Hauteur
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[modifier] Littérature
[modifier] Poésie
[modifier] Paul Eluard , Capitale de la douleur, 1926
À la flamme des fouets
Par les fentes de ton sourire s'envole un animal hurleur.
Qui ne jouit que dans les hauteurs.
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Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1926), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Nouveaux poèmes, À la flamme des fouets, p. 102
[modifier] Paul Eluard , L'Amour la poésie, 1929
Bouquet des sèves
Bouquet des sèves le brasier que chevauche le vent
Fumées en tête les armées de la prise du monde
L'écume des tourments aériens la présence
Les attaches du front le plus haut de la terre.
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Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1929), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Comme une image, III. Bouquet des sèves, p. 203
Ma mémoire
L'on vit de ce qu'on n'apprend pas
Comme une abeille dans un obus
Comme un cerveau tombant de haut
De plus haut.
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Capitale de la douleur suivi de L'amour la poésie (1929), Paul Eluard, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1966 (ISBN 978-2-07-030095-2), partie Défense de savoir, VI. Ma mémoire, p. 223
[modifier] Prose poétique
[modifier] René Char, Fureur et mystère, 1948
Le Bulletin des baux
Ta dictée n'a ni achèvement ni fin. Souchetée seulement d'absences, de volets arrachés, de pures inactions.
Juxtapose à la fatalité la résistance à la fatalité. Tu connaîtras d'étranges hauteurs.
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Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie LE POEME PULVERISE (1945-1947), Le Bulletin des baux, p. 188
[modifier] Roman
[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937
De ce paysage passionné qui se retirera un jour prochain avec la mer, si je ne dois enlever que toi aux fantasmagories de l'écume verte, je saurai recréer cette musique sur nos pas. Ces pas bordent à l'infini le pré qu'il nous faut traverser pour revenir, le pré magique qui cerne l'empire du figuier. Je ne découvre en moi d'autre trésor que la clé qui m'ouvre ce pré sans limites depuis que je te connais, ce pré fait de la répétition d'une seule plante toujours plus haute, dont le balancier d'amplitude toujours plus grande me conduira jusqu'à la mort. La mort, d'où l'horloge à fleurs des campagnes, belle comme ma pierre tombale dressée, se remettra en marche sur la pointe des pieds pour chanter les heures qui ne passent pas. Car une femme et un homme qui, jusqu'à la fin des temps, doivent être toi et moi, glisseront à leur tour sans se retourner jamais jusqu'à perte de sentier, dans la lueur oblique, aux confins de la vie et de l'oubli de la vie, dans l'herbe fine qui court devant nous à l'arborescence. Elle est, cette herbe dentelée, faite des mille liens invisibles, intranchables, qui se sont trouvés unir ton système nerveux au mien dans la nuit profonde de la connaissance.
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L'Amour fou, André Breton, éd. Gallimard, 1976 (ISBN 978-2070367238), p. 119 (voir la fiche de référence de l'œuvre)