec ses crispations par-ci, ses constipations par-là, nous amoindrit quelque part. On perd un peu de notre clairvoyance, de la sédimentation d’une pensée s’étirant entre la rêverie et le vagabondage ; on ne retient plus à force de trop en voir ; on encrasse ses poumons et le reste. La nervosité, l’irritation et l’impatience gâtent nos fibres.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 138
Je ne sais pas si Van Gogh se trancha l’oreille par désespoir de n’avoir pu sodomiser Gauguin, mais il n’aurait pas hésité à jouer du rasoir avec la seconde, s’il avait dû écouter les insondables billevesées de deux étudiantes en art.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 155
[Ceaucescu exécuté] Tant que les régimes se fonderont sur ces exécutions sordides, seules les fripouilles pourront faire croire aux vertus du régime nouveau, du haut de leur incommensurable crasse.
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Micberth et les gros niqueurs, Loïc Decrauze, éd. Res Universis, 1990, p. 163
[modifier] L'Illusoire Absolu, 1991
Je file vers la Picardie. Les plaines blanches du brouillard matinal se succèdent les unes aux autres. Je ne m'explique pas bien pourquoi, mais une lourde mélancolie me serre la gorge. Peut-être ces coups à l'âme, désespérée à jamais.
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L'Illusoire Absolu, 15 septembre 1991, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Rien de stimulant à espérer pour le pays. Malhonnêteté de toutes parts, immoralité généralisée, vent brassé valant exploit réalisé ; seule la qualité d'êtres rares mériterait qu'on s'occupât de leur cas.
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L'Illusoire Absolu, 20 septembre 1991, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Libéral ou dictatorial, un régime est toujours instauré ou récupéré par des hommes qui recherchent le pouvoir pour servir une part de leurs intérêts.
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L'Illusoire Absolu, 12 octobre 1991, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
La société démocratique a toléré les terreurs locales, ignoré la décrépitude du paysage, encouragé la tolérance merdeuse envers ceux qui vous poignardent par derrière. Le Pote système a dignement remplacé le tendez-la-joue-gauche de l'humiliant catholicisme. Tôt ou tard les choses exploseront.
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L'Illusoire Absolu, 13 octobre 1991, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
N'oublions pas cette loi médiatique : quand un grand scientifique, écrivain, médecin, ou sculpteur passe l'arme à gauche, il a vaillamment droit à un entrefilet ; quand un clown arrête son char, il est déifié à la une. Média de masse, média de m...
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L'Illusoire Absolu, 15 novembre 1991, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
J'apprends ce soir que l'Union soviétique n'existe plus. Gorbatchev (...) n'est plus maître que de ses gonades, à moins qu'il ne les ait, plus jeune, léguées aux hautes instances communistes.
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L'Illusoire Absolu, 9 décembre 1991, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[modifier] L'Obsession, 1992
Le parisianisme me fait vomir. La décontraction affichée interdit toute relation de qualité. Ces gens, aux inhibitions multiples, traînent leur laisser-aller relationnel sans honte. Saloperie de civilisation !
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L'Obsession, 25 janvier 1992, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Avant de faire accroire que son pays est le nombril du Nouvel Ordre international, le président américain devrait s’intéresser aux carences éthiques qui minent son pays.
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L'Obsession, 4 mai 1992, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Le procès du sang contaminé du CNTS démontre une fois de plus qu’aucune institution, quelle que soit son assise et sa respectabilité, ne peut prétendre à l'infaillibilité. Les Garretta, Allain et Roux se sont bien torchés avec leur serment d'Hippocrate. Ils s'en sortiront sans trop de dommages, avec une ardoise terrible et non chiffrable. Je leur souhaite un sommeil inconfortable par le tourment.
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L'Obsession, 7 juillet 1992, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[modifier] L'Effondrement, 1993
La qualité d'un chef d'entreprise consiste non point à se perdre dans les tâches subalternes, mais à déterminer l'évolution vitale de sa société, à faire appliquer ses décisions, ce qui suppose un contrôle sans faille. C'est aussi, et surtout, savoir motiver ceux qui se battent à vos côtés. La légitimité est subséquente à la qualité et à la durabilité de tout pouvoir exercé.
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L'Effondrement, 26 juin 1993, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Mon destin et toutes ses fioritures font leurs petites traînées sans grande saillance. Le temps s'échappe comme un rail de poudre en combustion sans que je parvienne à maîtriser mes actions.
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L'Effondrement, 27 juin 1993, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Sa bouille tendre et pathétique, son corps finement épanoui, sa voix fluette et chantante : ma douce muse, comme à son origine.
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L'Effondrement, 12 décembre 1993, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[modifier] Au Purgatoire, 1994
Je ne me sens pas vraiment désespéré. Mon état est ambigu, entre l'indifférence responsabilisée, le dégoût d'un amorphe et l’abattement d'un condamné à mort.
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Au Purgatoire, 2 janvier 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
La puissante Yougoslavie de Tito agonise aujourd'hui en pleine liberté barbare. Guérilla fratricide où l'on s'étripe par religion et pour quelques mètres de terrain à conquérir. Fabuleux spectacle d'outre-tombe.
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Au Purgatoire, 8 janvier 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Ne se fier à aucune des relations apparentes qui s'ébauchent, n'accorder aucun crédit à toute marque d'intérêt que l'on semble nous porter sous peine de se voir, l'instant d'après, ratatiné à la plus inconsistante figure égarée dans le malodorant grouillement nocturne.
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Au Purgatoire, 5 février 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
La Pute à Trou, au petit genre bien placé, à l'atout mis en valeur, règne sans peine dans ce sombre royaume de l'illusoire et de l'illusion. Très vite une nuée de Bites Molles gravite autour de la longue paire de jambes bien enveloppée de résille ou de nylon noir, du popotin charnu à souhait qui se trémousse pour échauffer l'instinct reproducteur du pauvre jobard suant, de la poitrine bombée qui suit le rythme, tétons en avant, rondeurs alléchantes.
