Humiliation
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[modifier] Littérature
[modifier] Écrit intime
[modifier] Anaïs Nin, Henry et June — Les cahiers secrets, 1986
Janvier (1932)
Les questions d'Eduardo me rendent folle. Impitoyablement, il observe la façon dont je m'humilie. Je ne me suis pas étendue sur les succès qui pourraient faire ma gloire. Il me fait souvenir que mon père m'a battue, que mon premier souvenir de lui est celui d'une humiliation. Il avait dit que j'étais laide après ma fièvre typhoïde. J'avais perdu du poids — et mes boucles.
Qu'est-ce qui me rend malade maintenant ? June. June et son charme funeste. Elle s'est droguée ; elle aimait une femme ; elle parle comme un flic lorsqu'elle raconte des histoires. Et pourtant, elle a conservé une incroyable sentimentalité, tendre et démodée : « Donnez-moi le parfum que j'ai senti chez vous. En montant la côte qui mène à votre maison dans la nuit, j'étais en extase. »
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Henry et June — Les cahiers secrets (1986), Anaïs Nin (trad. Béatrice Commengé), éd. Stock, 2007 (ISBN 978-2-234-05990-0), Janvier (1932), p. 35
[modifier] Psychanalyse
[modifier] Alberto Eiguer, Le Pervers narcissique et son complice, 1989
Le Champ de la perversion narcissique
Le farceur et le mystificateur, des caractères plus proches du pervers-narcissique, présentent trois traits spécifiques.
1. « Besoin d'inspirer de la panique ou de l'angoisse chez les autres. »
2. « Gratification agressive et sentiment de pouvoir qui naissent de la réalisation de la mystification. »
3. « Plaisir de révéler la mystification. »
Autrement dit, leur plaisir est double devant l'humiliation de la victime, une première fois en la trompant, une deuxième fois en lui signalant son erreur. Ils ont une très forte tendance au jeu, à créer un scénario fantasmatique dans lequel l'angoisse de castration est momentanément soulagée, du fait de son apparition chez quelqu'un d'autre.
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Le pervers narcissique et son complice, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 1989 (ISBN 2 10 002843 X), partie I. Le Champ de la perversion narcissique, chap. Définition et description générale, Différences avec le sadisme, p. 9
[modifier] Alberto Eiguer, Psychanalyse du libertin, 2010
Libertinage et prédation
Pour un pervers-narcissique, humilier autrui est en accord avec son besoin de se trouver quelqu'un qui soit persuadé de valoir « moins que lui ». Il parvient ainsi à sentir sa supériorité. Dans les termes du sadisme, l'humiliation nourrit une jouissance.
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Psychanalyse du libertin, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 2010 (ISBN 978-2-10-054958-0), partie II. Libertinage et prédation, chap. Invitation à la débauche, Cruautés, p. 139
[modifier] Psychologie
[modifier] Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, Les Perversions sexuelles et narcissiques, 2005
Introduction
Pour le psychopathologue, le terme « perversion » recouvre à la fois un type d'acte, une conduite sexuelle (perversion sexuelle), un caractère pathologique, un mode de relation à l'autre teinté de manipulation. Par extension, le terme « perversion » peut concerner aussi des sujets qui n'ont pas de comportements sexuels inhabituels, mais un mode de jouissance reposant sur la souffrance, l'humiliation, l'instrumentation de l'autre : registre de la perversion « morale » ou « narcissique » qui procéderait d'un noyau commun à toutes les perversions. Ce sont alors la domination et la disqualification du moi d'autrui qui sont cherchées.
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Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), Introduction, p. 7
[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006
Modèle systémique
Nous sommes des esclaves, certes, privés de tout droit, en butte à toutes les humiliations, voués à une mort presque certaine, mais il nous reste encore une ressource et nous devons la défendre avec acharnement parce que c’est la dernière : refuser notre consentement (Levi, 1947).
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La relation d'emprise dans le soin, 2006, Modèle systémique : Violence punition dans une relation complémentaire avec symétrie latente Relation complémentaire, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.