Infini
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[modifier] Littérature
[modifier] Nouvelle
[modifier] Renée Vivien, La Dame à la Louve, 1904
Les Soeurs du silence
La plus jeune Sœur vint à moi comme l’incarnation de ma pensée la plus belle. Sa robe était du même violet que le soir. Cette femme m’évoquait la fragilité de la nacre et la tristesse altière des cygnes noirs au sillage obscur. Répondant à mon silence, elle murmure :
« J’ai cherché dans cette ombre non point la paix, comme l’Exilé frappant aux portes du monastère, mais l’Infini. »
Et je vis que son visage ressemblait au divin visage de la Solitude.
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La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, Les Soeurs du silence, p. 54
[modifier] Prose poétique
[modifier] Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924
Je ne crois pas en Dieu, mais j'ai le sens de l'infini.
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La Liberté ou l'Amour (1924), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1982 (ISBN 2-07-027695-3), p. 123
Notre âge est l'infini et l'infini veut que la rencontre, la coïncidence ait lieu aujourd'hui dans un wagon roulant vers la catastrophe.
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La liberté ou l'amour ! suivi de Deuil pour deuil (1924), Robert Desnos, éd. Gallimard, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), p. 153
[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924
La vérité s'appuie sur les joncs mathématiques de l'infini et tout s'avance à l'ordre de l'aigle en croupe, tandis que le génie des flotilles végétales frappe dans ses mains et que l'oracle est rendu par des poissons électriques fluides.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 4, p. 39
[modifier] Robert Desnos, La Liberté ou l'Amour, 1927
Nul paradis n'est permis à qui s'est rendu compte un jour de l'existence de l'infini.
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La Liberté ou l'Amour (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1982 (ISBN 2-07-027695-3), chap. VIII. À perte de vue, p. 88
[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958
Être naturel
La dernière minute vivante redresse sa crête rouge. Le hurlement de l'incendie rebondit de mur en mur, d'infini en infini.
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Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Être naturel — II, p. 105
Ni morte ni vive, elle est la fleur qui naît de la poitrine des morts et du songe des vivants. La grande fleur qui lentement chaque matin ouvre les yeux et regarde sans reproche le jardinier qui la coupe. A l'intérieur de sa tige tronquée le sang afflue lentement et monte dans l'air, torche silencieuse qui flambe sur les ruines de Mexico. Tout est naissance infinie.
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Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Être naturel — III, p. 106
[modifier] Roman
[modifier] Louis-Ferdinand Céline, Mort à crédit, 1936
J'étais un rentier d'Esthétique. J'en avais mangé de la fesse et de la merveilleuse... je dois le confesser de la vraie lumière. J'avais bouffé de l'infini.
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Mort à crédit, Louis-Ferdinand Céline, éd. Gallimard Folio, 1952 (ISBN 2070376923), p. 21 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
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