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Au Purgatoire, 5 février 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Entre les intégrismes religieux et les guérillas de clans, nous sommes encore, à l'aube du pâle an 2 000, englués dans les comportements les plus archaïques. Quand donc l'intelligence humaine évoluera-t-elle un chouïa, juste pour ne plus nous offrir la terrible tragédie quotidienne de corps écharpés, de tripes à l'air, de massacres sans cesse recommencés ? Sisyphe, la gueule écrasée par son putain de caillou, n'a qu'à bien se tenir.
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Au Purgatoire, 12 février 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L'hygiène des bains de sang s'impose par cycle.
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Au Purgatoire, 2 novembre 1990, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Dès l'annonce de l'invasion, les Etats-Unis, telle la pute invoquant la vertu ou Mitterrand la morale, accaparent le droit international pour se tailler l'étoffe d'un justicier du globe. Fi de leurs antécédents et de leur je-m'en-foutisme pour l'application des règles consacrées par l'ONU. Bush gronde, sûr de son fait, les autres suivent.
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Au Purgatoire, 2 novembre 1990, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Comme ces gros mammifères marins prodigieusement agiles dans leur milieu naturel, la belle bête Tapie développe son aura et navigue sur la crête médiatique laissant les pâlots du petit écran comme de gourdiflots jobards. Par contraste, Durand, le rebelle de la mèche, n’offre qu’une bouille d'albâtre suant, d’un esthétisme douteux, et gère tout juste sa propre angoisse ; Philippe Tesson du Quotidien de Paris, venu s'essayer à la contradiction avec le Bernard, semble avoir été déterré pour l'occasion et doit faire très peur aux petits enfants. Le couffin issu d’une union entre le journaliste et notre vieux Fanfan, bien que je soupçonne l’absence totale d’attirance entre les deux vestiges, aurait toutes les chances de remporter le grand prix d'Avoriaz.
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Au Purgatoire, 24 février 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Ce jour, j'ai vu la Justice dans sa crasse magistrale. (...) Il n'aurait pas fallu me glisser une lame dans la poigne, car de la viscère de juge prud’homal aurait fréquenté le parterre.
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Au Purgatoire, 15 mars 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Honte d'appartenir à cette génération de petits vieux conformistes, prostrés sur leurs hémorroïdes en germe, assistés jusqu'au trognon.
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Au Purgatoire, 28 mars 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Nouvelle illustration de l'ivresse sanguinaire qui catapulte un peuple vers l'âge de la barbarie : le Rwanda s'égorge, se bute, s'écharpe, entretenant la puanteur âcre du jus répandu et des corps dégingandés qui jonchent la terre. Le printemps a des couleurs cadavériques.
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Au Purgatoire, 16 avril 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L'ONU est plus que jamais le repère de l'intellectualisme stérile, des principes pour la bonne parole, des escrocs de l'action politique.
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Au Purgatoire, 19 avril 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
A nuitée, découvrant en voiture les beautés alentour, je gardais au fond de la gorge un étrange relent de dégoût pour la clique médiatique, qui enterrait hier et aujourd'hui encense le Premier Ministre. Pour l'homme Bérégovoy, sensible jusqu'à la moelle, je ruminais l'impression confuse d'un magistral gâchis. Ce petit homme, si anodin à première vue, cachait probablement une loyauté trempée qui, au-delà d'une compétence sans cesse améliorée par sa remise en cause quotidienne, alliait sa survie au sens de l'honneur. Homme de gauche je sais, mais je reste profondément ému de cette intime tragédie.
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Au Purgatoire, 27 avril 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Fanfan Mité nous a fait partager son Happy Birthday présidentiel. Sacerdoce de treize années : rien n'a entamé la vivacité de son rapport au monde. Plus soucieux que jamais des traces qu'il laissera dans le beurre de l'histoire, il peaufine son dernier acte et s’étire avec dextérité entre paternalisme bienveillant et machiavélisme sous-jacent.
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Au Purgatoire, 13 mai 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Ici on danse, on boit, on fume, on s'observe pour l'éventuelle fornication, on cultive ses plaisirs. Là-bas, on n'attend que la seconde qui suit pour éviter de rejoindre les charniers flottants ou les à-côtés cadavériques.
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Au Purgatoire, 22 mai 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
La beauté est instinctivement assimilée à la vertu, aux bons penchants de l'être, comme si l'esthétisme extérieur imprégnait le caractère. Quelle incongruité serait d'attribuer à la Jeanne une mine de juvénile Carabosse. Notre attachement pour la guerrière jeune fille, s'il subsistait, perdrait l'essentiel de sa sentimentalité pour muter en respect indifférent.
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Au Purgatoire, 11 juin 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Maladresse du solitaire que je suis. Comment aiguiser une quelconque lucidité dans ce pataugeage imbécile. Piteux décalé, voilà ma pancarte crucifiée face frontale. Je n'ose soulever le bout de papelard taché, de crainte de me découvrir concepteur d'une atroce tache, digne du plus languien art moderne. Pitre, triste pitre, aux cieux, crevé, tu finiras. L'œil gauche tendance flou, l'écoulement purulent pointe au coin de la prunelle ; je laisse remonter, comme de petits vomissements mentaux, les vapeurs d'Elephant man.
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Au Purgatoire, 17 juin 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Pardon, petit Jésus, mais au 56 de la rue des Saints-Pères ça reniflait le bordel en double couche : insultes du désimmunisé député national à l'endroit des képis, établissement d'un procès-verbal pour outrage à représentants de l'ordre public à l'encontre du pas encore immunisé député européen et conduite chez Mme le Juge pour signification de sa mise en examen. On se lèche chez Big Média : la matière est fécale à souhait ! (...) Quelle épopée, mes frères ! Rajoutez quelques canassons, une pincée de six-coups, des tronches mal rasées avec chique au coin, de la strong gniole à faire grimacer les cuirs tannés, et vous obtiendrez du pur Sergio Leone à la bolonaise.
