Jean-Christophe Rufin

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Jean-Christophe Rufin, né à Bourges dans le Cher le 28 juin 1952 est voyageur, médecin, écrivain et diplomate français, membre de l'Académie française. Ancien directeur d'Action contre la faim, il est actuellement ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie.

[modifier] Globalia, 2005

La presse est libre, vous le savez. Elle est libre et responsable. Quand une vérité se dégage, il faut la respecter.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), Pujols à l'Universal Herald, p. 120


sous les apparences du rêve, ce qu'ils trouveront ici, c'est la réalité. (...) C'est exactement le contraire de ce qu'ils peuvent voir sur les écrans.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), association Walden, p. 186


Sa mémoire était immense et ce seul détail le rendait encore plus différent des Globaliens que ses haillons ne pouvaient le laisser supposer.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), le Fraiseur, p. 218-219


On leur avait donné une maison qui dominait un lac aussi grand qu'une mer. On leur avait offert une voiture et des objets de toutes sortes. Chaque matin, son aïeul était invité à se rendre dans une espèce de temple gigantesque où il accomplissait des gestes rituels.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), ancêtre des Fraiseurs chez Ford, à Detroit, p. 220-221


Il était sincèrement convaincu de la chance qu'il avait de vivre dans une démocratie parfaite. Voilà que peu à peu, il se mettait à douter et cela le rendait mal à l'aise. Il trouvait à la foule un air avachi. Comme à l'ordinaire et malgré la fête, des flots de badauds sortaient des centres commerciaux, poussant des chariots remplis de choses inutiles et douces. A peine assouvis, ces désirs artificiels seraient tout aussi tôt trahis : (...) L'obsolescence programmée des choses faisait partie de la vie. Il était acquis qu'elle entretenait le bon fonctionnement de l'économie.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), Pujols, p. 250


C'est pourtant clair. En Globalia, tout semble à la fois bouger sans cesse et rester immobile. Il n'y a que deux dimensions : le présent, c'est-à-dire la réalité, et le virtuel où l'on fourre tout ensemble l'imaginaire, le futur et le peu qu'il reste du passé.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), Paul Wise à Walden, p. 279


il avait une envie profonde de s'autoriser la sincérité. Un instant, il se sentit vieux, misérable et sale, impuissant surtout, terriblement impuissant.
— Le Président, soupira-t-il… Croyez-vous qu'il ait la moindre autorité sur ces choses ?
(…)
— Vous savez ce que c'est notre métier ? commença-t-il. Du théâtre, voilà tout. Nous représentons, cela dit bien ce que cela veut dire.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), Kate chez le sénateur, p. 290-291


C'est la grande sagesse du peuple, voyez-vous. Les gens ne se dérangent que pour les élections qui ont un sens.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), Kate chez le sénateur, p. 292


Ils étaient comme deux voyageurs tranquillement accoudés sur le pont d'un bateau qui regardent quelqu'un se débattre dans la mer. Un fond d'horreur se lisait dans leurs yeux mais ils avaient le calme de ceux qui acceptent d'un coeur égal leur heureux destin et la tragédie des autres.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), Kate chez le sénateur, p. 293


les armes sont la seule denrée que Globalia exporte en grande quantité vers les non-zones.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), Baïkal chez les Déchus, p. 354


Désormais, il voyait en Globalia un ennemi, une construction humaine retournée contre les hommes, un édifice fondé sur la liberté mais qui écrasait toute liberté, un monstre politique à détruire.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), Baïkal chez les Fraiseurs, p. 377


L'ennemi, c'est celui qui vous hait et veut vous détruire, l'adversaire, c'est celui qui vous aime et veut vous transformer. Les démocraties cultivent leurs ennemis ; elles liquident leurs adversaires.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), Réunion des oligarques, p. 470


La liberté c'est la sécurité, la sécurité c'est la surveillance, donc la liberté c'est la surveillance.

  • Globalia, Jean-Christophe Rufin, éd. Folio, 2005 (ISBN 2-07-0309018-5), Pujols à l'Universal Herald, p. 120