Indépendance
L' indépendance désigne à la fois l'état d'une personne autonome, et le caractère d'une personne refusant les contraintes, les influences, les règles établies.
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[modifier] Littérature
[modifier] Critique
[modifier] Cécile Guilbert, Les ruses du professeur Nabokov, 2010
Fils préféré de parents adorés qui le gâtent outrageusement (« à l'excellent extrême », écrira-t-il), trilingue anglais-russe-français dès cinq ans à une époque où un Russe seulement sur quatre sait lire et écrire, lecteur précoce et vorace ayant acquis à l'adolescence une culture littéraire phénoménale grâce aux dix mille volumes de la bibliothèque paternelle, il développe surtout et dès son plus jeune âge une « passion innée pour l'indépendance ». A l'excellent gymnase Tenichev d'abord, où il refuse de partager groupes de travail, sorties en bande, et même les essuie-mains des lavabos communs. Mais surtout lors des fameuses villégiatures estivales passées dans le domaine familial de Vyra où ses premières extases — poésie, petites amoureuses, papillons — s'aimantent à jamais à travers bois et vergers. Des passions réclamant toutes cette « inviolable solitude » dont parle Proust au sujet de « la lecture, la rêverie, les larmes et la volupté » et dont Nabokov précisera, au sujet des « diverses facettes » de sa « fièvre entomologique », que « l'une d'elles était le désir aigu d'être seul, sans compagnon aucun, si tranquille fût-il, qui vînt s'immiscer dans ma façon de jouir avec concentration de ma passion. Son assouvissement, ajoute-t-il, ne souffrait aucun compromis ni aucune exception ».
- Cécile Guilbert préfaçant la réédition de 2010 des cours de littérature européenne de Vladimir Nabokov, professés entre 1941 et 1958 dans plusieurs universités américaines et réunis sous le titre Littératures.
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Littératures (1980), Vladimir Nabokov, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2010, Préface de Cécile Guilbert — Les ruses du professeur Nabokov, p. X
[modifier] Littérature
[modifier] Nouvelle
[modifier] Renée Vivien, La Dame à la Louve, 1904
La Saurienne
« Le roi et la reine des crocodiles sont mes amis intimes [...]. » « Le roi demeure à Denderah. La reine, qui est aussi puissante et plus cruelle encore que lui, a préféré s’en aller quarante lieues plus haut, afin de régner seule. Elle veut la puissance sans partage. Lui aussi aime l’indépendance ; ce qui fait que, tout en restant très bons amis, ils vivent séparés. Ils ne se rejoignent qu’à de rares intervalles, pour l’acte d’amour. »
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La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, La Saurienne, p. 123
[modifier] Roman
[modifier] Paul Auster, M. Vertigo, 1994
J'aurais repris des forces encore plus rapidement, je crois, sans la mauvaise habitude que je contractai pendant ces vacances au milieu des dunes et des cornes de brume. Depuis qu'elles avaient recouvré la liberté de se mouvoir, mes mains commençaient à faire preuve d'une remarquable indépendance. Elles ne tenaient pas en place et fourmillaient d'impatience de vagabonder et d'explorer, et j'avais beau leur répéter de rester tranquilles, elles se baladaient où ça leur chantait.
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M. Vertigo, Paul Auster (trad. Christine Le Boeuf), éd. Actes Sud, 1994, p. 185
[modifier] Philosophie
[modifier] Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal, 1886
Il faut savoir se conserver. C'est la meilleure preuve d'indépendance.
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Par-delà le bien et le mal, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Le Livre de Poche, coll. Les Classiques de Poche, 1886 (ISBN 978-2-253-05614-0), partie II, chap. « Le libre esprit », § 41, p. 116
Ce sont les instincts les plus élevés, les plus forts, quand ils se manifestent avec emportement, qui poussent l'individu en dehors et bien au-dessus de la moyenne et des bas-fonds de la conscience du troupeau, — qui font périr la notion d'autonomie dans la communauté et détruisent chez celle-ci la foi en elle-même, ce que l'on peut appeler son épine dorsale : voilà pourquoi ce seront ces instincts que l'on flétrira et que l'on calomniera le plus. L'intellectualité supérieure et indépendante, la volonté de solitude, la grande raison apparaissent déjà comme des dangers ; tout ce qui élève l'individu au-dessus du troupeau, tout ce qui fait peur au prochain s'appelle dès lors mal. L'esprit tolérant, modeste, soumis, égalitaire, qui possède des désirs mesurés et médiocres, se fait un renom et parvient aux honneurs moraux. Enfin, dans les conditions très pacifiques, l'occasion et la nécessité d'imposer au sentiment la sévérité et la dureté se font de plus en plus rares ; et, dès lors, la moindre sévérité, même en justice, commence à troubler la conscience. Une noblesse hautaine et sévère, le sentiment de la responsabilité de soi, viennent presque à blesser et provoquent la méfiance. L'« agneau », mieux encore le « mouton », gagnent en considération.
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Par-delà le bien et le mal, Friedrich Nietzsche (trad. Henri Albert), éd. Le Livre de Poche, coll. Les Classiques de Poche, 1886 (ISBN 978-2-253-05614-0), partie V, chap. « Histoire naturelle de la morale », § 201, p. 201
[modifier] Psychanalyse
[modifier] Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010
Pour le mot libertinage, à la base il s'agira d'« indépendance, refus de toute contrainte, de toute sujétion ».
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Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie Introduction, chap. Liberté génère trois mots proches mais différents : libertin, libertaire, libéral, p. 8