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Au Purgatoire, 1er juillet 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Que ces fous de Dieu m’expliquent la philosophie de leur action. Où donc se niche toute la sagesse religieuse, si elle a jamais existé ? Croire et massacrer, curieuse alchimie. Création de l’homme pour qu’il tue son prochain, inepte conception. Il faudra répondre de cette finalité devant cette scabreuse immanence déifiée.
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Au Purgatoire, 12 juillet 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Particularisme de ce village où la vieillesse abonde : il a créé en moi la conscience de ma jeunesse, de ma capacité physique, de ma santé face à l'indigence grabataire, aux visages parcourues de crevasses, aux jambes veinées jusqu'à l'indécence, à ces dernières années vécues pour beaucoup comme un renoncement obligé, maladies et difficultés d'être ternissant l'étincelle des yeux fatigués.
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Au Purgatoire, 21 août 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Le journalisme et la magistrature sont les deux dernières corporations intouchables dont il faudra un jour ausculter sans complaisance les usages.
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Au Purgatoire, 1er novembre 1994, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[modifier] Renaissance à oeillères, 1995
Je ne tiens à aucune sorte de relation. Je conchie la convivialité, ma gerbe atteindrait les cieux, si la convenance ne m'obligeait au jeu social.
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Renaissance à oeillères, 8 avril 1995, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[Sur sa grand-mère] Benjamine à la maison des chenus de Fontès, digne pour sa survie, lucide pour son intégrité, elle ne s'acclimate pas aux hurlements nocturnes, aux stigmates de la décrépitude, aux débilitantes mimiques des trognes fripées, à la mouvance pénible de corps plus terrestres que jamais, aux dérives de comportements, signe non plus de singularités roboratives, mais de l’atroce déliquescence d'esprits en sursis.
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Renaissance à oeillères, 22 avril 1995, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Le septennat des gourdes, voilà ce que laisse préfigurer l'arrivée de Chirac à l'Élysée.
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Renaissance à oeillères, 10 décembre 1995, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Big Média ouvre ses ondes aux abrutis, aux incultes baveux, aux échoués fort en gueule. La démocratie est une poufiasse caséeuse aux fondements écartés pour les enculeurs de mouches.
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Renaissance à oeillères, 10 décembre 1995, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[modifier] L’Aristocratie libertaire chez Léautaud et Micberth, 1996
Être aristocrate, au sens premier, est aux antipodes de la facilité d’exister, du carpe diem vanté depuis l’Antiquité.
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L’Aristocratie libertaire chez Léautaud et Micberth, Loïc Decrauze, éd. Lorisse, 1996, p. 15
[modifier] Soubresauts d'un inadapté, 2000
Sans doute que chacun d’entre nous, saisi dans sa quotidienneté, paraît peu ragoûtant pour les autres. Je préfère de très loin ma solitude, même pesante, à tout embrigadement sentimental avec un être médiocre, à toute subordination professionnelle avilissante...
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Soubresauts d'un inadapté, 14 mars 2000, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
La mécanique, les tôles bien dessinées, les chromes à faire « polir » le plus vénitien des miroirs, toutes ces sources de « mâles bandaisons » n’ont jamais suscité un quelconque désir chez moi. Un réfractaire de premier choix : né au XXe je n’ai jamais possédé d’autre moyen de locomotion que mes pieds et... un vélo !
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Soubresauts d'un inadapté, 6 mai 2000, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Une dégoûtation de tout. Je ne dois être fait que pour le néant définitif. Le monde m’incommode et je n’y serai jamais à mon aise. Vivoter en solitaire sera ma croix.
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Soubresauts d'un inadapté, 21 mai 2000, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L’enchantement des couleurs en fête, les pétales de chaque fleur étirent leur velours sur l’impulsion d’une luminosité sans voile, les parfums m’étourdissent, la beauté de la vie dans sa plus évidente expression.
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Soubresauts d'un inadapté, 1er juin 2000, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[modifier] Excroissances jouissives, 2001
Ces sinistres tentatives d’intégrer des lieux, en solitaire, là où on ne va qu’en groupe. Comme j’aurais pu l’anticiper, rien de bon n’en est sorti. Se faire chier à voir les étalages de frime, de faux-semblants, de courbes trop léchées et finir avec une nausée et un dégoût de tout. Peu importe notre passage à un millénaire tout neuf : la persistance d’une inadaptation au monde se confirme.
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Excroissances jouissives, 7 janvier 2001, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L’hystérique application du déifié principe de précaution a trouvé une nouvelle justification : la fièvre aphteuse. (...) Tuer des petits éleveurs par anticipation, que l’on pourrait assimiler à du fantasme de sécurisation obsessionnelle, m’apparaît comme une dérive dans l’application d’un principe pourtant légitime.
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Excroissances jouissives, 6 mars 2001, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
(...) ce défoulement pamphlétaire me permet de compenser l’impression d’être sali par les inconséquences du nabot faible en gueule qui se permet des interprétations de comptoir sur mon comportement. Un bon poing dans sa mièvre tronche, pour lui rentrer ce feuillet vitriolé au fond de la gorge, parachèverait ma démarche et soulagerait ma fureur cataclysmique.
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Excroissances jouissives, 6 avril 2001, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Je persisterai, quoi qu’il arrive, à m’adonner à cet instantané littéraire, comble de l’égocentrisme misérabiliste. Les fresques m’indiffèrent...
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Excroissances jouissives, 25 mai 2001, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Je me forge peu à peu une facette caractérielle d’insensibilité à l’autre. Les désillusions sur celles qui auraient pu m’accrocher m’incitent à creuser la fosse protectrice entre moi et alentour.
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Excroissances jouissives, 28 juin 2001, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Se sentir vide de tout, sans ambition, sans penchant à construire, à capitaliser, absorber les instants comme autant d’ajouts superfétatoires plus ou moins jouissifs : ma condition humaine se rabougrit en involution.
