Laine
Sommaire |
[modifier] Littérature
[modifier] Poésie
[modifier] Annie Le Brun, Le Carreau sans coeur, 1964
Je garde une préférence inconditionnelle pour la durée du jeu de mes doigts à saute-mouton dans la laine de ta chaleur
Il ne s'agit déjà plus de tendresse.
-
« Le Carreau sans coeur », Annie Le Brun, La Brèche, nº 7, Décembre 1964, p. 58
[modifier] Prose poétique
[modifier] Joseph Delteil, Échec, 1923
J'avais le goût de la typographie, des châtaignes, de la laine. Un peu de bric-à-brac ne me déplaisait pas, pourvu qu'il décelât un goût volumineux et atmosphérique. J'abhorrais la poudre de riz, et j'aimais sans bornes les échecs. Je me souviens. Luce était ma partenaire à ce jeu, et à quelques autres. L'échiquier exsangue, à carreaux verdâtres et pâles, avait la jaunisse verte. Le cheval galopait fièvreusement, comme mon coeur. La reine... c'est à cette époque que je compris qu'une reine était une femme. Mais le corollaire de cette proposition m'échappait encore. Quant à cette bande de pions qui me barraient la route comme les archers aux chevaliers de Crécy...
-
« Échec », Joseph Delteil, Littérature Nouvelle Série, nº 10, Octobre 1923, p. 6
[modifier] Paul Eluard , Capitale de la douleur, 1926
Dans la brume
Dans la brume où des verres d'eau s'entrechoquent, où les serpents cherchent du lait, un monument de laine et de soie disparaît. C'est là que, la nuit dernière, apportant leur faiblesse, toutes les femmes entrèrent. Le monde n'était pas fait pour leurs promenades incessantes, pour leur démarche languissante, pour leur recherche de l'amour.
-
Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1926), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Nouveaux poèmes, Dans la brume, p. 125