Danseuse

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Swaying dancerEdgar Degas (1879)

Sommaire

[modifier] Littérature

[modifier] Nouvelle

[modifier] André Pieyre de Mandiargues, Le Musée noir, 1924

Elle courait au centre de la pièce, allait d'un mur à l'autre avec des mouvements glissés et des crochets de danseuse qui lui donnaient l'air, pour sa blancheur aussi, d'une chauve-souris sortie d'un bol de crème, ou plutôt d'un roitelet voletant sous la flamme irrégulière de l'acétylène, dans le poussier crayeux d'un four à chaux.


[modifier] Prose poétique

[modifier] Francis Picabia, Dactylocoque, 1922

Maintenant, belle danseuse de Tango, mettez-moi du rouge sur les lèvres ; comme vous êtes belle ! Elle rougit sur le rouge de son maquillage et me dit : « vous n'avez pas honte ? »

  • « Dactylocoque », Francis Picabia, Littérature Nouvelle Série, nº 7, Décembre 1922, p. 11


[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927

Il arriva dans une ville de chercheurs d’or. Dans un bal dansait une Espagnole vêtue de façon excitante. Il la suivit dans une chambre soupentée où l’écho des querelles et de l’orchestre arrivait assourdi. Il la déshabilla lui-même, mettant à détacher chaque vêtement une lenteur sage et fertile en émotion. Le lit fut alors le lieu d’un combat sauvage, il la mordit, elle se débattit, cria et l’amant de la danseuse, un redoutable sang-mêlé, heurta à la porte.


Ramené péniblement, ils découvrirent dans ses mailles un buste antique et mutilé et une sirène : une sirène qui était poisson jusqu’à la taille et femme de la taille aux pieds. De ce jour, l’existence fut intenable sur le petit bateau. Le filet ne ramena plus que des étoiles charnues et soyeuses, des méduses transparentes et molles comme des danseuses en tutu récemment assassinées, des anémones, des algues magiques. L’eau des réservoirs se changea en perles fines, les aliments en fleurs des Alpes : edelweiss et clématites. La faim tortura les matelots mais nul ne songea à rejeter à la mer l’augurale créature qui avait déterminé la famine. Elle rêvait à l’avant sans paraître souffrir de sa nouvelle existence. L’équipage mourut en peu de jours et l’esquif, jouet des courants, parcourt encore les océans.

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