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Excroissances jouissives, 11 août 2001, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
A force de donner les bons et mauvais points, de soutenir puis de rejeter tel ou tel par stratégie politique, le Gendarme du Monde vient de subir un terrifiant retour de boomerang.
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Excroissances jouissives, 12 septembre 2001, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Entre la question du caractère infini de l’univers et savoir quand prendra fin le conflit israélo-palestinien, les angoisses métaphysiques s’équivalent.
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Excroissances jouissives, 4 octobre 2001, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
A ce jour, et au regard de l’abjecte conjoncture internationale, l’attentisme prévaut. Désespéré par la vivacité des vieilles rengaines pseudo-religieuses qui motivent ces escrocs spirituels pour asseoir leur puissance. Une humanité qui n’a pas évolué d’un iota, depuis deux mille ans, ne peut qu’incliner à se limiter dans son implication pour les choses humaines. Un dégoût profond, surtout face aux hystéries fanatiques.
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Excroissances jouissives, 3 novembre 2001, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[modifier] A l'aune de soi, 2002
[A propos de la guerre d'Algérie] Tous ces individus ordinaires qui peuvent s’adonner à la plus abjecte bestialité, pire même car sans objectif vital, me sidèrent. Le long chemin vers ce que l’on prétend humanité ne laisse augurer que tripes à l’air, boucherie toujours recommencée et inutiles massacres.
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A l'aune de soi, 16 mars 2002, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Pitrerie que la conscience universelle : les particularismes barbares règnent sans partage.
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A l'aune de soi, 3 avril 2002, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L’univers de l’automobile reine et des automobilistes crétinisants et criminels en puissance me révulse de plus en plus : les vitesses excessives en ville, les feux grillés, l’agressivité impunie, les inconséquences pouvant finir en drame humain. Tout cela me conforte dans un dégoût nauséeux.
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A l'aune de soi, 8 juin 2002, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L’écriture authentique d’un diariste a sans doute plus de peine à être attractive, pour le lecteur, parce qu’elle ne se pare d’aucune construction préméditée et limite son esthétisme à la spontanéité plus ou moins talentueuse du premier jet.
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A l'aune de soi, 5 juillet 2002, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Quelle ambivalence dans ces religions monothéistes : sources d’une certaine morale, d’une approche plus humaine de la relation à l’autre, elles peuvent tout aussi bien, avec des exégètes mal intentionnés, légitimer les pires atrocités. Cela suffit à prouver leur caractère foncièrement humain, et non divin.
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A l'aune de soi, 6 août 2002, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Le temps des moissons de la Camarde dans nos contrées affectives ou amicales doit être particulièrement douloureux et angoissant lorsqu’on sait que notre moment d’être cueilli est naturellement (et si vite !) arrivé. Je pressens ce que seront ces décennies canoniques, si j’y parviens. Les remontées nostalgiques, les regrets de l’irréalisé, le sentiment de ne pas avoir embrassé à plein chaque seconde et, peut-être, la sérénité de celui qui s’inscrit dans une histoire collective, au-delà de soi.
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A l'aune de soi, 19 août 2002, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
La barbarie des religieux, des israéliens aux palestiniens du Proche-Orient jusqu’aux catholiques et protestants de Belfast, démontre l’effroyable dangerosité de se soumettre à une idéologie, quelle qu’elle soit, et de ne vivre qu’à travers elle. Cela constitue la première des immaturités de l’espèce humaine.
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A l'aune de soi, 20 novembre 2002, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[modifier] Entre grogne et affection, 2003
La création artistique réconcilie quelque peu avec l’espèce humaine, laissant transparaître d’elle sa plus attachante facette, délivrée des crasses et mesquineries habituelles.
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Entre grogne et affection, 19 janvier 2003, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Quand la technologie et le progrès favorisent le plus primaire des instincts : moi avant les autres et au sacrifice de ces gêneurs, les piétons, les trop lents, les simples existants sur mon passage. (…) Comme si le boulot de merde de ces zombis, la distraction crasseuse de ces arriérés, l’occupation inepte de ces inaptes majeurs valaient plus que le respect de la vie de l’autre ! (…) Halte au déchaînement de l’inconscience, à ces dégazages comportementaux qui désespèrent de l’être humain !
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Entre grogne et affection, 26 janvier 2003, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[A propos de la guerre en Irak] Le cynisme des deux camps amène parfois à songer que ne pas s’informer serait peut-être plus salutaire. En tout état de cause, l’être ou ne pas l’être n’influe en rien sur l’événement. Cela ne fait que soulager sa fibre voyeuriste et donne de l’importance aux actants des événements.
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Entre grogne et affection, 20 mars 2003, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[Sur Lyon] (...) le calme de cette ville (...) a fait pour beaucoup mon attachement : ni l’entassement parisien, ni l’exubérance marseillaise, Lyon la réservée. La plus belle des séductions ne se fait-elle pas dans la retenue ?
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Entre grogne et affection, 13 avril 2003, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Le gros de l’espèce humaine n’a d’attrait ni pour son fond barbare prêt à s’exacerber au moindre lâchage de bride, ni pour sa vertigineuse inculture affadie d’amnésie. Une platitude ennuyeuse alliée à une dangereuse animalité : voilà le tableau désespérant de l’humanité du XXIe siècle, dans le droit fil du XXe, avec un retour en force des religieux de tous dieux comme substitut pernicieux aux idéologies totalitaires. Démocraties permissives contre rigidités pseudo mystiques, voilà le pitoyable duel d’arrière garde que les décennies nous réservent.
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Entre grogne et affection, 26 avril 2003, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
(...) une déconnexion totale de l’actualité mâchée par Big Media, plus rien du tintouin régurgité. Le silence du monde lointain, hors de portée, fantasmagorique, recentre sur l’essentiel local qui nous accroche sans intermédiaire. Se forger son événementiel, tout dérisoire soit-il, libère l’esprit du nivellement collectif.
