Enfance
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L'enfance est un stade du développement humain précédant l'âge adulte. Au sens strict, elle ne comprend pas l'adolescence.
Cependant, le mot a souvent été employé dans un sens plus large, et l'on a parfois parlé d'enfants de quinze ou seize ans. C'est donc le contexte, l'époque et l'usage de chaque auteur qui permet éventuellement de savoir comment doivent être compris les termes « enfance » ou « enfant ».
L'enfance à proprement parler comporte plusieurs stades : nouveau-né et nourrisson (bébé), puis la petite enfance ; elle se termine par la préadolescence.
[modifier] Roger Peyrefitte, L'Oracle (1948)
Prince d'Elbassan :
[...] rien ne m'est plus délassant que la compagnie des enfants. Ils me rendent le goût de vivre. Je ne crois à la vie qu'en les regardant, comme ce Romain qui ne croyait au printemps que lorsque les roses étaient venues.
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L'Oracle, Roger Peyrefitte, éd. Jean Vigneau, 1948, p. 224 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Prince d'Elbassan :
En France, plus encore que partout ailleurs, les enfants sont regardés comme des objets sacrés, qui ne doivent pas quitter le tabernacle. L'homme qui s'intéresse à eux est toujours suspect.
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L'Oracle, Roger Peyrefitte, éd. Jean Vigneau, 1948, p. 226 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Citation choisie citation du jour pour le 22 avril 2009.
Prince d'Elbassan :
Les enfants nous montrent l'Amour et ne peuvent nous le faire atteindre. Ils n'en sont que l'image, mais c'est ce qui m'attache à eux, pour ce que chacun d'eux en reflète, quelques instants. Cette image de l'Amour, c'est celle de notre propre enfance, morte à jamais en nous, à jamais immortelle en eux.
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L'Oracle, Roger Peyrefitte, éd. Jean Vigneau, 1948, p. 233 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Prince d'Elbassan :
Ma satisfaction à moi, c'est de peser l'âme des enfants.
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L'Oracle, Roger Peyrefitte, éd. Jean Vigneau, 1948, p. 248 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Prince d'Elbassan :
Dans presque tout système d'éducation, on part de ce principe que tous les enfants sont suspects, comme partout est suspect un homme qui s'intéresse à eux. En les surveillant à l'excès, on leur rend désirable ce dont il est question de les détourner.
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L'Oracle, Roger Peyrefitte, éd. Jean Vigneau, 1948, p. 250 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Prince d'Elbassan :
Les enfants sont comme les sages [...] : ils ne peuvent rien faire de mal. Fourbes, ils restent francs ; gourmands, ils restent sobres ; impurs, ils restent purs.
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L'Oracle, Roger Peyrefitte, éd. Jean Vigneau, 1948, p. 251 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Prince d'Elbassan :
« Impudique », « obscène », que ces mots paraissent misérables ! Je ne sais si j'ai une âme d'enfant ou une âme de païen, mais je ne puis absolument rien voir ni concevoir d'obscène ni d'impudique.
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L'Oracle, Roger Peyrefitte, éd. Jean Vigneau, 1948, p. 252 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Prince d'Elbassan :
Ne voyez-vous donc pas que le secret d'une éducation bien dirigée, c'est de prévenir, non la pratique, mais la connaissance du mal ? Loin de la prévenir, vous l'induisez, par des conseils et des sanctions. Il faut faire confiance à des êtres sains et bien portants. Il ne faut les surveiller que par manière d'acquit, ou, comme moi, par plaisir, mais certainement pas par conviction. Aucune surveillance ne les empêchera d'être ce qu'ils sont.
J'ai cru, deux ou trois fois, dans mon enfance, perdre ma qualité d'enfant, et je me souviens de la joie que je ressentis, en me rendant compte que j'avais passé dans le feu sans me brûler, dans la boue sans me crotter et par les piques sans me piquer.
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L'Oracle, Roger Peyrefitte, éd. Jean Vigneau, 1948, p. 254 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Michel Tournier, Le Roi des aulnes (1970)
Abel Tiffauges :
Il reprochait aux bons pères – pasteurs de jeunes garçons par profession pourtant – d'ignorer qu'un enfant n'est beau que dans la mesure où il est possédé, et qu'il n'est possédé que dans la mesure où il est servi. L'Enfant Jésus sur les épaules de Christophe est à la fois porté et emporté. C'est là tout son rayonnement. Il est enlevé de vive force, et très humblement et péniblement soutenu au-dessus des flots grondants. Et toute la gloire de Christophe est d'être à la fois bête de somme et ostensoir. Dans la traversée du fleuve, il y a du rapt et de la corvée.
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Le Roi des aulnes, éd. Gallimard, 1970, p. 59 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Abel Tiffauges :
Je ne crois pas que les enfants aient un sens esthétique très développé. On ferait d'étranges découvertes, je pense, si l'on s'avisait d'enquêter parmi eux pour savoir ce qu'ils entendent par beau et laid. Mais la plupart sont sensibles au prestige de la force, et plus encore à celui d'une force secrète, magique, celle qui sait peser sur les points faibles de la grise réalité pour la faire céder par pans entiers et l'obliger à livrer les trésors qu'elle cache.
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Le Roi des aulnes, éd. Gallimard, 1970, p. 67 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Abel Tiffauges :
L'enfant de douze ans a atteint un point d'équilibre et d'épanouissement insurpassable qui fait de lui le chef-d'œuvre de la création. Il est heureux, sûr de lui, confiant dans l'univers qui l'entoure et qui lui paraît parfaitement ordonné. Il est si beau de visage et de corps que toute beauté humaine n'est que le reflet plus ou moins lointain de cet âge. Et puis, c'est la catastrophe. Toutes les hideurs de la virilité – cette crasse velue, cette teinte cadavérique des chairs adultes, ces joues râpeuses, ce sexe d'âne démesuré, informe et puant – fondent ensemble sur le petit prince jeté à bas de son trône. Le voilà devenu un chien maigre, voûté et boutonneux, l'œil fuyant, buvant avec avidité les ordures du cinéma et du music-hall, bref un adolescent.
Le sens de l'évolution est clair. Le temps de la fleur est passé. Il faut devenir fruit, il faut devenir graine. Le piège matrimonial referme bientôt ses mâchoires sur le niais. Et le voilà attelé avec les autres au lourd charroi de la propagation de l'espèce, contraint d'apporter sa contribution à la grande diarrhée démographique dont l'humanité est en train de crever. Tristesse, indignation. Mais à quoi bon ? N'est-ce pas sur ce fumier que naîtront bientôt d'autres fleurs ?
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Le Roi des aulnes, éd. Gallimard, 1970, p. 104-105 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Abel Tiffauges :
Ni tabac ni alcool désormais. Les enfants ne fument, ni ne boivent.
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Le Roi des aulnes, éd. Gallimard, 1970, p. 130 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Abel Tiffauges :
Pour scandaleuse qu'elle puisse paraître au premier abord, l'affinité profonde qui unit la guerre et l'enfant ne peut être niée. [...] Je me demande si la guerre n'éclate pas dans le seul but de permettre à l'adulte de faire l'enfant, de régresser avec soulagement jusqu'à l'âge des panoplies et des soldats de plomb.
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Le Roi des aulnes, éd. Gallimard, 1970, p. 308-309 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Abel Tiffauges :
Sur la ligne qui va de l'animal à l'homme, l'enfant se situe ainsi au-delà de l'adulte et doit être considéré comme suprahumain, surhumain.
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Le Roi des aulnes, éd. Gallimard, 1970, p. 328 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Abel Tiffauges :
À l'opposé des fesses des adultes, paquets de viande morte, réserves adipeuses, tristes comme les bosses du chameau, les fesses des enfants vivantes, frémissantes, toujours en éveil, parfois haves et creusées, l'instant d'après souriantes et naïvement optimistes, expressives comme des visages.
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Le Roi des aulnes, éd. Gallimard, 1970, p. 354 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
Abel Tiffauges :
Un grand soleil rouge s'est levé tout à coup devant ma face. Et ce soleil était un enfant.
Un ouragan vermeil m'a jeté dans la poussière, comme Saul sur le chemin de Damas, foudroyé par la lumière. Et cet ouragan était un jeune garçon.
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Le Roi des aulnes, éd. Gallimard, 1970, p. 368 (voir la fiche de référence de l'œuvre)