Les grands concepts de la psychologie clinique
Les grands concepts de la psychologie clinique est un ouvrage de psychologie clinique datant de 2008, s'étant profilé sous la direction de François Marty — à la fois professeur de psychologie clinique, directeur de l'Institut de Psychologie à l'université Paris Descartes, psychologue et psychanalyste. Y ont contribué différents spécialistes, professeurs et maîtres de conférences universitaires.
Sommaire |
[modifier] Les grands concepts de la psychologie clinique, 2008
[modifier] Introduction
Qu'est-ce que la psychologie clinique ? Au-delà de la diversité des définitions possibles, la psychologie clinique postule l'existence de la réalité psychique. Elle tente de comprendre la diversité des modes de fonctionnement des personnes, comme elle tente d'appréhender les différentes façons que ces personnes utilisent pour se penser comme sujets de leurs actions et de leur vie.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), Introduction, p. 2
[La psychologie clinique] prétend donner sens à ce qu'il observe pour l'organiser dans un ensemble cohérent où le sujet – notion difficile à appréhender – serait au centre de ce dispositif, avec son caractère unique, ce qui fait dire que la clinique est l'art du singulier et qu'elle procède au cas par cas.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), Introduction, p. 2
Le sujet n'est pas réductible à l'ensemble de ses fonctions [psychiques]. Il est aux prises avec son histoire, en quête d'un sens à donner à son existence. Mais cette activité de repérage de soi est inlassablement menacée par la vie pulsionnelle qui, elle, ne connaît que la quête de sa propre satisfaction.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), Introduction, p. 3
[modifier] L'inconscient
Acceptant la demande d'une de ses patientes de la laisser parler, Freud renonça à l'activisme thérapeutique qui jusqu'alors multipliait les moyens supposés thérapeutiques : outre l'hypnose, les massages, les bains, les médicaments, les manipulations et les chantages. C'est à partir de là que la psychanalyse, comme pratique thérapeutique de l'interprétation, fut découverte et instituée.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), Introduction, p. 2
A l'inconscient des passions et des pulsions, en rapport avec le cerveau des neuromédiateurs, est opposé un inconscient intellectuel, calculateur conçu par la psychologie cognitive de l'intelligence artificielle et de l'informatique sur les mêmes principes de fonctionnement que l'ordinateur.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 1. La théorie de l'appareil psychique et la métapsychologie, p. 11
La « pulsion de mort », au sens le plus restreint, rend compte de la clinique du vide, de la mort psychique, du désinvestissement, de la désobjectalisation, du narcissisme primaire absolu, mais aussi de la compulsion de répétition, de la réaction thérapeutique négative. Elle détermine les phénomènes de déliaison, de déchaînement des affects, de rupture des enchaînements de pensée, de désorganisation. Elle trouve son élaboration par intrication avec les pulsions de vie, ne serait-ce que sous forme de pulsions destructrices, de violence, de sado-masochisme.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 2. La théorie freudienne de l'inconscient, p. 14
[modifier] Les pulsions
C’est dans Trois essais sur la théorie de la sexualité que Freud (1915) introduit la notion de pulsion dans sa dimension psychanalytique. La façon dont la sexualité et ses troubles sont envisagés par la médecine à la fin du XIXe siècle est fondée sur l'idée d'une indépendance entre psychisme et sexualité et sur l'idée que les comportements sexuels sont innés et gouvernés par l'instinct ; de ce fait les « aberrations sexuelles » sont des déviations de l'instinct liées à la « dégénérescence », explication universelle de l'époque à toute pathologie psychiatrique. La façon dont Freud relie le sexuel à l'ensemble du fonctionnement du psychisme, à travers la notion de pulsion précisément, inverse complètement la perspective. A la base des perversions il y a quelque chose que tous les hommes ont en partage, « les racines innées de la pulsion sexuelle » (Freud, 1915) que « les influences de l'existence » feront varier dans leur forme et dans leur intensité.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), Introduction, p. 23
La pulsion constitue l'articulation même entre le fonctionnement corporel et les événements de l'esprit.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), Introduction, p. 24
La façon dont Freud situe la pulsion en 1915 la différencie clairement de l'idée d'instinct et lui donne sans ambiguïté sa place dans la métapsychologie.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), Introduction, p. 24
Pendant l'enfance, les relations d'objet partiel s'inscrivent progressivement dans le développement, chacune d'elles définissant un « stade » : stade oral, stade anal, stade phallique, stade génital... ces stades, en fait, ne s'inscrivent pas dans une succession chronologique où l'un remplacerait l'autre, c'est une sorte de dimension supplémentaire qui apparaît à chaque fois laquelle entraîne un remaniement de l'ensemble et donne un rôle nouveau aux pulsions partielles antécédentes.