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Entre grogne et affection, 31 mai 2003, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
La clochette du prêtre rythme le cirque eucharistique… Et cette assemblée en chœur, qui recèle toutes les trahisons, les coups fourrés, les médiocrités rampantes, les excuses vaseuses, représente toute la contradiction humaine, rarement capable d’assumer une ligne de conduite cohérente. Tout cela glisse, et la poussière, nullement divine, recouvrira l’ensemble de ces fariboles d’apparat.
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Entre grogne et affection, 8 juin 2003, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Toujours une curieuse expérience de ressentir son instinct, que ce soit dans l’inclination obsédante ou dans le rejet viscéral. L’observation de soi n’est jamais plus incisive que dans son rapport à l’autre.
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Entre grogne et affection, 21 juin 2003, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L’aspect grand bazar paradeur de Marseille m’irriterait chaque jour, et je fulminerais contre cette ville comme je le faisais pour Paris, Big Lutèce comme je la surnommais.
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Entre grogne et affection, 30 juin 2003, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Lorsqu’une opposition n’a plus comme offensive que des réactions de vierge effarouchée par la crudité de certains propos, cela révèle l’impossible alternance, un deuil incomplet de la claque électorale dont les effets secondaires perdurent.
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Entre grogne et affection, 2 juillet 2003, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L’idéologie communiste a certes engendré, par les dévoiements de son application, jusqu’à cent millions de morts, mais le chantre du capitalisme a laissé massacrer quelques millions de civils pour la sauvegarde de ses intérêts stratégiques. Finalement, le problème n’est pas dans l’idéologie, mais dans l’être humain qui n’est pas à la hauteur de ses ambitions intellectuelles. Tout système sera l’occasion, pour les intelligences malfaisantes, de nuire à autrui pour servir leurs ambitions.
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Entre grogne et affection, 22 juillet 2003, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
(...) deux travers gangrenant notre société : la satisfaction de ses plaisirs, même les plus criminels (du feu allumé au véhicule lancé à toute allure, le principe psychologique de l’actant s’apparente) ; et l’égoïsme exacerbé qui nie la vieillesse, la maladie grave de longue durée, tout ce qui assombrit sa propre existence, tout ce qui peut encombrer ou parasiter ses illusoires activités.
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Entre grogne et affection, 3 septembre 2003, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[modifier] A l'orée des équilibres, 2004
(...) nombreuses émissions mettant au premier plan, dans un sordide à paillettes, quelques ordinaires qui ne peuvent répandre que leur misérable médiocrité. Toute la palette des pôles humains se retrouve ainsi envahie par d’ineptes décérébrés : l’aventure, le cul, l’art... Sans honte et sans conscience, et pour la seule extase d’être vus à la télé ou de croire à leur pseudo talent, ces inconnus d’hier et échoués de demain servent le système économique des grandes chaînes (...) puisque leurs congénères se passionnent pour cette culmination du non événement, du rien mis en scène, du néant sous les feux de la rampe.
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A l'orée des équilibres, 4 janvier 2004, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Toujours plus affligeants ces consommateurs, lors du lancement des soldes, prêts à se marcher dessus dans l’hystérie, pour réaliser quelques bonnes affaires. Et certains d’entre eux osent critiquer le système capitaliste qui tolère leur pitoyable spectacle ! Monde de couillons qui ne méritent que d’être exploités jusqu’à l’os.
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A l'orée des équilibres, 7 janvier 2004, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L’art de la digression pour finir sur son nombril, voilà du classique chez les diaristes.
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A l'orée des équilibres, 6 mars 2004, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Je ne peux me résoudre à une générosité a priori avec l’espèce humaine. Inciter et responsabiliser les individus permettrait de faire le tri entre les profiteurs du système actuel et les vrais motivés qui ne parviennent pas à se réintégrer (ou réinsérer…). (...) Plaie sociale que ces insignifiances qui se prennent pour autre chose sans jamais rien prouver. Une des conséquences de la culture philanthropique qui materne à coups d’aides sociales des assistés qui, pour une bonne part, se persuadent du caractère inaltérable de ce système en faillite objective.
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A l'orée des équilibres, 29 mai 2004, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L’attaque mesquine fait jubiler, l’envolée misanthropique terrifie.
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A l'orée des équilibres, 10 juin 2004, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Le mythique Ray Charles, à soixante-treize tempos, ne s’est pas éternisé sous nos cieux, mais sa joyeuse trogne a insufflé la jouvence à ses créations, ses doigts ont fait virevolter les noires et blanches pour une profusion des émotions. Que l’éternité ensoleillée l’accueille.
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A l'orée des équilibres, 11 juin 2004, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Je supporte de moins en moins les longs trajets par route et autoroute. Ces interminables couloirs d’asphalte, bornés par de très symboliques pointillés et réglementés par d’illusoires principes, laissent défiler des congénères transmués en fauves dégénérés. Aucune question de survie ici, juste le sentiment pitoyable de gagner quelques longueurs sur l’autre, de ne surtout pas tolérer qu’on entrave le roulement mortifère de leur sacro-sainte machine. Et parmi ces tristes zouaves, dont on aurait vaguement pitié s’ils ne trônaient pas dans ces engins à tuer, on doit retrouver une foultitude de baveurs de tolérance qui s’offusquent à la moindre tonalité extrémiste dans le discours. A vomir. Que les chiottes universelles ravalent ces diarrhées inconsistantes, ces colporteurs du tout-à-chier bons tout juste pour le néant des égouts. Sur le piédestal le penseur sans pitié pour l’espèce humaine, impitoyable avec ces fourbes qui se répandent. Qu’ils s’empalent sur leur permis d’être connement criminel ces fions du volant !.
