Interaction
Sommaire |
[modifier] Psychanalyse
[modifier] Alberto Eiguer, Le Pervers narcissique et son complice, 1989
Applications à la psychopathologie
Chaque patient organise ses défenses perverses d'après le modèle du conflit interne. Schématiquement, le paranoïaque essaie de paralyser la pensée par la disqualification ; le schizophrène essaie d'étouffer l'émotivité chez l'autre ou de s'en servir pour combler son anesthésie, si toutefois cela est possible ; le maniaco-dépressif agira sur l'humeur de l'autre pour contrôler sa propre tristesse ou son euphorie : le cas du deuil délégué en est un exemple. Bien des récupérations cliniques de ces patients sont liées à l'instauration et au maintien de liens parasitaires, où l'hôte et le parasite finissent par équilibrer leur interaction au prix parfois d'un grand appauvrissement réciproque.
-
Le pervers narcissique et son complice, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 1989 (ISBN 2 10 002843 X), partie II. Applications à la psychopathologie, chap. Psychose et perversion narcissique, Emprise régressive et emprise fonctionnelle, p. 83
[modifier] Psychologie
[modifier] Paul-Claude Racamier, Pensée perverse et décervelage, 1992
Mouvement pervers narcissique
Je parle au singulier. Il faudrait parler au pluriel. C’est que la perversion narcissique est loin d’être une affaire individuelle : c’est une affaire collective, et à partir du moment où les espaces psychiques sont transgressés, nous savons que tous les débordements sont possibles.
Pareillement, le mouvement pervers est loin d’être une affaire intrapsychique. C’est une affaire hautement interactive. Car il est tellement, ce mouvement, tourné vers autrui, qu’il ne cesse de s’en servir.
-
Pensée perverse et décervelage, 1992, Mouvement pervers narcissique Plaisir manipulatoire, et faire-valoir narcissique, dans [1], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.
[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006
Modèle systémique
En principe, tout individu majeur ayant les capacités suffisantes pour une vie autonome est le garant de sa propre sécurité. S’il n’en assure pas la responsabilité, il stimule les aspects non contrôlables et violents de l’autre et ainsi entretient une interaction à caractère violent (Perrone et Nannini).
-
La relation d'emprise dans le soin, 2006, Modèle systémique : La violence, phénomène interactionnel, dans [2], paru Textes Psy, Cédric Roos.
Conclusion
Si les différentes pulsions qui régissent le moi sont déséquilibrées, la pulsion d’emprise peut l’emporter sur le fonctionnement du sujet, le portant alors à agir en ne suivant que ses propres désirs, au détriment de ceux d’autrui. La relation d’emprise représente le paroxysme de cette façon d’agir qui, par la force ou la séduction, interdit à l’autre toute différence et tout désir. C’est le propre des personnalités perverses, obsessionnelles et paranoïaques de ne fonctionner exclusivement que dans ce mode d’interaction foncièrement violent qui dénie à l’autre le simple droit d’exister et qui s’apparente à un meurtre psychique.
La violence n’est cependant pas inhérente à certains types de personnalités. Ainsi, tout sujet peut-il transitoirement utiliser ce mode de fonctionnement tyrannique, dans un mouvement de défense notamment, mais il sera rapidement refreiné par l’émergence d’un sentiment de culpabilité issu du surmoi et lié à la transgression de l’interdit fondamental du meurtre.
-
La relation d'emprise dans le soin, 2006, Conclusion, dans [3], paru Textes Psy, Cédric Roos.