Les perversions sexuelles sont rapportées à la prévalence de l'investissement d'un système de pulsions partielles lequel s'est arrêté dans son développement. Le sujet pervers sexuel adulte serait ainsi un enfant – décrit par Freud comme normalement « pervers polymorphe », l'immaturité de l'enfant et le polymorphisme de ses manifestations sexuelles faisant de lui, en fait, le contraire d'un « pervers » – qui se serait arrêté en partie dans son évolution, en raison de fixations traumatiques par exemple. Cet arrêt se marque par l'exclusivité de la mise en oeuvre de telle pulsion partielle dans la recherche de la « décharge » ou l'excitation libidinale.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 1. L'évolution de la théorie des pulsions chez Freud, p. 26
Freud invoque une « compulsion de répétition » qu'il observe également dans le jeu des enfants qui reproduisent une situation où ils ont éprouvé de l'angoisse. Il existerait en nous quelque chose qui nous pousse à répéter les expériences antécédentes les plus désagréables et non pas seulement les expériences porteuses de plaisir. Freud, pour rendre compte de cette « compulsion », va donc introduire une notion nouvelle, la « pulsion de mort », pulsion de destruction qui oeuvre silencieusement au coeur du psychisme et a le pouvoir de désorganiser le fonctionnement psychique, d'aller à contre-courant du principe de plaisir. La contrepartie de cette « pulsion de mort », nommée aussi Thanatos, sera Éros, ensemble qui subsume les pulsions sexuelles regroupées sous le terme de « pulsions de vie ». Le but d'Éros est de bâtir des ensembles de plus en plus grands alors que celui de Thanatos est une force de déliaison.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 1. L'évolution de la théorie des pulsions chez Freud, p. 30
L'agressivité, la destructivité, est due au fait que, via la motricité, la pulsion de mort est défléchie vers le monde extérieur.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 1. L'évolution de la théorie des pulsions chez Freud, p. 31
Les traces en emprise et le souvenir de l'expérience de la satisfaction se soutiennent mutuellement. L'évocation d'une représentation est porteuse d'un certain plaisir, d'une charge libidinale organisée qui reproduit, bien qu'atténuée, une part de l'expérience de la satisfaction ; on pourrait parler ici de satisfaction mnésique plutôt que d'« hallucination de la satisfaction » ; le souvenir apporte une satisfaction limitée mais réelle : un plaisir.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 3. La représentation, p. 33
La « décharge » correspond pour nous à un changement de l'équilibre économique introduit par l'expérience de la satisfaction. Le déséquilibre entre les investissements en emprise et les investissements en satisfaction disparaissant au profit de l'investissement de l'expérience de la satisfaction elle-même.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 3. La représentation, p. 34
Si l'on veut spécifier l'instinct, il faut le définir comme biologique et inné, à l'inverse de la pulsion. La pulsion, c'est ce que le psychisme fait de l'instinct.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 3. La représentation, p. 34
Les pulsions sont acquises ; on peut les considérer comme les modules du psychisme, comme les premières unités différenciées de son fonctionnement. Toute expérience nouvelle de satisfaction obtenue en synergie avec les investissements en emprise vient constituer une représentation nouvelle ou renforcer une représentation existante. Dans cette optique on peut considérer que la satisfaction nourrit le psychisme.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 3. La représentation, p. 34
La provocation de succédanés de satisfaction, par l'usage de drogues par exemple, affaiblit à la fois le registre de l'emprise et celui des représentations.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 4. Les dysfonctionnements pulsionnels, p. 35
Dans l'ordinaire du fonctionnement psychique, lorsque la tension libidinale, l'excitation psychique, atteint un certain niveau, nous mettons d'abord en oeuvre notre système de représentations, nous cherchons d'abord à puiser dans nos réserves, à vivre sur nous-mêmes : la seule évocation de représentations peut assurer, pendant un temps, un certain plaisir et l'homéostasie de notre fonctionnement psychique. Ce recours à nos représentations nous permet une autonomie plus ou moins longue sans le secours d'un objet extérieur.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 4. Les dysfonctionnements pulsionnels, p. 35
Lorsqu'il est impossible de créer une [...] expérience nouvelle de satisfaction, les investissements en emprise s'amoncellent sur l'objet qui se refuse. Une forme de folie d'emprise peut se développer conduisant à des actions qui peuvent être d'une violence destructrice considérable si l'équivalent d'une expérience de satisfaction ne vient pas l'arrêter.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 4. Les dysfonctionnements pulsionnels, p. 36
[modifier] La projection
