Gaulois
Le terme de Gaulois désigne les populations protohistoriques de langue celtique qui résidaient en Gaule (Gallia en latin), c'est-à-dire approximativement sur les territoires actuels de la France, de la Belgique, de l'Allemagne (rive gauche du Rhin), de la Suisse et de l'Italie du Nord, probablement à partir de l'âge du bronze (IIe millénaire av. J.-C.).
[modifier] Jean-Louis Brunaux
Nous savons désormais que les Gaulois ne sont en fin de compte que des ancêtres parmi d'autres. Notre généalogie est infiniment plus ancienne et plus diversifiée qu'on ne l'imaginait il y a quelques décennies. [...] Dès le Ve siècle avant J.-C, les peuples de la Gaule, lointains héritiers des temps préhistoriques, avaient commencé de se mêler aux Ibères, aux Ligures, aux Phocéens. Ils ne cesseraient plus de le faire pendant deux millénaires et demi, ajoutant à la liste les Romains, les peuples germaniques, les Sarrasins, les Anglais et jusqu'aux immigrés des deux derniers siècles.
-
« Nos pseudo-ancêtres », Jean-Louis Brunaux, Le Point, nº 1978, jeudi 12 aôut 2010, p. 48-79
[modifier] Suzanne Citron
L'histoire de France traditionnelle nous a masqué le caractère "multinational" du royaume de France. Le mythe des ancêtres Gaulois revenait à dire que tous les Français avaient la même origine par le biais d'un ancien peuple, parlant une même langue, ayant les mêmes coutumes. On gommait ainsi plus de mille ans de brassages ethnique, culturel et politique !
-
L'Histoire de France autrement, Suzanne Citron, éd. Editions de l'Atelier, 1992, p. 63
L’école gratuite, obligatoire et laïque a fait croire aux Français qu’ils descendent des Gaulois. Le Petit Lavisse, le manuel phare de la 3e République, commençait ainsi: "Autrefois, notre pays s’appelait la Gaule et ses habitants, les Gaulois." [...] Cette lecture du passé français à travers la grille d’une Gaule qui préfigurerait la "nation" est obsolète et non sans effets pervers. D’une part elle conditionne spatialement le passé autour du seul Hexagone, excluant de ce passé tout ce qui géographiquement lui est extérieur, comme les Antilles ou même la Corse. Elle confère à la durée de la présence sur le sol hexagonal présumé "gaulois" une vertu quasi-magique au nom d’une antériorité généalogique qui serait synonyme de supériorité. [...] D’autre part, et c’est le plus grave, l’idée d’une souche gauloise ethnicise fantasmatiquement la "véritable" nation et nie la diversité raciale et culturelle qui a constamment accompagné la création historique de la France. [...] L’histoire de la France "Gaule" et d’un peuple français d’origine "gauloise" fabriquée au XIXe siècle correspond à la vision des fondateurs de la République et garantit à leurs yeux l’unité et l’indivisibilité nationale. [...] Mais cette histoire de la France "Gaule" est aujourd’hui obsolète pour décrypter une identité française aux multiples racines post-coloniales et mondiales.
-
Suzanne Citron, 23 juin 2008, dans Nos ancêtres les Gaulois": ils sont fous ces historiens!, paru Rue89.
Autres projets: