John Steinbeck

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John Steinbeck en 1966.

John Ernest Steinbeck III (27 février 1902 à Salinas - 20 décembre 1968 à New York) est un écrivain américain du milieu du XXe siècle.

Les Raisins de la colère, 1939[modifier]

Craignez le temps où l’Humanité refusera de souffrir, de mourir pour une idée, car cette seule qualité est le fondement de l’homme même, et cette qualité seule est l’homme, distinct dans tout l’univers.

  • (en) Les Raisins de la colère (1939), John Steinbeck (trad. Marcel Duhamel et M-E Coindreau), éd. Gallimard, 1947 (ISBN 978-2-07-026070-6), p. 210


À l'est d'Éden, 1952[modifier]

Première partie[modifier]

Chapitre VII[modifier]

   — La notion de temps passé est une chose étrange et parfois contradictoire. Il serait raisonnable de supposer que des années passées dans la routine ou que nul événement n'a égayées paraissent interminables. Il devrait en être ainsi, mais cela n'est pas. Ce sont les années mornes qui ne laissent pas de traces. Une période d'action où s'inscrivent les blessures du drame ou les craquelures de la joie, laissent une impression de temps dans la mémoire, car il faut du temps pour se remémorer ce qui a marqué cette période. Les événements servent de points de repère pour la mémoire. D'un point à l'autre, il y a du temps passé. De rien à rien, il n'y a qu'un espace vide.


Chapitre VIII[modifier]

   — Dans toutes ces tragédies de petite envergure, le temps agit comme un chiffon mouillé sur une aquarelle. Les traits s'émoussent, la douleur s'évanouit, les couleurs se mélangent et les lignes jadis distinctes ne forment plus qu'une masse grise.

Deuxième partie[modifier]

Chapitre XV[modifier]

   — Le péché est chose curieuse, observa Samuel. Si un homme devait se dépouiller de tout ce qu'il possède, je crois qu'il ferait en sorte de conserver quelques petits péchés pour son propre tourment. Ce sont les dernières choses que nous abandonnons.


Chapitre XVIII[modifier]

   — Il y a un meurtrier en chacun de nous, dit le shérif. Trouvez la détente et le coup partira.


Chapitre XXII[modifier]

— On ne peut pas faire un cheval de course d'un porc.
— Non, répondit Samuel, mais on peut en faire un porc de course.


Une vérité incroyable peut faire plus de mal qu'un mensonge.


Certaines gens croient que c'est insulter la splendeur de leur maladie que d'aller mieux.


   — Chaque enfant croit inventer le péché. Nous croyons que l'on nous enseigne la vertu et que le péché naît en nous.


Troisième partie[modifier]

Chapitre XXIV[modifier]

   — Prenez-vous plaisir à souffrir ? demanda Samuel. Vous voyez-vous grand et tragique?
   — Je ne sais pas.
   — Pensez-y. Peut-être jouez-vous un rôle sur une grande scène devant une salle vide.


J'ai remarqué qu'il n'y avait pas de pire insatisfaction que celle du riche. Gavez un homme, cousez d'or ses vêtements, installez-le dans un palais, et il mourra de désespoir.


Chapitre XXVI[modifier]

   Il doit y avoir dans le cerveau humain un crible caché qui tamise, laisse passer ou retient les pensées, et ceci bien souvent à l'insu de l'homme. Il n'est pas rare de s'endormir en proie à un malaise indéfinissable et de se réveiller le lendemain matin, frais et dispos, dans un monde clair, accueillant, débarrassé de ses impuretés par le travail de la nuit. La joie bouillonne dans le sang, la poitrine se gonfle, une ivresse électrique parcourt les nerfs, et pourtant rien depuis la veille n'a changé pour justifier cette exaltation.


Quatrième partie[modifier]

Chapitre XXXIV[modifier]

   Sous sa carapace de lâcheté, l'homme aspire à la bonté et veut être aimé. S'il prend le chemin du vice, c'est qu'il a cru prendre un raccourci qui le mènerait à l'amour. Lorsqu'un homme arrive au moment suprême, peu importe son talent, son pouvoir ou son génie, s'il meurt haï, sa vie est une faillite et sa mort une froide horreur. Il me semble que vous et moi, au moment de choisir entre deux voies, devons toujours penser à notre fin et vivre pour que notre mort ne fasse plaisir à personne.
   Nous n'avons qu'une histoire. Tous les romans, tous les poèmes, sont bâtis sur la lutte incessante que se livrent en nous-mêmes le bien et le mal. Le mal doit être contstamment ressuscité, alors que le bien, alors que la vertu sont immortels. Le vice offre toujours un visage frais et jeune alors que la vertu est plus vénérable que tout au monde.


Chapitre XXXV[modifier]

[...] il n'y a rien de plus triste qu'une amitié qui ne tient plus que par la colle des timbres-poste. Quand on ne veut plus voir, entendre, ou toucher un homme, il vaut mieux rompre les amarres.


Chapitre XXXVIII[modifier]

On ne peut comprendre les gens que si on les sent en soi-même.


Chapitre XLIX[modifier]

La notion de seconde prend de plus en plus d'importance dans les activités humaines et bientôt ce sera un dixième de seconde, puis un centième, jusqu'au jour — je ne crois pas qu'il vienne — où l'homme dira : « Et puis, après tout, qu'est-ce qu'une heure dans la vie d'un homme ? » Mais cette préoccupation de la fraction de seconde n'est pas ridicule. Un fait qui se produit trop tard ou trop tôt peut dérégler le mécanisme moderne et les perturbations se propagent comme des ronds dasns une flaque où l'on a jeté une pierre.


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