D'une manière générale, il existe une sorte de péjoration de l'expression « mécanisme de défense ». Si l'on admet qu'il s'agit d'opérations qui visent à maintenir l'intégrité du sujet somatopsychique, il est aussi souvent implicite que la défense s'oppose à la satisfaction de la pulsion, et par contamination de la pensée, au plaisir ; qu'elle véhicule une notion de limitation de l'expression de l'appareil psychique, voire qu'elle signe une pathologie. Or la défense est d'abord au service de la construction du moi et a en ce sens des vertus positives.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), Introduction, p. 65
La défense est un mécanisme engendrant une série d'opérations qui d'une part participe à la constitution du moi, d'autre part, protège celui-ci des effets délétères de la pulsion ou de ses représentations. La défense contribue à maintenir un équilibre du niveau d'excitation interne qui permet la fonctionnalité de l'instance moïque. Ce shéma relativement simple nécessite cependant une inscription dans un contexte complexe dans lequel interfèrent au moins trois facteurs ou éléments que je ne fais que citer : d'abord l'indissociabilité de la défense et de la pulsion, ensuite la distinction freudienne entre défenses normales et pathologiques, enfin, mais en deçà, la question de l'émergence du déplaisir dans l'appareil psychique.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), Introduction, p. 66
A quel moment [les défenses] deviennent-elles pathologiques ? Au moment où elles deviennent tyranniques et agressent le fonctionnement du monde interne au lieu de le faciliter. Il est ainsi des défenses coûteuses pour l'économie du sujet parce qu'elles sont utilisées répétitivement d'une manière inopérante et qu'aucun apprentissage ne peut réguler leur utilisation. C'est ainsi que la projection, dans les phobies invalidantes, les états limites ou les psychoses, au lieu de protéger l'espace psychique, contribue au rétrécissement de son économie.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), Introduction, p. 66
En psychanalyse [...], la projection est une opération par laquelle le sujet attribue – hors de lui – à l'environnement ou à l'autre, des sentiments, des désirs qu'il refuse de reconnaître comme lui appartenant. Elle est donc souvent associée au déni et au clivage.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 1. Espace de définition, p. 67
La projection est à l'oeuvre lorsque les systèmes mythiques explicatifs du monde ou de l'environnement auxquels j'adhère me mettent à l'abri d'un ressenti désagréable d'angoisse ou d'impuissance, ou explicitent celui-ci dans le but ultime d'en méconnaître les véritables causes. Dans la biographie qu'il lui consacre, Jones (1975) fait ainsi dire à Freud « que la raison est terriblement austère et sombre, et qu'une petite superstition peut avoir quelque charme ».
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 1. Espace de définition, p. 69
[...] les sacrifices que les Anciens offraient à leurs dieux après une bataille, un crime ou un cataclysme illustrent le fonctionnement [projectif]. Il s'agissait, somme toute, d'effacer tous relents de culpabilité – quels qu'en fussent les motifs – pour adoucir les moeurs. Il s'agissait aussi de tenter de désamorcer les intentions agressives de l'autre en saluant sa bonté, chacun, vainqueur ou vaincu, se dédouanant ainsi de sentiments, de désirs ou d'affects dont le Destin vous assiégeait. Les rituels sont sous-tendus d'un fonctionnement projectif que l'on ne dénoncera que lorsqu'il deviendra intolérable au plus grand nombre : ce sont des systèmes de pensée relativement stables, défensifs contre le monde pulsionnel et pris dans un registre symbolique qui leur assure d'être intégrés socialement. Le fait que ces rituels et croyances aient pu constituer, ou constituent encore dans certaines sectes ou communautés, le principe organisateur du lien social, témoigne, s'il en était besoin, de sa nature « anti-pulsionnelle ». S'il y a matière à penser que le jugement de réalité, à certaines époques primitives ou au début de notre ère historique, contraignait à ces types de fonctionnements en raison de l'énormité de l'énigme de la création du monde et des solutions imparfaites qui pouvaient en rendre compte, le mouvement de la pensée et du savoir, l'évolution culturelle et la mondialisation de l'information les rendent aujourd'hui peu fondées.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 1. Espace de définition, p. 69
Ce que nous projetons, c'est toujours ce que nous voulons méconnaître en nous.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 1. Espace de définition, p. 70
[modifier] Les mécanismes de défense
La défense serait un « ensemble d'opérations dont la finalité est de réduire, de supprimer toute modification susceptible de mettre en danger l'intégrité et la constance de l'individu biopsychologique. Dans la mesure où le moi se constitue comme instance qui incarne cette constance et qui cherche à la maintenir, il peut être décrit comme l'enjeu et l'agent de ces opérations. [...] Le processus défensif se spécifie en mécanismes de défense plus ou moins intégrés au moi » (Laplanche et Pontalis, 1967). Ainsi, la notion de défense est-elle plus large que celle de mécanisme. Les mécanismes défensifs étant définis ainsi : « différents types d'opérations dans lesquelles peut se spécifier la défense ».
