Ethno-différencialisme

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L’ethno-différencialisme (ou différencialisme) est un concept théorisé par la Nouvelle droite et ses adversaires (afin de désigner les positions de celle-ci relativement à la différence). Antithèse de l'universalisme abstrait qui s'oppose aux différences et aux particularismes, il prône la reconnaissance d'un héritage culturel propre à chaque peuple (ethnie) qui mérite d'être reconnu et préservé par les institutions politiques.

[modifier] Citations

Les bons sentiments ne servent en rien à lutter contre le racisme, puisque le racisme repose sur des faits objectifs : il est, par exemple, établi que des populations différentes mises en contact sur des territoires contigus ou qui se chevauchent génèrent des réactions d'agressivité. Les "primitifs" savent cela très bien.


Ce qui nous menace, c'est un mélange d'une monotonie atroce : tuer une langue, tuer une culture, tuer une ethnie, c'est vraiment détruire une des possibilités de l'avenir du genre humain. Il y a encore des peuples qui luttent pour être eux-mêmes, pour se maintenir. Toutes cette question, qu'on débat tellement aujourd'hui au nom du libéralisme, du mariage mixte entre religions entre races et, beaucoup plus simple, entre traditions, entre cultures locales, est très complexe et marche souvent très mal (…) Je crois que la vraie menace n'est pas le racisme, c'est au contraire, une espèce de standardisation vers le plus bas niveau.

  • « Émission Apostrophe », George Steiner [[1]], Antenne 2, 9 octobre 1981


Être différentialiste, en effet, c'est être pour le respect des différences, des variétés, des couleurs, des traditions et donc hostiles à toutes les tentatives d'uniformiser le globe, de peindre le monde en gris, de sérialsier outrancièrement les gestes de la vie quotidienne et les réflexes de la pensée.


Être différentialiste, c'est être fondamentalement tolérant et non pas superficiellement tolérant comme se piquent de l'être beaucoup de vedettes du prêt-à-penser. Être différentialiste, c'est respecter les forces numinales qui vivent en l'autre, de respecter les valeurs qui l'animent et s'incarnent en lui selon des modalités différentes des nôtres.


Être différentialiste, c'est donc être hostile à cette sérialisation planétaire à l'oeuvre depuis plus d'un siècle, c'est refuser que tous les peuples soient soumis indistinctement aux même règles dites universelles. C'est reconnaître à chaque communauté le droit de se déveopper selon ses rythmes propres.


Sans l'"autre" contre lequel se mesurer, l'identité est dépariée, mutilée. Voilà une objection irrécusable à jeter au visage de ceux qui soutiennent que l'affirmation de l'identité au niveau personnel ou ethnique est un attentat contre le droit des autres. Se vouloir en voulant l'autre. Se définir et se créer sans cesse non seulement en tolérant l'autre, mais en l'aimant non pas comme une image imparfaite de nous-mêmes (impérialisme culturel qui conduit aux pires aliénations racistes), mais comme une antithèse indispensable. Aimer et promouvoir la différence, la nôtre en même temps que celle de tous les autres, et ne rechercher dans le conflit que l'affirmation et le choc des différences qui se respectent (et se tiennent en respect) au lieu de viser à les abolir : voilà le moyen de renvoyer dos à dos toutes les utopies assimilationnistes qui, depuis l'ascension du judéo-christianisme, ont accusé et meurtri toutes les cultures en leur déniant le droit d'être elles-mêmes, et tous les grands individus dans la mesure où ils n'étaient pas membres du troupeau.

  • Jacques Marlaud, Le Renouveau païen dans la pensée française, Éditions du Labyrinthe, Paris, 1986, rééd. L'Æncre, Paris, 2010, p. 182


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