Dépression
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[modifier] Littérature
[modifier] Prose poétique
[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927
Corsaire Sanglot sentait croître une estime nouvelle pour lui-même et en lui-même. Depuis qu’il avait compris et accepté la monotonie de l’Éternité, il avançait droit comme un bâton à travers les aventures, lianes glissantes, qui ne l’arrêtaient pas dans sa marche. Une exaltation nouvelle avait succédé à la dépression. Une espèce d’enthousiasme à rebours qui lui faisait considérer sans intérêt l’échec de ses plus chères tentatives. La liberté du temps l’avait enfin conquis.
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La liberté ou l'amour ! (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), VIII. A perte de vue, p. 87
[modifier] Roman
[modifier] André Breton, L'Amour fou, 1937
Ici l'on commence à ne plus savoir si c'est pour entrer ou pour sortir qu'on entr'ouvre si fréquemment la porte du cirque des brumes. L'immense tente est merveilleusement rapiécée de jour. Ainsi une continuité parfaite n'a aucune peine à s'établir entre ce qui est découvert et ce qui est voilé. Il n'en va pas autrement de cet amour où le désir porté à l'extrême ne semble amené à s'épanouir que pour balayer d'une lumière de phare les clairières toujours nouvelles de la vie. Aucune dépression ne suit la jouissance. La chambre emplie de duvet de cygne que nous traversions tout à l'heure, que nous allons retraverser, communique sans obstacle avec la nature. Pailletant de bleu et d'or les bancs de miel sur lesquels nul être vivant ne semblait devoir prendre place, je vois mille yeux d'enfants braqués sur le haut du pic que nous ne saurons atteindre. On doit être en train d'installer le trapèze.
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L'Amour fou, André Breton, éd. Gallimard, 1976 (ISBN 978-2070367238), p. 137 (voir la fiche de référence de l'œuvre)
[modifier] Psychanalyse
[modifier] Alberto Eiguer, Le Pervers narcissique et son complice, 1989
Le Champ de la perversion narcissique
L'impérialisme du moi est vraisemblablement le sceau structurel et dynamique faisant du caractère narcissique la parodie parfois tragique du retour vers soi des investissements. Il n'est pas inutile, toutefois, de remarquer que le narcissique peut, devant une crise, développer des thèmes déficitaires ou tomber même dans un « état dépressif » franc, mais il manifeste rarement de la souffrance : ce sont généralement des plaintes, de la honte ou des préoccupations hypocondriaques. En fait, les mécanismes pervers narcissiques toujours disponibles desserviront le mieux sa structure et lui éviteront l'expression symptomatique.
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Le pervers narcissique et son complice, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 1989 (ISBN 2 10 002843 X), partie I. Le Champ de la perversion narcissique, chap. Définition et description générale, Sur le narcissisme pathologique, p. 7
Applications à la psychopathologie
Abraham pense [...] qu'un des signes évolutifs et inévitables de la cure est l'apparition de symptômes nouveaux. Le patient présente alors des réactions névrotiques sans perte de contact avec l'entourage. L'auteur confirme une espèce de double fatalité à toute thérapie de la psychose maniaco-dépressive, à la fois l'inévitable progression du patient, et la consternation de celui-ci devant le fait de ne plus pouvoir régresser : il ne peut plus « produire une dépression authentique » ou une vraie manie.
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Le pervers narcissique et son complice, Alberto Eiguer, éd. Dunot, coll. Psychismes, 1989 (ISBN 2 10 002843 X), partie II. Applications à la psychopathologie, chap. Psychose et perversion narcissique, Empire dans la thérapie des états maniaco-dépressifs, p. 95
[modifier] Psychologie
[modifier] Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, Les Perversions sexuelles et narcissiques, 2005
Caractéristiques des perversions
L'échec de l'élaboration de l'angoisse de castration relève d'une incapacité à élaborer la position dépressive et celle de la découverte de l'altérité, ce qui conduit le pervers à la quête d'un objet extérieur qui remplace le « manque », synonyme de vide, qui habite son monde interne et qu'il hait.