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), Introduction: les concepts de défense et de mécanismes, p. 120
La défense est pathologique lorsque aucun apprentissage défensif n'a été établi. Le moi, soumis à une trop forte excitation interne, risque d'être submergé et infiltré par les processus primaires. La défense normale, quant à elle, a lieu lors de la reviviscence d'une expérience pénible. Le moi n'est alors pas confronté pour la première fois à une expérience de déplaisir, il n'est pas submergé, l'intensité est ainsi moindre.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), Introduction: les concepts de défense et de mécanismes, p. 120
Le refoulement correspond au fait d'écarter et de maintenir hors de la conscience une représentation ; c'est un des destins de la pulsion, de son représentant. L'instance refoulante est la partie inconsciente du moi qui obéit aux ordres du surmoi, de l'idéal du moi et même du moi idéal. Le mécanisme du refoulement est dit alors secondaire.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 1 Les mécanismes de défense névrotiques, p. 123
Freud dans son Introduction à la psychanalyse (1916) considère la levée du refoulement comme la raison d'être de la psychanalyse, qui aurait comme but de rendre conscient l'inconscient, en supprimant les refoulements ou en comblant les lacunes amnésiques. Actuellement, le processus analytique ne vise pas tant la recherche du passé et son interprétation, comme le proposait Freud dans un premier temps, que de favoriser la levée du refoulement, à travers l'analyse du transfert, des résistances et des défenses qui en sont à l'origine (Le Guen, 1992).
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 1 Les mécanismes de défense névrotiques, p. 123
Dans la psychose, le moi psychotique, entré en conflit avec le monde extérieur, opère un déni de réalité perceptive et remplace celle-ci par une (néo)réalité hallucinatoire ou délirante plus avantageuse pour le ça alors que le névrosé refoule certaines représentations pulsionnelles pour résoudre son conflit avec le ça.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 6 Les mécanismes de défense primitifs, p. 131
[modifier] Le narcissisme
Partant de la redéfinition du concept entamée par H. Hartmann (1950), H. Kohut (1971) revendique « une attitude positive – théorique et pratique – d'acceptation du narcissisme » et finit par affirmer la prévalence des « besoins narcissiques » sur les désirs sexuels. Cette notion de self, sur laquelle Kohut fonde une nouvelle métapsychologie, connaîtra une grande fortune psychanalytique, mais avec des définitions parfois assez éloignées – Winnicott par exemple, qui l'utilise sans employer le concept de narcissisme, fait du self un moi vivant, et dynamique, « une totalité qui se fonde sur les processus de maturation ».
