Impuissance
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[modifier] Littérature
[modifier] Nouvelle
[modifier] Edgar Allan Poe, Nouvelles Histoires extraordinaires, 1857
Colloque entre Monos et Una
Le coeur fatigué d'angoisses qui tiraient leur origine du désordre et de la décadence générale, je succombai à la cruelle fièvre. Après un petit nombre de jours de souffrance, après maints jours pleins de délire, de rêves et d'extases dont tu prenais l'expression pour celle de la douleur, pendant que je ne souffrais que de mon impuissance à te détromper, — après quelques jours je fus, comme tu l'as dis, pris par une léthargie sans souffle et sans mouvement, et ceux qui m'entouraient dirent que c'était la Mort.
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Nouvelles histoires extraordinaires (1857), Edgar Allan Poe (trad. Charles Baudelaire), éd. Gallimard, coll. Folio Classiques, 2006 (ISBN 978-2-07-033897-9), Colloque entre Monos et Una, p. 288
[modifier] Prose poétique
[modifier] Novalis, Hymne à la nuit, 1800
Autrefois, parmi les races diverses qui peuplent au loin le monde, un destin de fer étendait sa souveraine puissance. Des liens étroits et grossiers enchaînaient leur ame, et la terre était la patrie et le séjour de leurs dieux ; sur les montagnes de l’Orient et dans le sein de la mer, habitait le soleil, lumière vivante et répandant partout la chaleur. Un vieux géant portait le monde, et les premiers enfans de la terre reposaient sous les montagnes, avec leur rage impuissante contre les nouveaux dieux et contre les hommes ; les profondeurs de la mer renfermaient une déesse, et dans les grottes de cristal, un peuple joyeux passait une vie de voluptés [...]. Le vin était meilleur, versé par les mains de la jeunesse, un dieu était dans la grappe, une déesse dans les gerbes, et la plus belle habitante de l’Olympe avait dans ses attributions les doux frémissemens de l’amour.
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« Hymne à la nuit », Novalis, Nouvelle revue germanique, nº 14, 1833, p. 236
[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927
Faiseurs d’épitaphes, marbriers, orateurs funèbres, marchands de couronnes, toute votre engeance funéraire est impuissante à briser le vol souverain de ma vie projetée, sans raison et sans but, plus loin que les fins de mondes, les Josaphat’s Kermesses et les biographies.
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La liberté ou l'amour ! (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), VI. Pamphlet contre la mort, p. 62
[modifier] Psychologie
[modifier] Mary Esther Harding, Les Mystères de la femme, 1953
[...] s'il en reste à un stade relativement infantile au lieu d'incorporer à sa propre psyché les qualités émotionnelles et sentimentales qui devraient lui être transmises par son anima, [l'homme] s'obstine à les chercher hors de lui-même dans leur projection sur une femme, ses rapports avec le principe féminin demeurent inconscients et lui, de ce fait, puéril.
Il pourra chercher tant qu'il voudra des femmes toujours plus jeunes, toujours plus idéalement belles, il restera insatisfait, peut-être même se révélera-t-il impuissant. Il espère encore trouver une satisfaction émotionnelle sous une forme qu'il aurait dû dépasser, il s'accroche vainement à des manières de sentir infantiles. Sa puérilité consiste à croire que la femme qui, pour le moment, lui tient lieu d'anima, comblera son besoin de satisfaction émotionnelles et sexuelles. Il s'attend à ce qu'elle lui donne l'amour dont il a besoin, au lieu de se rendre compte que chez un être adulte l'amour ne peut se libérer de l'engagement instinctuel primitif qu'après de longs efforts, répétés et conscients. Il espère que la vie lui donnera ce qu'il désire, qu'elle sera une mère pour lui. C'est cet espoir même, cependant, qui le prive de sa virilité. C'est selon les termes de l'ancien rite, une castration due à la mère.
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Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 2-228-89431-1), chap. XIII. Le sacrifice du fils, p. 297
[modifier] Paul-Claude Racamier, Pensée perverse et décervelage, 1992
Mouvement pervers narcissique
Aussi bien, dès qu’un brin de créativité passe, voit-on bientôt accourir un pervers, dans l’espoir d’y planter son bec : impuissant mais manoeuvrier, infécond mais prédateur.
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Pensée perverse et décervelage, 1992, Mouvement pervers narcissique Plaisir manipulatoire, et faire-valoir narcissique, dans [1], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.
[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006
Évolutions et séquelles d'une relation d'emprise
Quoi qu’elle fasse, la victime d’une relation d’emprise sera toujours pour l’initiateur de la violence un objet de haine et de mépris. La victime ne peut rien faire pour modifier la relation et doit accepter son impuissance. Il faut donc qu’elle ait une image suffisamment bonne d’elle-même pour que les agressions répétées qu’elle subit ne remettent pas en cause son identité.
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La relation d'emprise dans le soin, 2006, Évolutions et séquelles d'une relation d'emprise : Sortir de la relation d'emprise, dans [2], paru Textes Psy, Cédric Roos.
[modifier] François Marty, Les grands concepts de la psychologie clinique, 2008
La projection
La projection est à l'oeuvre lorsque les systèmes mythiques explicatifs du monde ou de l'environnement auxquels j'adhère me mettent à l'abri d'un ressenti désagréable d'angoisse ou d'impuissance, ou explicitent celui-ci dans le but ultime d'en méconnaître les véritables causes. Dans la biographie qu'il lui consacre, Jones (1975) fait ainsi dire à Freud « que la raison est terriblement austère et sombre, et qu'une petite superstition peut avoir quelque charme ».
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 1. Espace de définition, p. 69