Journal (André Gide)
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Le Journal d'André Gide a été rédigé de 1887 à 1950.
Sommaire |
[modifier] 1888
Ah ! que de rêves ; c'est ce qu'il y a de meilleur. Que d'élans, que d'enthousiasmes, quelle soif peut avoir un cœur, qui ne sait rien encore de la vie, et qui bondit d'impatience de s'y élancer.
Quelles aspirations d'idéal, quels tressaillements inquiets, quels frémissements de l'âme, elle bondit au-dedans de soi à croire qu'elle va s'échapper du corps ; elle a soif d'un dieu et le cherche partout, elle croit le toucher et se dépite de n'en trouver que le reflet dans les œuvres qu'il a inspirées, la nuit elle regarde si le ciel ne s'entrouvre point ; les sens jeunes et ardents ne la laissent pas se contenter d'une communion spirituelle ; ils veulent toucher, étreindre ce dieu qu'ils cherchent, et se croient leurrés quand ils le sentent se dérober à eux.
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Journal : 1887-1925, André Gide, éd. Gallimard, 1996 (ISBN 2-07-011395-7), p. 6-7 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] 1907
Je ne suis qu'un petit garçon qui s'amuse – doublé d'un pasteur protestant qui l'ennuie.
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Journal : 1887-1925, André Gide, éd. Gallimard, 1996 (ISBN 2-07-011395-7), p. 576 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] 1913
Que de fois l'amoureuse joie, précisément la plus charmante, ne me laissa-t-elle pas dans un délire de tous les sens, si exaspéré, si atroce, que, de longtemps encore, je ne relâchais point et surmenais ma frénésie, ne consentant point d'être quitte, de prendre congé de l'instant, mais insatiablement avide, et comme poursuivant à travers le plaisir quelque chose au-delà du plaisir.
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Journal : 1887-1925, André Gide, éd. Gallimard, 1996 (ISBN 2-07-011395-7), chap. Feuillets, p. 761 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] 1914
De tous ceux qui entourent un enfant, les parents sont les plus aveugles.
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Journal : 1887-1925, André Gide, éd. Gallimard, 1996 (ISBN 2-07-011395-7), p. 820 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Je voudrais qu'il ne fût permis de se prononcer sur les questions sexuelles, qu'à ceux qui ont eu l'occasion d'élever et de surveiller des animaux. Peut-être enfin consentiraient-ils à comprendre que ne sont pas moins naturelles que d'autres, bien des difficultés, des déviations, des irrégularités qu'ils s'obstinent à considérer comme « contre nature » et anormales.
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Journal : 1887-1925, André Gide, éd. Gallimard, 1996 (ISBN 2-07-011395-7), p. 875 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] 1917
Je ne m'y méprends pas : Michel m'aime non tant pour ce que je suis que pour ce que je lui permets d'être. Pourquoi demander mieux ? Jamais je n'ai pris plus de plaisir à vivre ; ni le goût de la vie ne m'a paru plus délicieux.
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Journal : 1887-1925, André Gide, éd. Gallimard, 1996 (ISBN 2-07-011395-7), p. 1042 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] 1918
Le plus grand bonheur, après que d'aimer, c'est de confesser son amour.
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Journal : 1887-1925, André Gide, éd. Gallimard, 1996 (ISBN 2-07-011395-7), p. 1067 (voir la fiche de référence de l'œuvre)