Fuite
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[modifier] Littérature
[modifier] Prose poétique
[modifier] André Gide, Les Nouvelles Nourritures, 1919
O toi que j'aime, enfant ! je te veux entraîner dans ma fuite. D'une main prompte saisis le rayon ; voici l'astre. Accours ! Déleste-toi. Ne laisse plus le poids du plus
léger passé t'asservir.
- Cette citation provient d'une revue dirigée par André Breton.
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« Les Nouvelles Nourritures », André Gide, Littérature, nº 1, Mars 1919, p. 2
[modifier] Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924
Le fossoyeur se souvient que c'est lui qui, jadis, alors que ses oreilles ne tressaillaient guère, tua à cet endroit la taupe reine dont la fourrure immense revêtit, tour à tour, ses maîtresses d'une armure de fer mille fois plus redoutable que la fameuse tunique de Nessus et contre laquelle ses baisers prenaient la consistance de la glace et du verre et dans le chanfrein de laquelle, durant des nuits et des nuits, il constata la fuite lente et régulière de ses cheveux doués d'une vie infernale.
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La liberté ou l'amour ! suivi de Deuil pour deuil (1924), Robert Desnos, éd. Gallimard, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), p. 138
[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924
Un bâtiment est la cloche de nos fuites : la fuite à cinq heures du matin, lorsque la pâleur assaille les belles voyageuses du rapide dans leur lit de fougère, la fuite à une heure de l'après-midi en passant par l'olive du meurtre.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 1, p. 28
[modifier] Roman
[modifier] Charles Robert Maturin, Melmoth — L'homme errant, 1820
— Isidora ! voulez-vous fuir avec moi ? Voici le moment. Tous les bras sont paralysés ; tous les esprits sont glacés !
Isidora, levez-vous et fuyons ! Voici l'heure de votre sûreté !
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Melmoth — L'homme errant (1820), Charles Robert Maturin (trad. Jacqueline Marc-Chadourne), éd. Phébus, coll. Libretto, 1996 (ISBN 978-2-85-940553-3), Histoire des amants, p. 590
[modifier] Psychologie
[modifier] Jean Gortais, Processus de la schizophrénie, 2002
Dans la névrose un fragment de la réalité est évité sur le mode de la fuite ; dans la psychose, il est reconstruit. Ou : dans la psychose, la fuite initiale est suivie d'une phase active, celle de la reconstruction, dans la névrose, l'obéissance initiale est suivie, après coup, d'une tentative de fuite. Ou encore : la névrose ne désire pas la réalité, elle veut seulement ne rien savoir d'elle ; la psychose la désire et cherche à la remplacer.
- Extrait du second texte freudien élaboré à ce sujet, « La perte de réalité dans la névrose et dans la psychose » (1924).
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Processus de la schizophrénie (2002), Catherine Azoulay/Catherine Chabert/Jean Gortais/Philippe Jeammet, éd. Dunod, coll. Psycho Sup, 2002 (ISBN 2-10-004780-9), chap. I « Approche historique d'une psychopathologie psychanalytique de la schizophrénie (Jean Gortais) », 4. Narcissisme et perte de réalité, p. 18