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Les Perversions sexuelles et narcissiques, Gérard Pirlot/Jean-Louis Pedinielli, éd. Armand Colin, coll. 128 Psychologie, 2005 (ISBN 2-200-34042-7), partie II. Caractéristiques des perversions, chap. 3. Invariants psychopathologiques, 3.1 L'Oedipe et la castration b) Problématiques pré-oedipiennes du pervers, p. 52
[modifier] Cédric Roos, La relation d'emprise dans le soin, 2006
La relation d'emprise (cadre psychanalytique)
Le pervers narcissique ne peut ni percevoir ni élaborer ses conflits internes. Il ne peut se défendre de ses propres pulsions de mort, pulsions destructrices, qu’en les assouvissant, c’est-à-dire en les projetant à l’extérieur, sur un autre. La perversion apparaît ainsi comme un aménagement défensif contre la psychose ou contre la dépression. Contrairement au sadique, le pervers ne jouit pas directement de la souffrance de l’autre mais de ce qu’il puise en l’autre et de sa mise en échec. Il exerce sur l’autre son emprise, projection de sa propre souffrance, de manière non consciente. Il ne ressent pas la violence infligée à l’autre, ni sa souffrance.
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La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de l'instigateur d'une relation d'emprise Le pervers narcissique : conformer l'autre en un identique, dans [1], paru Textes Psy, Cédric Roos.
Prisonnière de l’instigateur, la victime n’a d’autre choix que la révolte ou la dépression dans la soumission, sauf si, avertie du danger, elle arrive à se soustraire, non sans difficulté, à l’emprise.
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La relation d'emprise dans le soin, 2006, La relation d'emprise (cadre psychanalytique) : Du point de vue de la victime d'une relation d'emprise, dans [2], paru Textes Psy, Cédric Roos.
[modifier] François Marty, Les grands concepts de la psychologie clinique, 2008
La névrose
L'hystérique cherche indéfiniment à combler un manque fondamental, lié à une dépression sous-jacente, ce qui suscite la recherche d'une stimulation indéfinie du désir, et une excitation, qui passe cependant non pas par le biais de la représentation mais par l'agir et la perception. L'hystérie peut être considérée comme le paradigme de la névrose, du fait de la place centrale du refoulement dans l'organisation défensive. Le refoulement vise tout particulièrement à empêcher l'apparition de l'affect, lié à la représentation, et pour y parvenir, il lui faut maintenir à tout prix la représentation dans l'inconscient. Lors de la levée partielle du refoulement, l'affect court-circuite la représentation, qui ne trouve alors d'issue que par le biais d'agir, expression motrice, perception et agir émotionnel.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 4 Les formes cliniques de la névrose, p. 205
Les états limites
Pour l'auteur, l'état limite représente avant tout une pathologie du narcissisme dominé par la dépendance à un objet/béquille dont le sujet attend idéalement réparation. Le risque dépressif permanent est lié à l'angoisse de séparation d'avec cet objet auquel toutes les demandes mais aussi tous les reproches sont adressés.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 3 Les conceptions des principaux courants psychanalytiques contemporains, p. 235
A. Green (1990) a développé une réflexion originale sur les cas limites, qu'il considère comme « les états limites de l'analysabilité » en raison des difficultés à penser pour ceux qui en sont atteints, découlant de la défaillance de leurs capacités de représentation et de symbolisation. Chez ces sujets, la pensée est comme vide de représentation, vide de fantasmes et de créativité. Pour l'auteur, l'« exlusion somatique » et l'« expulsion par l'acte » ont pour fonction de court-circuiter l'activité psychique entraînant un état de blanc de la pensée, sous-tendu par le clivage de la « dépression primaire ». Green précise toutefois que les créations de ces sujets existent bel et bien mais ne possèdent pas de valeur fonctionnelle pour leur appareil psychique.
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Les grands concepts de la psychologie clinique, François Marty (Sous la direction de), éd. Dunod, 2008 (ISBN 978-2-10-051145-7), 3 Les conceptions des principaux courants psychanalytiques contemporains, p. 236