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 2 Destins post-freudien du narcissisme, p. 170
A distance de la balance freudienne entre investissements narcissiques et objectaux, Kohut privilégie la qualité des investissements du soi ; le self grandiose et exhibitionniste, mégalomane, et l' imago parentale idéalisée, vont constituer deux courants du narcissisme, qui alimenteront pour l'un, les ambitions qui nous poussent, et pour l'autre, les idéaux qui nous guident. L'un et l'autre permettent de restaurer un self endommagé soit par les défaillances des objets primaires soit par les défenses mises en oeuvre par le moi pour y pallier, et gardent cette valeur dans des pathologies diverses où la rage narcissique infantile peut mener à la destruction de l'autre, à l'échelle de l'individu comme du groupe.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 2 Destins post-freudien du narcissisme, p. 170
[modifier] La névrose
L'hystérique cherche indéfiniment à combler un manque fondamental, lié à une dépression sous-jacente, ce qui suscite la recherche d'une stimulation indéfinie du désir, et une excitation, qui passe cependant non pas par le biais de la représentation mais par l'agir et la perception. L'hystérie peut être considérée comme le paradigme de la névrose, du fait de la place centrale du refoulement dans l'organisation défensive. Le refoulement vise tout particulièrement à empêcher l'apparition de l'affect, lié à la représentation, et pour y parvenir, il lui faut maintenir à tout prix la représentation dans l'inconscient. Lors de la levée partielle du refoulement, l'affect court-circuite la représentation, qui ne trouve alors d'issue que par le biais d'agir, expression motrice, perception et agir émotionnel.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 4 Les formes cliniques de la névrose, p. 205
[modifier] Les psychoses
La psychose est un devenir : la psychanalyse peut et doit se tenir à cette affirmation. Rien n'est forclos, tout peut advenir.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 1 Devenir psychotique, p. 213
Les psychoses sont une tentative douloureuse pour échapper au procès de la culpabilité que la définition de l'homme occidental comme sujet d'une sexualité entraîne nécessairement. Beaucoup de déclenchements de psychoses se produisent à l'adolescence parce que c'est à cette étape du développement sexuel que l'individu acquiert la marque finale de son être sexué adulte (Sullivan, 2001). Ce moment de redéfinition du corps érogène, constitué une première fois pendant l'enfance, est particulièrement propice aux atermoiements et aux refus du processus en cours. Les grandes psychoses délirantes débutent souvent à cet âge.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 2 Les psychoses, p. 222
[modifier] Les états limites
Pour J. Bergeret (1975), il existe une structure névrotique, une structure psychotique et une voie a-structurelle constituant l'état limite. Ce défaut de structuration provient d'un traumatisme affectif précoce, réel et désorganisant empêchant l'accès à l'oedipe et entravant, par conséquent, la constitution du surmoi. Après une pseudo-latence prolongée, sorte d'aménagement du moi cherchant à limiter les effets du traumatisme, le sujet va s'installer dans un « tronc commun aménagé » dont les caractéristiques sont l'angoisse de perte d'objet, la relation d'objet anaclitique et le clivage du moi. En dehors des désorganisations aiguës, l'évolution du tronc commun se fait le plus souvent vers deux types d'aménagements relativement stables : l'aménagement caractériel et l'aménagement pervers.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 3 Les conceptions des principaux courants psychanalytiques contemporains, p. 235
Pour l'auteur, l'état limite représente avant tout une pathologie du narcissisme dominé par la dépendance à un objet/béquille dont le sujet attend idéalement réparation. Le risque dépressif permanent est lié à l'angoisse de séparation d'avec cet objet auquel toutes les demandes mais aussi tous les reproches sont adressés.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 3 Les conceptions des principaux courants psychanalytiques contemporains, p. 235
A. Green (1990) a développé une réflexion originale sur les cas limites, qu'il considère comme « les états limites de l'analysabilité » en raison des difficultés à penser pour ceux qui en sont atteints, découlant de la défaillance de leurs capacités de représentation et de symbolisation. Chez ces sujets, la pensée est comme vide de représentation, vide de fantasmes et de créativité. Pour l'auteur, l'« exlusion somatique » et l'« expulsion par l'acte » ont pour fonction de court-circuiter l'activité psychique entraînant un état de blanc de la pensée, sous-tendu par le clivage de la « dépression primaire ». Green précise toutefois que les créations de ces sujets existent bel et bien mais ne possèdent pas de valeur fonctionnelle pour leur appareil psychique.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 3 Les conceptions des principaux courants psychanalytiques contemporains, p. 236
Le fonctionnement psychique des états limites est caractérisée par des limites incertaines, entraînant un vacillement plus ou moins prononcé des espaces internes et des espaces entre dedans et dehors. Au niveau interne, la précarité du moi et du surmoi laisse ponctuellement affluer les forces pulsionnelles du ça, ne permettant pas qu'une limite pare-excitante s'établisse clairement et efficacement.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 4 Spécificités cliniques des états limites, p. 237
[...] la crainte de perdre l'objet entraîne une surenchère de mouvements psychiques servant à lutter contre l'angoisse de séparation : l'identification projective, permettant de contrôler l'objet afin d'éviter les risques encourus par son éloignement, contribue aussi à brouiller le limites entre soi et l'autre.
Cette difficulté à fermer les espaces internes et à établir des frontières sûres entre sujet et objet évoque la notion de moi-peau passoire théorisée par D. Anzieu (1985). En effet, le concept de moi-peau est précieux pour se représenter le défaut de contenance psychique ou encore le manque de différenciation du soi chez l'état limite.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 4 Spécificités cliniques des états limites, p. 237