Hurlement
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[modifier] Littérature
[modifier] Essai
[modifier] Léon Bloy, Sur la tombe de Huysmans, 1913
Huysmans et son dernier Livre
Quand des livres tels que celui dont il vient d’être si longuement parlé font écho à l’état moral de tout un monde, il se peut très bien qu’à l’aurore on ait entendu d’harmonieux soupirs, mais le soir — c’est un hurlement !
- Il est ici question du roman de Joris-Karl Huysmans : En Rade.
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Sur la tombe de Huysmans, Léon Bloy, éd. Paris, coll. Collection des Curiosités littéraires, 1913, Avant la Conversion : Huysmans et son dernier Livre, p. 44
[modifier] Manifeste
[modifier] Jean Koppen, Religion ! — Promenade des séminaristes, 1929
Dans le métro, à une heure d'affluence, si vous êtes à côté d'un prêtre, ne le prenez pas à partie immédiatement, mais au bout d'une ou deux stations, vous commencez à hurler, en lui foutant un coup de poing en pleine gueule « Vieux porc, vous n'avez pas fini de me peloter ! » La foule écoute alors vous déclarez : « C'est la troisième fois cette semaine qu'un curé me fait des propositions, et dire qu'on envoie les enfants au catéchisme ! » Vous pouvez ainsi insulter et même rosser un curé sans être lynché et, de plus, vous donnez à quelques personnes un exemple réel de l'ignoble hypocrisie des prêtres. »
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Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l'action (1991), Jean-Luc Rispail, éd. Gallimard, coll. Découverte Gallimard Littérature, 2000 (ISBN 2-07-053140-6), chap. Témoignages et documents, Jean Koppen — Religion ! — Promenade des séminaristes, in La Révolution surréaliste, n°12, 15 décembre 1929, p. 169
[modifier] Nouvelle
[modifier] Renée Vivien, La Dame à la Louve, 1904
La Dame à la Louve
La Dame à la Louve, très calme, regardait les flots blancs… Oh ! plus blancs que la neige au crépuscule ! Et, assise sur son derrière, Helga hurlait comme une chienne. Elle hurlait lamentablement, comme une chienne à la lune… Elle comprenait…
Je ne sais pourquoi ces hurlements me glacèrent plus encore que le bruit du vent et des flots… Elle hurlait à la mort, cette sacrée louve du diable ! Je voulus l’assommer pour la faire taire, et je cherchai une planche, un espar, une barre de fer, quelque chose enfin pour l’abattre sur le pont… Je ne trouvai rien…
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La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, La Dame à la louve, p. 18
… Elles étaient à une courte distance de la terre, lorsque la Dame, épuisée, se tourna vers Helga, comme pour lui dire : « Je suis à bout… »
Et voici que se passa une chose douloureuse et solennelle. La louve, qui avait compris, prolongea vers la terre proche et inaccessible son hurlement de désespoir… Puis, se dressant, elle posa ses deux pattes de devant sur les épaules de sa maîtresse, qui la prit entre ses bras… Toutes deux s’abîmèrent dans les flots…
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La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, La Dame à la louve, p. 22
La Soif ricane
Je crus pendant une seconde qu’elle était devenue folle, elle aussi. Et je hurlai de joie, semblable à un Indien qui se venge. Elle ne se troubla point. Elle était habituée à mon humeur fantasque. Elle me méprisait trop pour me craindre.
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La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, La Soif ricane, p. 35
[modifier] Poésie
[modifier] Paul Eluard , Capitale de la douleur, 1926
A la flamme des fouets
Par les fentes de ton sourire s'envole un animal hurleur.
Qui ne jouit que dans les hauteurs.
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Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1926), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Nouveaux poèmes, A la flamme des fouets, p. 102
[modifier] Prose poétique
[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924
Tu m'entraîneras plus loin qu'où je n'ai pu aller, et tes bras seront des grottes hurlantes de jolies bêtes et d'hermines.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 23, p. 92
[modifier] Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958
Être naturel
La dernière minute vivante redresse sa crête rouge. Le hurlement de l'incendie rebondit de mur en mur, d'infini en infini.
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Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Être naturel — II, p. 105
[modifier] Roman
[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937
Teide admirable, prends ma vie ! Tourne sous ces mains rayonnantes et fais miroiter tous mes versants. Je ne veux faire avec toi qu'un seul être de ta chair, de la chair des méduses, qu'un seul être qui soit la méduse des mers du désir. Bouche du ciel en même temps que des enfers, je te préfère ainsi énigmatique, ainsi capable de porter aux nues la beauté naturelle et de tout engloutir. C'est mon coeur qui bat dans tes profondeurs inviolables, dans cette aveuglante roseraie de la folie mathématique où tu couves mystérieusement ta puissance. Daignent tes artères, parcourues de beau sang noir et vibrant, me guider longtemps vers tout ce que j'ai à connaître, à aimer, vers tout ce qui doit faire aigrette au bout de mes doigts ! Puisse ma pensée parler par toi, par les mille gueules hurlantes d'hermines en quoi tu t'ouvres là-haut au lever du soleil !
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L'Amour fou, André Breton, éd. Gallimard, 1976 (ISBN 978-2070367238), p. 141 (voir la fiche de référence de l'œuvre)