Flûte

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Le terme flûte désigne tous les instruments à vent dont le souffle de l'interprète se brise sur un biseau.

Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Roman

[modifier] Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900

[...] dans le silence favorable, s’éleva un prélude de violons. Les violes et les violoncelles unirent à cette plainte suppliante un plus profond soupir. N’était-ce pas, après la flûte et le crotale, après les instruments orgiaques dont les sons troublent la raison et provoquent le délire, n’était-ce pas l’auguste lyre dorienne, grave et suave, harmonieux support du chant ? Ainsi du bruyant Dithyrambe était né le Drame. La grande métamorphose du rite dionysiaque, la frénésie de la fête sacrée devenant la créatrice inspiration du poète tragique, était figurée dans cette alternance musicale. L’ardent souffle du dieu thrace avait donné la vie à une forme sublime de l’Art. La couronne et le trépied, prix décernés à la victoire du poète, avaient remplacé le bouc lascif et la corbeille de figues attiques. Eschyle, gardien d’une vigne, avait été visité par le dieu, qui lui avait infusé son esprit de flamme.

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 56


[modifier] Citations

La musique de l'orgue à bouche paraît merveilleuse. On aime à l'écouter, par exemple, lorsqu'on se promène en voiture au clair de lune. Cependant, l'instrument est encombrant et la manière dont on s'en sert est déplaisante. Quelle figure a celui qui en joue ! Mais à ce propos, il faut dire qu'avec la flûte traversière, également, il y a bien des façons de souffler qui n'embellissent pas le musicien.

  • Notes de chevet (~995-1005), Sei Shōnagon (trad. André Beaujard), éd. Gallimard / Unesco, 2007, p. 232


Un âne, en broutant ses chardons,
Regardait un pasteur jouant, sous le feuillage,
D'une flûte dont les doux sons
Attiraient et charmaient les bergers du bocage.
Cet âne mécontent disait : Ce monde est fou !
Les voilà tous, bouche béante,
Admirant un grand sot qui sue et se tourmente
A souffler dans un petit trou.

  • « L'âne et la flûte », dans Œuvres, Florian, éd. Firmin-Didot, 1865, p. 129


On dit pour se moquer d'un homme qui raisonne mal, qu'il raisonne juste et quarré comme une flûte.

  • Dictionnaire comique, satyrique, critique, burlesque, libre et proverbial, Philibert Joseph Le Roux, éd. Beringos, 1752, t. 2, p. 172


Prends garde, douce amie, à la Thessalienne
Qui s’accoude le soir, auprès de la fontaine
A jouer de la flûte en se penchant sur l’eau,

  • « Cautus Incautae », dans Les jeux rustiques et divins, Henri de Régnier, éd. Mercure de France, 1897, p. 34


La flûte exige une exacte position du tronc, des bras, des doigts, un placement précis des lèvres et du souffle. Quelques millimètres d'écart, tout change. Un peu plus un peu moins d'air, de langue, de tension des lèvres, d'avancement des dents, de salive, d'inclinaison de tête, un peu plus un peu moins de souplesse du pouce, de pression des doigts, un peu plus un peu moins, surtout, de présence de soi, de rassemblement, de cohésion, de nouveau tout passe d'un monde à un autre. De l'aérien à l'englué, ou inversement du boueux au parfait.

  • Dernières nouvelles des choses, Roger-Pol Droit, éd. Odile Jacob, 2003, p. 190


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