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A l'orée des équilibres, 30 juin 2004, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[Jack Lang et le projet de Constitution européenne.] (...) c’est un oui en cul de poule qui est susurré... il cumule tous les défauts ce traité, il ne mérite même pas le ronflant statut de Loi fondamentale pour Lang, mais il permet tout de même un minuscule pas pour l’Europe et un grand bond pour les rodomontades politiques... Alors voilà, même ce quasiment rien, ce presque néant, cet effleurement du vide, il « prend » le Lang. Saluons ce sens aigu du sacrifice qui en oublie même la conscience du ridicule.
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A l'orée des équilibres, 15 juillet 2004, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Moi, l’anormal qui remugle sans fin : s’arracher de ce malaise renouvelé par le banal anéantissement.
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A l'orée des équilibres, 12 août 2004, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[modifier] S'Unir à l'Essentiel, 2005
Dans ce lieu aux complicités vaporeuses, je vois sur l’autre rive, via les pavés antiques, la vieille dame aux béquilles d’outre tombe qui semble nous rappeler, nous les ludiques artificiels, que la déliquescence nous bringuebalera bientôt...
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S'Unir à l'Essentiel, 12 février 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Voilà bien les cul-entre-deux de plus en plus de Français : se goberger d’une prétendue virginité internationale, la bave perfide contre les Américains qui focaliseraient le pire. Ne leur a-t-on pas appris l’extrême salauderie des autres nations retenues par leur seul manque de moyens. Les a-t-on fait renifler les atrocités des Hussein, Laden et autres intégristes du dernier soir, conversions opportunistes avec dans leur traîne sanglante ces milliers de nervis ennemis déclarés de notre civilisation.
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S'Unir à l'Essentiel, 12 février 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[Sur Dieudonné] Bas le masque de ce prosélyte à paillettes du ben ladénisme. Sa vie artistique a été engraissée par un public dont il ne souhaiterait, finalement, que l’asservissement (lui, le pauvre descendant d’esclaves) à son intégrisme antisémite.
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S'Unir à l'Essentiel, 21 février 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
A force d’antiaméricanisme primaire, ces black-blancs-beurs du feu pote système dérapent plus ou moins ouvertement, et consciemment, vers les ennemis de notre civilisation. Les plus déjantés rêvent déjà d’une France islamisée, talibanisée avec des lieux de culte financés par nos impôts. A vomir au plus vite… Moi, je préfèrerai toujours cent Bush impérialistes à un Ben Laden agonisant. Questions d’instinct et de logique civilisationnels.
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S'Unir à l'Essentiel, 21 février 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[Procès Papon] (...) le malaise tient aux rouages administratifs qui favorisaient la poursuite des carrières dans le climat délétère de la persécution ouverte et de l’extermination programmée.
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S'Unir à l'Essentiel, 25 février 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Tout est bon, même la pire des salauderies intellectuelles, pour servir la clique opportuniste. Le lot des cocos, des révolutionnaires de l’extrême gauche, des populistes de l’extrême droite, des souverainistes d’arrière garde, des pontes socialo en quête d’un tremplin pour leur carrière politique, tout ce mic-mac en orbite du Non salvateur, veulent entraîner, par un ratissage extra large, tous les mécontents de la politique chiraquienne.
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S'Unir à l'Essentiel, 2 avril 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Pas encore pour ce siècle la maturité : aucune baisse des violences, aucune atténuation des croyances. L’enterrement du Pape, sa couverture médiatique et la dévotion irraisonnée de foules immenses marquent la constante caverneuse d’une humanité écartelée entre ses superficialités ludiques et ses arriérations dévotes.
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S'Unir à l'Essentiel, 11 avril 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[Sur Les Survivants] La signature Rotman tient dans la puissance de l’exactitude qui dispense de toute polémique les esprits ronchons. Ces semblants de vie passée, aux membres décharnés, à la tête ballotante, aux expressions d’horreur putréfiée. A voir pousser par une mécanique sans âme ces monceaux blanchâtres, cela pétrifie. Ce déferlement de l’inconcevable nous remet en pleine face le hideux potentiel de l’humanité.
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S'Unir à l'Essentiel, 23 avril 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Chacun cultive sa chapelle argumentative contre le texte proposé en feignant de ne pas entendre les raisons du voisin infréquentable, lequel contribue pourtant à grossir la troupe des contempteurs disparates. Stratégie politique du néant de cette flopée d’autruches ensablées par leur rengaine idéologique respective. Tristes pitres inconséquents !
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S'Unir à l'Essentiel, 28 avril 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
(...) les compagnons d’une route ne se limitent pas à ses contemporains bien vivants. Le peuple des ombres adorées prend une part grandissante le temps passant : le mien demeure restreint, la vie m’ayant encore préservé des pertes traumatisantes par leur insulte à l’ordre naturel.
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S'Unir à l'Essentiel, 26 juin 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Le martyr des Lucs et de ses habitants exterminés dans l’église rappelle sans effort Oradour-sur-Glane, ni plus ni moins. Le projet de la Convention a juste manqué des évolutions technologiques dont a bénéficié le nazisme pour sa funeste entreprise. Les intentions sont tout autant barbares, criminelles, jusqu’aux boutistes avec cette détermination idéologique à supprimer une communauté humaine pour son appartenance religieuse ou prétendument raciologique.
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S'Unir à l'Essentiel, 30 juin 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Lorsqu’un peuple se montre si prompt à fustiger les élites politiques et économiques, il devrait consulter davantage ces florilèges lamentables de la « France de base » et relativiser les écarts des édiles, les « inatteignables » : escroquerie, pédophilie, agression, délinquance routière… la grande parade des vices humains s’impose comme une stagnation quotidienne.
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S'Unir à l'Essentiel, 1er juillet 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Je n’envisage aucune fuite vers d’improbables horizons meilleurs. Cette obsession du dépaysement, des confins en mire perpétuelle, révèle souvent des existences ravagées par le vide du temps gâché. Il leur faudrait apprendre la beauté de l’ancrage, le goût de l’immobilité nourrissante, la vraie liberté de rester et faire fructifier.
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S'Unir à l'Essentiel, 30 juillet 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
A chaque fois, l’hymne de 98, le moisi I will survive, tisse la communion d’une soirée, avant de se klaxonner, de s’insulter et de s’écraser sitôt engoncé dans sa taule roulante. Pas à une contradiction près le convive déconfit. Ondulations et strangulations se cumulent sans pudeur. Et les islamistes fustigent nos affalements barbares. L’éradication jumelée des populations et de leurs mœurs fétides s’accomplit.
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S'Unir à l'Essentiel, 10 septembre 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Nous saurons demain si de Villepin est un bravache grandiloquent ou s’il fait effectivement « liquider » les braillards de la Société Navrante des Cons Maritimes. Cette frange nationaliste qui pousse à la corsisation des emplois aura réussi, avec la complicité de la CGT, à anéantir cette société, ruiner l’économie de l’île et engluer les activités du coin. Les intégristes du syndicalisme, la STC, exigent une nation corse, mais veulent, dans le même temps, conserver le pognon de l’hexagone pour leur personne morale sous perfusion financière. La performance de Corsica Ferrie s’explique aussi par les incompétences cumulées, à tous les échelons, de sa concurrente moribonde.
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S'Unir à l'Essentiel, 9 octobre 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L’essoufflement des vandales de cités ne doit pas nous endormir. A croiser ces bandes de branleurs primaires, on ne peut qu’exacerber son exécration pour ces humains de façade. Ces ineptes ont toujours tout à reprocher au système et rien à remettre en cause chez eux. Parodie d’existence qui sert les potentats de l’économie illicite. Et la collectivité paiera encore, quelques ajouts aux fonds perdus pour éviter une politique expéditive qui ne s’encombrerait pas de ces mollesses démocratiques.
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S'Unir à l'Essentiel, 20 novembre 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Un bleu ciel d’hiver surplombe notre déplacement grande vitesse. L’apaisant défilement de ces paysages du centre suspend nos confinements urbains : les harmonies des pastels endormis, les dénivellations pelées où le bois impose ses marrons dégradés.
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S'Unir à l'Essentiel, 23 décembre 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
S’accommoder par confort lâche conditionne la majorité des existences. Confort lâche ou conscience désespérée de l’inanité de tout engagement...
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S'Unir à l'Essentiel, 27 décembre 2005, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[modifier] Des Cyprès démesurés, 2006
Le temps filant ne nous préserve en rien… le tournis nous enveloppe dès la conscience arrêtée sur le cumul des blocs de vie.
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Des Cyprès démesurés, 1er janvier 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Les intégristes islamistes déteignent sur les croyants lambda : nous imposer le bâillon sur tout sujet frôlant leur religion. Atteinte insupportable à la liberté d’expression qu’il faut vomir au plus vite. Les émules de la surenchère s’organisent pour provoquer le choc des cultures, l’écharpage entre religieux d’un côté, agnostiques et athées de l’autre… Une impasse au goût de tous les excès où s’abreuvent les jusqu’aux boutistes au Coran hérissé.
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Des Cyprès démesurés, 3 février 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[Sur Burgaud] Ce petit juge d’instruction, c’est d’abord un physique maladif pour l’occasion : pâleur extrême, voûté et bras croisés durant sa défense, une tête juvénile mais aigrie par la hargne rentrée. C’est ensuite une voix et d’insupportables bruits de salive : aucune texture aimable, mécanique déshumanisée, désincarnation du timbre ; des interruptions constantes pour avaler sa salive et reprendre en hésitant son piètre discours. Une présence nauséeuse donc...
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Des Cyprès démesurés, 11 février 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Le son estudiantin gronderait-il sur le parvis des universités françaises ? Nouvelle démonstration d’une cohorte de petits vieux prématurés qui défilent pour l’emploi à vie. Non contents de jouer aux autruches en occultant les réalités économiques (...), ils affichent une conception démocratique qui s’apparente à l’intimidation syndicale pour ceux qui veulent suivre leurs cours, voire qui ne partagent pas leurs analyses. Invocations aux cieux d’une économie florissante pour un plein emploi… et interdiction au gouvernement de toute initiative.
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Des Cyprès démesurés, 9 mars 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
La France se cloître dans de suicidaires certitudes. Ainsi, croire que le bon Etat providence doit financer à flot pour contrer les infâmes entrepreneurs arqués, chevillés, empalés sur l’appel du pire : le dévoiement systématique des outils sociaux proposés. Le CPE aurait comme seule raison d’être l’irrésistible congédiement du malheureux, de l’esclavagivisé salarié dans les 730 jours suivant son embauche. Certitude assénée par les Croisés pour l’Enlisement (...) que de considérer le gueux qui traîne, exploité a priori, formé accessoirement, comme la victime d’une salauderie patronale. Les relents prolétariens s’excitent devant tant de gorges capitalistes à trancher… Les archaïques s’ébrouent et empuantissent notre air !
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Des Cyprès démesurés, 18 mars 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L’instinct féroce déchaîné, comme une rafale d’oranges mécaniques, surgit pour détruire, traumatiser, saccager, piller, foutre la peur à cette masse paisible des anti-CPE. Notre société n’a plus l’entrain des départs constructifs. Juste la protection d’acquis en déphasage avec l’époque épuisée par un surdéveloppement condamné.
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Des Cyprès démesurés, 24 mars 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Mitterrand, l’histrion du faux attentat, déblatérait sur Le Coup d’Etat permanent du chef historique de la France libre ; la première décennie du siècle se sera avachie dans les à-coups du fat déprimant.
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Des Cyprès démesurés, 1er avril 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
A l’époque sempiternelle où le sacré ensanglante à tout va, les paumés du pavé s’acharnent contre l’élémentaire liberté d’entreprise, clouant au pilori, par préjugé idéologique, toute tentative pragmatique. L’effet panurge du désespoir cultivé fait le reste. Quelques écarts ludiques entretiennent la distance d’avec la fosse commune, celle qu’un chanteur de bon aloi voit se remplir dangereusement de purin.
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Des Cyprès démesurés, 1er avril 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Le vice du système tient à une humanité indigne qui ne respecte que la loi du plus fort, sous d’hypocrites révérences à la légalité affichée.
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Des Cyprès démesurés, 24 avril 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
On nous bassine avec le regard sévère, blasé du peuple sur les gouvernants au sens large, l’élite… mais on ne souligne pas assez, notamment dans les mass médias (et pour cause !) combien des franges conséquentes du peuple sont méprisables, à vomir : ces supporters hurlants, bavants, prêts à frapper l’autre pour dominer, ces voisins de cité se gargarisant des rumeurs et en rajoutant pour charger les présumés innocents, etc.
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Des Cyprès démesurés, 2 mai 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
En passant devant la salle à manger des invalides, et en parvenant à celle de ceux qui ont encore leur tête, l'émotion que cet au revoir ne bascule vers des adieux. On ne peut se résoudre à l’inéluctable, même avec cette rallonge accordée par dame Nature. Je pressens ses yeux s’embuer lorsque nous la laissons dans son fauteuil roulant, face à ses convives de tablée.
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Des Cyprès démesurés, 4 mai 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
[Sur Karl Zéro] Pour défendre ses dérives professionnelles, il se retranche derrière les fameuses, et un peu enfantines, rengaines : je le fais, mais les autres ne font pas mieux ; je l’ai fait, mais le chef ne me l’a pas interdit ; si je ne l’avais pas fait, un autre l’aurait fait… Sur la défensive le Karlo : le pitre irrévérencieux s’est transmué en revendicateur aux abois. Finalement, les coulisses ont toujours plus d’intérêt que la scène affichée.
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Des Cyprès démesurés, 14 mai 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Bilan des portraits politiques de Giesbert : de Villepin apparaît comme le plus détestable, imbu de lui-même, et son discours off le plus en décalage avec sa tartine démagogique officielle. Habitude langagière révélatrice du personnage : tout ramener au fait « d’en avoir ou pas… » dans le pantalon. Le critère des gonades semble être l’alpha et l’oméga de son sens critique. Des couilles pleins la bouche, il en sert à ses interlocuteurs en coulisse, certain d’être lui-même doté des plus impressionnants spécimens… Le désastre du CPE, cette piteuse retraite en rase campagne, a révélé la texture et le contenu de baudruche des testicules du Premier ministre, tout juste calibrés pour jouer aux billes. Exit le mauvais poète des roubignolles !
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Des Cyprès démesurés, 1er août 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Comment peut-on encore accepter qu’un si beau terme, l’humanité, baptise un torche-cul qui essuie, en détournant les yeux, les flaques de sang et de larmes que verse le peuple cubain depuis les débuts de la feue guerre froide ?
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Des Cyprès démesurés, 1er août 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Maudissons la dérive des premières parties de soirée, pour le bon pôple qu’il faut distraire, qui se répandent entre émissions mettant au pinacle des ordinaires sans intérêt et séries qui assouvissent le goût morbido-voyeuriste d’une masse indistincte.
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Des Cyprès démesurés, 9 septembre 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Pour justifier son recours à ces jeunes femmes maigres à l’extrême, un couturier a déclaré, avec l’aplomb du cynisme érigé en dogme infaillible, que ses créations étaient automatiquement sublimées par ces corps longs, longs, longs et fins, fins, fins jusqu’au décharnement. (...) Voilà, pour moi, la vulgarité suprême ! Un Bigard est grossier dans son propos, lui, ce créateur obscène, avec ses manières et sa petite frimousse contente d’elle-même, verse dans la profonde et vulgaire salauderie humaine, celle qui réifie l’autre pour se l’approprier sans une once de remords. Beurk !
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Des Cyprès démesurés, 15 septembre 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
La complaisance envers les tarés de l’Islam s’insinue, insidieusement, dans la tête de ces croyants, et la lâcheté de nos politiques, de la plupart des intellectuels au silence assourdissant laisse songeur sur l’étendue de la capitulation des consciences.
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Des Cyprès démesurés, 6 octobre 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
L’année 2007 à portée de festivités et pourtant peu de réjouissances se profilent à l’échelle planétaire. Quelques zones confirment l’extrême barbarie possible de l’humanité lorsque l’Etat de droit (ou, plus brutalement, autocratique) s’est effondré. Aucune place aux utopies généreuses dans les chaos entretenus par les sanguinaires opportunistes.
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Des Cyprès démesurés, 23 décembre 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Se laisser submerger par ce qui nous reste du meilleur de l’être aimé que l’on regrette de n’avoir pas vu davantage.
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Des Cyprès démesurés, 26 décembre 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Toujours coquette, des escarpins aux pieds, quitte à souffrir à chaque pas, pour ne pas céder à la confortable facilité de grosses Nike ou assimilés. Invraisemblable et absurde pour le commun de mes contemporains, elle était tout entière dans cet acharnement archaïque : point de culte du carpe diem, mais un attachement forcené à son paraître qui allait bien au-delà d’une banale question d’apparence. C’est toute une philosophie de l’effort existentiel qui transparaissait chez elle, comme une vigie urticante pour se rappeler de l’attention constante qu’on doit avoir à se détacher de nos penchants barbares, ceux qui font ressembler certains coins de notre planète à des aires sanglantes. Ses escarpins combattaient cette tendance si absorbante au laisser-faire, à l’aune de ses instincts..
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Des Cyprès démesurés, 26 décembre 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.
Sur le trajet, les pas s’alourdissent en repensant à cet être cher que nous ne reverrons plus. La majestueuse église se profilant, je passe mon regard de l’arrière du corbillard motorisé à l’édifice imposant et à son cimetière de cyprès démesurés.
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Des Cyprès démesurés, 29 décembre 2006, dans Blogspot.com, Loïc Decrauze.